LE TUEUR DE L’AUTOROUTE

Bumperkleef – Pays-Bas – 2019
Support : DVD
Genre : Thriller
Réalisateur : Lodewijk Crijns
Acteurs : Jeroen Spitzenberger, Anniek Pheifer, Roosmarijn van der Hoek, Liz Vergeer…
Musique : Steve Willaert
Durée : 82 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Néerlandais et français Dolby Digital 2.0 et 5.1
Sous-titres : Français
Éditeur : Rimini Editions
Date de sortie : 10 août 2020
LE PITCH
Hans part avec sa famille rendre visite à ses parents. Arrogant, sur les nerfs, Hans ne se maîtrise plus et conduit trop vite, agacé par ceux qui respectent les limitations de vitesse. La situation dégénère lorsqu’un mystérieux conducteur le prend en chasse. Désormais, Hans et sa famille ne sont plus en sécurité nulle part.
Distance de sécurité
Ce n’est pas si fréquent de voir un film néerlandais être distribué par un éditeur français. C’est encore plus rare lorsqu’il s’agit d’un film de genre avec un sociopathe au volant. Et si on faisait un petit bout de chemin avec lui ?
On ne sait pas trop ce qui se passe là-bas chez nos camarades du Pays-Bas, mais on imagine bien que le cinéma local ne se porte pas au mieux de sa forme. Les productions y sont relativement rares et surtout, comme dans une grande partie de l’Europe, les films de genre tiennent plus de la surprise qu’autre-chose. C’est peut-être pour cela que Bumperkleef (titre original qui fait allusion à ses conducteurs qui colle un peu trop aux parechocs du voisin de devant) y va finalement avec beaucoup de mesure, approchant ce qui aurait pu devenir un gros film d’horreur qui tache et potentiellement malsain, comme un simple thriller du dimanche soir. Pas de grande envolée lyrique, pas de photographie opaque et stylisée, pas de gros effets qui font sursauter le spectateur (on est très loin du Duel de Spielberg donc), le film de Lodewijk Crijns préfère une image très lisse, propre et quasiment télévisuelle. Un choix judicieux pour accompagner la froideur particulièrement inquiétante et déstabilisante du sociopathe adepte du gazage Bayer qui prend le code de la route un peu trop à cœur, mais pas vraiment idéal pour donner corps à une véritable atmosphère et à une tension oppressante à même de faire oublier les nombreuses invraisemblances dans les réactions des personnages. Que ce soit la petite famille qui reprend son souffle à quelques mètres du van du tueur ou la police qui se contente de prendre la déposition et de ramener tout le monde à bon port sans manifestement faire d’enquête, la crédibilité n’est pas toujours au rendez-vous.
Priorité à droite.
Un scénario bien léger, maladroit, qui malmène un peu la crédulité du spectateur, mais où finalement l’intérêt semble moins se situer dans ces poursuites relativement efficaces entre le justicier du bitume et ses proies, que dans la description assez acide de ces derniers. Si effectivement le tueur pousse un peu trop loin son respect des règles et son autorité morale, le métrage semble constamment lui donner raison à demi-mot. Un départ en vacances bien exaspérant où tout le monde se hurle dessus, une épouse bien jugeante comme il faut, deux gamines qui méritent des baffes et un chef de famille se transformant en gros beauf de service dès qu’il a un volant en main, poussant l’accélérateur sens aucun sens du danger et insultant allègrement les autres conducteurs : nos charmants touristes pourraient presque l’avoir un peu cherché. Un film plus ironique et acide que stressant qui va prendre un malin plaisir à faire traverser à toute berzingue un village piéton et écolo à tout ce beau monde, et qui finira par laisser monsieur dans la position bien humiliante du sale gosse douché en position fœtale par sa môman. Petit coup dur pour la virilité du bonhomme et petite revanche appréciable pour le spectateur qui rêvait de lui donner une bonne gifle depuis la première apparition.
A voir si la masse Russel Crow va connaître le même sort dans Enragé, autre film très préoccupé par la bienséance au volant, mais en beaucoup plus américain, et qui sort sur les écrans ce mois-ci.
Image
Le Tueur de l’autoroute sort en France uniquement sur support DVD. Mais au vu de la facture un peu télévisuelle du film et la qualité du transfert, le master est particulièrement satisfaisant. Bien en tenu les cadres sont parfaitement propres, l’image toujours stables et les séquences les plus sombres (rares) ne montrent aucunes défaillance ou décrochage de la compression. Pas de la HD donc mais de la SD au top de ses capacités.
Son
Question d’assurer la crédibilité du film, il est largement conseillé d’éviter le catastrophique doublage français qui dans le choix des voix et les interprétations sous Tranxène ont tendance à rendre le visionnage particulièrement désagréable. Beaucoup plus solide et intense donc, la version originale est proposée elle aussi en stéréo, avec un rendu direct et propre, et un Dolby Digital 5.1 qui s’efforce d’insuffler de l’énergie dans tout ça. Gentiment dynamique avec quelques ambiances bien placées et c’est déjà ça.
Liste des bonus
Aucun.






