MY LEFT EYE SEES GHOSTS

我左眼見到鬼 – Hong-Kong – 2002
Support : Bluray
Genre : Comédie, Fantastique
Réalisateur : Johnnie To, Wai Ka Fai
Acteurs : Sammi Cheng, Lau Ching Wan, Cherrie In, Lee San San, Simon Yam…
Musique : Cacine Wong
Image : 1.85 16/9
Son : Mandarin et Cantonais DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 98 minutes
Editeur : Badlands
Date de sortie : 3 avril 2026
LE PITCH
Un accident de voiture donne à une jeune femme gâtée et perturbée la capacité de voir des fantômes, dont celui d’une ancienne camarade de classe.
Mon fantôme, mon amour
Si les thrillers de Johnnie To sont mondialement connus, voire reconnus, ses nombreuses comédies n’ont que très rarement profité de diffusions en occident. L’éditeur Badlands ouvre ainsi la voie à une rédécouverte de toute une branche de la filmographie du cinéaste. Aux cotés de Fat Choi Spirit et Help !!!, My Left Eyes Sees Ghosts montre que même dans l’humour, ses films aiment les chemins de traverse.
Au début des années 2000, le cinéma HK est au plus mal et finalement seul l’entreprise Milkyway de Johnnie To semble résister à l’étiolement de l’industrie. Essentiellement connu en occident pour ses polars et ses films d’actions réinventant avec plus ou moins de finesses les codes du genre, Johnny To est un authentique chef d’entreprise qui sait comment faire voguer son navire et verse régulièrement dans l’autre genre préféré des hongkongais : la comédie. Des films souvent très peu connus par chez nous, mais qui restent là-bas parmi ses plus gros cartons au box-office. D’ailleurs entre le fun Running out of time 2 et le monstre PTU, le cinéaste n’enchaine pas moins de trois divertissements de ce type : Fat Choi Spirit, My Left Eyes Sees Ghosts et Love For All Seasons… les deux derniers avec la même Sammi Cheng d’ailleurs, star locale de la pop et égérie de la boite. Mais souvent ces dernières s’avèrent tout de même un peu en marge des délires habituels de l’humour chinois comme en atteste l’étonnant My Left Eye Sees Ghost à la fois véhicule pour la fameuse chanteuse mais aussi démarquage affirmé du The Eye des frères Pang sorti quelques mois plus tôt. Un film peut être fait pour de mauvaises raisons et qui aurait pu aboutir à une simple parodie facile du film d’horreur à succès, mais qui va surtout s’avérer une sorte de variation très libre sur le même thème… et bien entendu nettement plus enjouée avec des accents de comédie romantique. Comme Ghost, mais en plus chtarb.
Clin d’œil
Femme un peu superficielle, excentrique et excessives, May se voit donc elle aussi dotée du pouvoir de voir les morts avec son œil gauche suite à un accident de voiture… sans doute tout à fait voulu. Elle va donc se retrouver à devoir aider quelques revenants récalcitrants (dont une grosse dame obsédée par la bouffe mais rêvant de séduire les hommes) et cohabiter avec un gentil fantôme, Sam (inénarrable Ching-Wan Lau, comme toujours), l’accompagnant dans sa mission en mimant la transformation du Kamen Rider. Quelques effets spéciaux numériques bien dégueux à la The Mask, des quiproquos à foison et de grands moments d’hystérie comique… mais le métrage est constamment teinté d’une douce mélancolie qui va peu à peu prendre le pas sur l’équilibre général et verser de plus en plus vers le mélodrame. C’est que derrière la frénésie générale, Johnnie To et son acolyte de toujours Wai Ka Fai (co-réalisateur, scénariste et souvent véritable auteur des films), construisent le portrait d’une femme fragile, meurtrie qui peine à oublier la disparition de son époux (marié suite à un coup de foudre éclair) et à trouver sa place au sein de sa belle-famille, et par écho, la société normée hongkongaise. Ses élucubrations, ses crises de nerfs, ses disputes avec un fantômes qu’elle seule peut voir, cachent en effet une femme bien moins sure d’elle qu’elle en a l’air, espérant retrouver, à chaque apparition de l’au-delà, son ancien mari pour le convaincre qu’elle l’a bel et bien épousé par amour. Une comédie dramatique finalement assez touchante, plutôt délicate même lorsqu’elle s’amuse à reprendre les codes du twist, si à la mode en ce début de millénaire, pour ajouter une bonne dose d’émotion supplémentaire et s’achever sur un dépassement, enfin, du deuil et une jolie note d’espoir.
My left Eye Sees Ghost est une petite comédie à la sauce Milkyway qui a tendance à partir dans tout les sens, qui ne refuse jamais la caricature et les effets faciles, mais elle réussit pourtant à déjouer les attentes et emporter le spectateur vers des rives plus originales et surtout plus émotives. Une bonne surprise.
Image
Le seul master existant pour le film date d’il y a une quinzaine d’année et commence a montré des signes de fatigue. Développé à partir d’une source vidéo déjà ancienne, la copie HD n’est à l’origine pas forcément des plus performantes mais l’éditeur français y a ajouter un petit nettoyage supplémentaire question de gommer les quelques traces encore visibles (points blancs, légère griffures…) sur le Bluray chinois par exemple. Reste quelques instabilités perceptibles d’une séquence à l’autre et dans l’ensemble une définition toujours un peu trop en retrait. So 2010 ! Mais cela reste tout à fait correct pour découvrir le film, l’ensemble ne souffrant pas trop de logiciels de gommage (même si ça peut scintiller un peu sur quelques contours) et offrant des couleurs vives et énergiques.
Son
Le film est proposé en version originale cantonaise et doublée mandarin avec pour chaque proposition une prestation DTS HD Master Audio 2.0 qui met en avant les dialogues et une petite dynamique bien sentie qui accompagne efficacement l’énergie, parfois déroutante, du film.
Interactivité
L’édition se présente comme toujours chez Badlands sous la forme d’un boitier scanavo full frame avec fourreau cartonné. Sur le disque Bluray on retrouve de la même façon des bonus équivalents à ceux que Fat Choi Spirit avec en introduction une présentation signée Julien Carbon qui se tourne ici surtout vers la galerie de seconds rôles habituels de la Milkyway et le mélange des genres propre à ce métrage. C’est ensuite Arnaud Lanuque qui nous propose une nouvelle interview croisée du scénariste Yau Nai-Hoi et de l’assistant réalisateur et monteur Law Wing-Cheong, permettant de plonger dans les coulisses de la production, de l’écriture à la direction d’acteur, mais aussi d’étendre la réflexion sur la collaboration avec les deux réalisateurs et les méthodes de travail au sein de la société de Johnny To. Très intéressant et bourré de petites infos, il laisse ensuite place à un making of d’époque, très promos, mélangeant petites interviews de présentation par le cast et images des coulisses.
Liste des bonus
Présentation du film par Julien Carbon (9’), Yau Nai-Hoi et Law Wing-Cheong (24’), Making of d’époque (8’), Bandes-annonces.







