LE HOLD-UP DU SIÈCLE

Assault on a Queen – Etats-Unis – 1966
Support : Bluray
Genre : Aventure
Réalisateur : Jack Donohue
Acteurs : Frank Sinatra, Virna Lisi, Richard Conte, Anthony Franciosa, Alf Kjellin, Reginald Denny…
Musique : Duke Ellington
Durée : 106 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Éditeur : Rimini Editions
Date de sortie : 9 août 2025
LE PITCH
Un groupe de chasseurs de trésors planifie l’attaque à main armée du paquebot de croisière de luxe, Le Queen Mary, en utilisant un sous-marin allemand de la seconde guerre mondiale.
La croisière s’amuse
Les années 60 est un petit peu le ventre mou du cinéma américain. Coincé entre la suprématie des studios des années 50 et l’arrivée de la nouvelle vague de jeunes loups plus politisé des 70’s., Le hold-up du siècle est représentatif de son époque. Celle des majors, où les acteurs sont les stars qui font venir les spectateurs dans les salles et où les films sont réalisés pour leur gloire et leur ego.
En dehors de ses tours de chant, Frank Sinatra rêve d’une chose : un Oscar. Après avoir cheminé sans relâche pour son obtention (avec plus ou moins d’influence extérieure, selon la légende), la consécration tant attendue se cristallise enfin avec le film de Fred Zinneman Tant qu’il y aura des hommes. Si récompense il y a, c’est celle d’un second rôle. L’acteur au demeurant, forcément blessé dans son ego fera des pieds et des mains pour emporter la statuette du meilleur acteur. Il choisit des rôles calibrés et n’hésite pas à s’investir durablement comme pour son rôle d’alcoolique de L’homme aux bras d’or d’Otto Preminger, rien n’y fait. Nommé, il laisse la statuette lui échapper au profit d’Ernest Borgnigne pour son rôle dans Marty de Delbert Mann. Pas grave, Sinatra préfère passer à autre chose, il oubliera ses désirs de reconnaissance cinématographique en allant tourner avec ses potes Dean Martin et Sammy Davis junior en formant le fameux Rat-pack. La suite de sa filmographie s’alternera entre de petits rôles prestigieux dans de grosses productions à stars et des films de commande tout à sa gloire. Ce hold-up du siècle en est un parmi tant d’autres.
New Ratpack
Mélange de film d’aventure et de comédie douce, ce film pourrait s’apparenter comme le nouveau Rat-pack 2,0. Sinatra reprendra la formule qui avait marché avec ses potes en s’entourant d’une bande d’acteurs cabotins à ses côtés. Ses nouveaux amis (pour la plupart tombés dans l’oubli) se composent d’Antonio Francesca, Richard Conte et surtout de Virna Lisi qui continue de faire son trou aux États-Unis loin de ses frontières italiennes. Scénarisé d’après un roman de Jack Finney par le grand Rod Sterling à mille lieues de sa Quatrième dimension, Le hold-up du siècle trouve à sa barre le réalisateur Jack Donahue. Ce metteur en scène inconnu au bataillon a mis en scène Frank Sinatra dans le film Les inséparables l’année précédente, mais est surtout célèbre comme étant le réalisateur des shows du chanteur pour la télévision américaine. Ces films s’apparentent à une promotion honorifique. Particulièrement bien photographié, le film est étonnamment produit par William H. Daniels, son directeur de la photo. Associé à la production, il ne serait sans doute pas étonnant que le monsieur soit aussi derrière la caméra pour venir à la rescousse de Jack Donahue.
Le fait que le nom de Sinatra soit lié au film reste une plus-value non négligeable. Les décorateurs se voient offrir le luxe d’investir le véritable Queen Mary où se déroule la dernière partie du film réservée à l’action et au hold-up en question. Frank Sinatra en profite pour concrétiser également un désir de longue date ; celui de collaborer avec le génie du jazz, le grand Duke Ellington avec qui il rêvait de faire un album. Il signe en effet 5 des 15 morceaux du film. Malheureusement ceux-ci ne seront pas couronnés de succès malgré le nom des deux stars sur la pochette du disque.
Le hold-up du siècle, comme nombre de films des 60’s se pose comme un prototype de la Sinatra attitude ; la star peaufine son côté cool sans oublier de jouer les durs. Le public l’aime comme ça ; pourquoi faire l’effort de changer.
Image
Un vrai plaisir pour les yeux ! Un travail conséquent a été fait sur la copie. L’image remastérisée en 2K retrouve le charme du Panavision dans lequel il fut tourné. L’image est aussi lumineuse qu’harmonieuse dans les couleurs et assure avec de beaux contrastes. Forcément avec ce genre de définitions, les transparences du film sont visibles mais en rajoutent au charme de l’époque.
Son
La version originale nous offre une copie bien équilibrée tant au niveau des voix que de la musique de Duke Ellington. Les effets sonores sont eux aussi de la fête avec un soin particulier apporté aux séquences maritimes. La vf avec son doublage d’origine est moins convaincante et plus étouffée.
Interactivité
Le bonus est laissé au bon soin d’Alexandre Clément. Le monsieur semble grand fan de Frank Sinatra et nous partage sa passion en centrant son interview sur son célèbre acteur principal. Il n’en oublie pas au passage l’équipe technique même si celle-ci tourne autour de sa vedette.
Liste des bonus
Présentation du film par Alexandre Clément, écrivain, essayiste, spécialiste du film noir (27’).






