L’HOMME INVISIBLE : LES FILMS DAEI

透明人間現わる + 透明人間と蠅男 – Japon – 1949, 1957
Support : Bluray
Genre : Fantastique
Réalisateurs : Nobuo Adachi, Mitsuo Murayama
Acteurs : Chizuru Kitagawa, Takiko Mizunoe, Daijirô Natsukawa, Yoshirô Kitahara, Ryûji Shinagawa, Junko Kanô…
Musique : Goro Nishi, Tokujiro Okubo
Image : 1.37 16/9
Son : Japonais DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 82 et 96 minutes
Éditeur : Roboto Films
Date de sortie : 16 juin 2026
LE PITCH
L’Homme invisible apparaît : Un voleur de bijoux apprend qu’un scientifique travaille sur une formule d’invisibilité qui l’aiderait dans ses méfaits.
L’Homme invisible contre la mouche humaine : Un assassin se retrouve traqué par un policier devenu invisible…
Réapparitions
Grande figure classique des romans et du cinéma fantastique, L’Homme invisible crée par H.G. Wells aura même eu le droit à ses aventures japonaises. Deux productions Daei longtemps restées inédites en France et qui tout en restant fidèle à une certaine imagerie américaine apportent quelques touches d’exotisme au concept.
Dans le Japon de l’après-guerre, alors clairement sous occupation américaine, le cinéma local subit le contre-coup des coupures budgétaires, des limites techniques et des affres d’une censure occidentale très vigilante. Les studios se restructurent et sont obligés d’accepter l’arrivée d’un cinéma US très populaire. D’où cette envie du nouveau président de la Daei, de se frotter à ces fameux Universal Monsters et à leur offrir un pendant local, avec en premier lieu une nouvelle adaptation de L’Homme invisible. Clairement très influencée par les suites officielles comme Le Retour de l’homme invisible et La Vengeance de l’homme invisible, le film use essentiellement du procédé fantastique pour colorer une trame de récit policier où un groupe criminel kidnappe un gentil professeur et transforme son plus fidèle apprenti en homme invisible qu’il envoie dérober divers bijoux en échange d’un potentiel remède à son nouvel état. Un personnage qui s’éloigne tout de même de l’image de savant fou habituel, despotique et consciemment violent, en faisant justement de lui la première victime de l’histoire, manipulé par les uns et les autres, abandonné (du moins le croit-il) par la femme qu’il aime et poussé par les transformations de son corps à un glissement progressif vers la folie.
La police s’en mêle, son collègue et concurrent aussi, mais c’est le personnage de sa sœur joué par Takiko Mizunoe (une icône au Japon), meneuse d’une revue où elle est habillée en homme, qui amène le plus de fraicheur dans un métrage qui, il faut bien le dire, s’avère parfois assez cafouilleux dans son scénario. La mise en image est nettement plus convaincante avec une réalisation classique mais maitrisée signée Nobuo Adachi (dont c’est là le plus gros succès), qui sait à l’occasion de quelques vues subjectives du protagoniste ou de jumpcut inattendu dynamiser l’héritage « gothique ». On notre aussi des effets spéciaux tour à tour convaincants ou charmants, concoctés par le célèbre Eiji Tsuburaya, roi des maquettes et des trucages optiques et futur créateur de ceux de la série des Godzilla ou des programmes Ultraman. Il rejoue ici les effets de transparences, la disparition progressive du corps sous les bandelettes et les divers objets qui volent avec de belles convictions même si effectivement pour une production de 1949, il y a déjà un petit coté rétro à l’ensemble.
Pas vu pas pris
Curieusement, même si le premier L’Homme invisible apparait connait un certain succès au Japon, le studio ne proposera pas de suite directe et attendra même huit ans avant de se tourner à nouveau vers ce personnage. Et dans L’Homme invisible contre la mouche humaine, l’ombre de la Universal est toujours aussi prégnante. Effectivement comme le classique de la SF La Mouche ne sortira aux USA que l’année suivante, ce sont bel et bien les Universal Monsters qui servent encore de modèle et en particulier les divers opus qui les voyaient s’affronter comme Frankenstein rencontre le loup-garou ou La Maison de Frankenstein. Ici donc le fameux homme invisible, nouveau jeune héros plein d’initiative qui trouve un nouveau système de rayon permettant de dévier la lumière et un criminel, meurtrier et maitre chanteur, qui semble capable de disparaitre et réapparaitre à loisir. Il s’agira in fine d’un homme possédant le pouvoir de réduire à la taille d’un insecte et de s’envoler dans un léger vrombissement après ses crimes.
Une idée plutôt amusante qui ne sera jamais totalement exploitée au-delà de l’aspect un peu cartoon (pas d’immenses décors façon L’Homme qui rétrécit) toujours au service d’une trame policière plus pesante encore que dans le premier métrage. Notre pauvre policier manque cruellement de charisme et d’intérêt, les petits cotés film noir glissent surtout vers la petite série B (comme en atteste les légers effets d’érotisme) et les effets spéciaux, en dehors d’une jolie explosion de maquette, ne semble pas avoir beaucoup évolués. Yes man de studio à la carrière prolifique (une quarantaine de titres) mais finalement assez anonyme, Mitsuo Murayama ne resserre jamais l’action et manque de cohérence dans ses variations d’esthétiques avec des scènes nocturnes plutôt réussies, un ou deux meurtres aux cadres et montages très efficaces (les deux premièrs en l’occurence) mais le reste qui semble surtout échapper d’un programme tv un peu fauché. Pas un classique là encore, mais une curiosité pour les adeptes de vieilles pelloches fantastiques.
Image
Récupérés et peaufinés par Arrow Video en 2021, les masters des deux films de la Daei ont été produits avec les meilleurs éléments survivants. Les négatifs ont disparu et ne reste donc plus que de positifs 16mm forcément très abimés (taches, griffures…) marqués par des détériorations diverses (luminosité variables, instabilité des bords) et autres joyeusetés que l’on attache plus souvent aux films muets miraculés. Le travail de restauration et d’amélioration est cependant bien visible avec un piqué qui va toujours chercher le maximum de l’image, des plans aux contrastes régulièrement très agréables et un maintien de la nature pellicule qui force le respect.
Son
Disposés en DTS HD Master Audio 2.0, les prestations monos d’origines réussissent à maintenir une agréable clarté sur les dialogues même si quelques saturations et variation de niveau subsistent. Les ambiances (musiques, bruitages…) sont souvent en retrait, surtout sur le métrage de 49.
Interactivité
Les deux films sont glissés sur le même Bluray ce qui reste assez logique au vu de leur durée. Ils sont accompagnés à chaque fois d’une présentation signée Fabien Mauro, toujours aussi à l’aise sur ces productions fantastiques japonaises souvent très méconnues par chez nous. Outre un petit tour d’horizon des réalisateurs et des responsables des effets spéciaux, il s’intéresse à chaque fois à la représentation de l’homme invisible en le comparant aux modèles occidentaux de la Universal.
Liste des bonus
Présentation des films par Fabien Mauro (14’ et 15’), Bandes-annonces.







