MA VIE EST UN ENFER

France – 1991
Support : Bluray
Genre : Comédie, Fantastique
Réalisateur : Josiane Balasko
Acteurs : Josiane Balasko, Daniel Auteuil, Richard Berry, Michael Lonsdale, Catherine Samie, Jean Benguigui…
Musique : Les Rita Mitsouko
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Aucun
Durée : 108 minutes
Editeur : Rimini Editions
Date de sortie : 19 août 2025
LE PITCH
Leah, naïve et complexée, signe par erreur un pacte avec le Diable. Mais le Paradis, jugeant que Leah est une bonne personne, envoie l’archange Gabriel pour la tirer d’affaire et causer la perte du démon. Or, Leah commence à trouver le diable bien séduisant et décide de sauver son âme.
Esprit (pas si) malin
Troisième film réalisé par Josianne Balasko et succès tout à fait honorable au box-office français de 1991, Ma Vie est un enfer aborde la farce fantastique outrancière à l’occasion d’une relecture doucement trash du mythe de Faust. Pas des plus subtiles, mais le duo Balasko / Auteuil prend le diable par la queue.
Faisant donc suite à Sac de nœuds et Les Keufs, mélanges de comédie de situation à la française, de dialogues parfois bien vachards et d’illustration sociale que l’on pourrait presque rattacher par ses tendres caricatures de l’école italienne, Ma Vies est un enfer tranche avec les débuts de la réalisatrice mais aussi avec l’imagerie de la comédie française dans son ensemble. Les Visiteurs ne sortira que deux ans plus tard et pourtant déjà ici, la réalisatrice s’empare d’un concept purement fantastique et l’aborde avec une certaine ambition esthétique. Pas d’effets spéciaux traités par-dessus la jambe dans Ma Vie est un enfer mais quelques maquillages, transformations et images composites qui font appel aux talents de Kents Houston (Princess Bride, Legend), Jacques Gastineau (Lifeforce) et Jean-Marc Mouligne (Jean de Florette). De la même façon, Balasko ne triche pas avec son sujet et s’engouffre généreusement dans son univers biblico-moderne, transformant le paradis en royaume aseptisé et bureaucratique, l’antichambre de l’enfer en vieux bar miteux où les cocktails sont servis par un Luis Rego en Hitler, et ne va avoir de cesse de multiplier les situations ubuesques provoquées par les pouvoirs du démon Abargadon : vieillissement accéléré de la mère castratrice, gentil caniche transformé en cochon, l’héroïne qui devient une pin-up décérébrée (mais bien membrée), des tours de magie en veux-tu en voilà…
Mauvaise âme
Sauf que cette profusion de scénettes et de gags pas toujours heureux ne fait qu’appesantir encore un scénario, coécrit avec le romancier Joël Housssin (la série des Dobermann), qui ne sait manifestement jamais vraiment à quel sein, euh saint, se vouer. Entamé comme le portrait, toujours touchant, d’une pauvre jeune femme meurtrie par la vie et tous ceux qui l’entourent, Ma Vie est un enfer délaisse cet angle au bout d’une vingtaine de minutes pour s’embarquer dans un imbroglio mystico-légal qui amène le duo Leah / Abar à progressivement intervertir les rôles afin de sauver le démon tombé en déchéance… et en mortalité. Pas de bien ni de mal véritablement dessiné, mais en tout cas un sacré bordel, souvent poussif, régulièrement vulgaire qui a bien du mal à viser juste. La musique funky-rock totalement à coté de la plaque des pourtant très bons Rita Mitsuko, ajoute certainement à cette sensation assez brouillonne. Mais heureusement les talents de dialoguiste de Josianne Balasko retrouvent plus d’une fois de leurs mordant et les quelques numéros irrésistibles des nombreux copains (Richard Berry en psy odieux, Michael Lonsdale en Gabriel des plus pragmatique, Jean Benguigui en voisin pornocrate, Bertrand Blier en prêtre, Ticky Holgado en magicien foireux…) font passer la pilule. On soulignera tout de même plus avant l’interprétation particulièrement réjouissante de la grande Catherine Samie en mère croqueuse de diamants particulièrement égoïste, et bien entendu le numéro survolté composé par les deux têtes d’affiches : Balasko elle-même et Daniel Auteuil jubilant à chaque instant en grand tentateur, version Rock ’n Roll du Gérard Phillipe de La Beauté du diable.
Souvent too-much et surtout trop laborieux, Ma vie est un enfer résonnait au départ comme une très bonne idée pour la Balasko cinéaste autant qu’actrice, mais l’écriture et le rythme pèche sérieusement. Certainement pas un incontournable en tous cas comme le sera son film suivant, le très bien vu Gazon Maudit et son évocation rafraichissante de la douce vie de hétéronormée.
Image
A l’instar des autres titres de la collection « Balasko », Ma vie est un enfer profite à son tour des bons soins de Rimini et des honneurs d’une restauration grand luxe. L’image a été nettoyée de fond en comble, stabilisée, harmonisée et nous parait désormais dans une forme olympique. Les cadres sont limpides, creusés, et maintiennent joliment reliefs et grains d’origine. Forcément les petits plans à retouches digitales perdent en précision mais rien d’étonnant ni de vraiment gênant là-dedans.
Son
La stéréo d’origine se dote désormais d’un DTS HD Master Audio 2.0 bien plus net et confortable. Les dialogues sont parfaitement posés et toujours clairs, les bruitages, « fantastiques » ne gâchent rien et, même si on n’est pas fan, les interventions musicales se glissent entre les deux avec une certaine énergie.
Interactivité
Etonnement, aucun bonus ne vient compléter cette édition. Pas de petit making of d’époque ou une nouvelle interview de l’actrice / réalisatrice qui reviendrait sur la création du film et discuter certains choix. Dommage.
Liste des bonus
Aucun.







