PIÉGÉ

Locked – Etats-Unis, Canada – 2025
Support : Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : David Yarovesky
Acteurs : Bill Skarsgård, Anthony Hopkins, Ashley Cartwright, Michael Eklund, Navid Charkhi…
Musique : Tim Williams
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 95 minutes
Editeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 9 août 2025
LE PITCH
Un voleur s’introduit dans une voiture de luxe et se retrouve piégé à l’intérieur. Il découvre que son énigmatique propriétaire en a le contrôle total et qu’il va exercer sur lui une vengeance diabolique.
Verrouillé de l’intérieur
Remake du film espagnol 4×4 déjà adapté au Brésil et en Inde, Piégé enferme Bill Skarsgård dans la voiture de luxe trafiquée d’un Anthony Hopkins diabolique, promettant un huis-clos haletant et un face-à-face mémorable. Mais ce dernier reste bloqué en première… et oublie d’enlever le frein à main.
Fini le temps où l’automobile reflétait à la fois l’élévation personnelle et la grande réussite d’une société de la consommation célébrant vitesse, acier et confort. Aujourd’hui la voiture est devenue un traquenard duquel les hommes n’arrivent plus à s’extraire. D’ailleurs, le pauvre Eddie Barish n’en voulait pas réellement de cette carlingue, il voulait seulement l’inspecter dans l’espoir d’y retrouver quelques accessoires à revendre. Pas de chance pour lui, le propriétaire, lassée de se faire braquer le véhicule (et surtout un brin fêlé), l’a littéralement piégé, attendant simplement qu’un petit délinquant ne passe par là pour assouvir sa vengeance. Film concept qui repose (ou devrait reposer) très rapidement sur un espace réduit en huis-clos, Locked oppose ainsi un anti-héros relativement pathétique, mauvais père, type paumé aux abords de la petite délinquance et des magouilles, à un boomer que l’on imagine richissime, nanty et fier de l’être. La caisse renforcée de portes et de vitres blindés sert alors de catharsis à une mini-guerre de classe, l’un et l’autre se renvoyant la balle quant à la raison de l’effondrement de la société américaine. Les séquences d’introductions présentant une société pourrissante, habitée par les SDF, les toxicos, la misère et la décrépitude, plantent parfaitement le décors, ne faisant du protagoniste Eddie qu’une victime parmi d’autres, looser mais brave gars, là où l’absence physique du second (on entend la voix magnétique d’Anthony Hopkins que par haut-parleurs interposés) renvoie pour le coup à des instances plus insaisissables, une fatalité du système, une personnification du libéralisme et de la corruption des élites.
Véhicule automatique
Prometteur, d’autant que le metteur en scène David Yarovesky (Brightburn) instaure en quelques mouvements de caméra étouffants, quelques effets de montage écrasants et une excellente gestion de l’espace, une situation initiale des plus efficaces. Malheureusement de ce concept alléchant, et passées quelques séances de tortures plutôt amusantes à coups de sièges électrifiés, de climatisation sadique et de torture psychologique à coup de yodle montée à fond, le métrage montre rapidement des signes de fatigue et une grande difficulté à se renouveler. Les plans sortant le spectateur de l’intérieur de la voiture se multiplient, les lourds dialogues surlignant l’amorce de réflexion politique ressemble surtout à une dispute entre deux rageux sur le net et finalement à bout de rebondissements le SUV prend la route pour se transformer en Christine télécommandée. On est ici bien loin de la tension anxiogène des biens plus resserrés et jusqu’au-boutistes Phone Game ou Buried, et l’apparition finale d’un Hannibal Lecter diminué par les années prouve clairement que Piégé ne sait plus trop comment se sortir de son petit thriller du dimanche soir, balançant son petit happy end gentillet (parce qu’Eddie est surtout un gentil papa qui a compris la leçon) plus par facilité que par véritable conviction. La panne d’inspiration comme une panne d’essence.
Tenant presque exclusivement par la solidité d’interprétation de ses deux têtes d’affiches, Bill Skarsgård et Anthony Hopkins, Piégé arrive bien difficilement à destination. Un petit thriller qui délivre une première bobine plutôt convaincante mais se visionne par la suite d’un œil distrait, qui aurait pu donner naissance à une série B bien plus maline, ambiguë et retors que cela. Dommage.
Image
Production numérique jusqu’au bout des ongles, Piégé se positionne confortablement sur support HD. La copie est parfaitement propre et équilibrée, solide et pointilleuse, assurant une définition exemplaire et un rendu assez agréable des couleurs. Certes la palette tire souvent vers le gris-bleu, mais les nuits laissent apparaitre des noirs bien plus profonds et des explosions de rouges plutôt marquantes.
Son
Les pistes DTS HD Master Audio 5.1 originale et française profitent d’un traitement tout aussi maitrisé avec une dynamique très efficace sans trop d’excès. La dynamique générale suit parfaitement les mouvements de caméra, ajoutent quelques moments plus musclés, mais surtout met en avant les ambiances resserrées (logique) et la provenance de la voix du propriétaire du véhicule, volontairement envahissante.
Interactivité
Service minimum pour Piégé accompagné uniquement d’une petite featurette très promo qui survole le dispositif du film, les personnages et les acteurs, à grands coups d’auto-congratulation et d’accolades d’usages. Basique.
Liste des bonus
Making of (9’).






