JURASSIC WORLD : RENAISSANCE

Jurrassic World : Rebirth – Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Aventure, Science-Fiction
Réalisateur : Gareth Edwards
Acteurs : Scarlett Johansson, Jonathan Bailey, Mahershala Ali, Rupert Friend, Manuel Garcia-Rulfo, Luna Blaise…
Musique : Alexandre Desplat
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais et Allemand, Français Dolby Digital Plus 7.1
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Néerlandais.
Durée : 134 minutes
Editeur : Universal Pictures Home Entertainement
Date de sortie : 12 novembre 2025
LE PITCH
Cinq ans après « Jurassic World : Le Monde d’après », l’environnement de la planète s’est révélé hostile pour la plupart des dinosaures. Ceux qui subsistent vivent dans des zones équatoriales isolées, aux conditions proches de celles de leur ère d’origine. Parmi ces créatures terrifiantes, trois spécimens renferment peut-être la clé d’un remède capable de changer le destin de l’humanité.
Le monde sauvage
La franchise Jurassic Parc peut-elle se remettre de la trilogie Jurassic World qui, même dans ses meilleurs moments (Fallen Kingdom donc) semblait surtout lorgner vers le nanar débile plutôt que l’aventure franche des films de Spielberg ? Présenté comme un nouveau départ, le bien nommé Renaissance, revient aux fondamentaux et s’il ne réinvente certainement pas le concept, y retrouve un certain sens du spectacle.
Dès l’introduction, la volonté de gommer les événements discutables et la mythologie inutile des précédents Jurassic World est manifeste. Dans un petit élans méta, le film nous explique même comment les dinosaures n’ont finalement pas trouvé leur place sur les terres des hommes, disparaissant dans une indifférence générale, se retranchant dans quelques territoires éloignés de l’équateur. Initié par Spielberg en personne et confié à David Koepp, déjà à l’œuvre sur les deux premiers opus, Renaissance revient, enfin, en terres sauvages et à une évocation franche et directe du cinéma d’aventure d’antan sans autre ambitions que de divertir et d’émerveiller. L’intention est d’autant plus louable que Koepp va même directement rechercher quelques éléments qui avait été oubliés dans les romans de Michael Crichton comme le labo expérimental planqué dans la jungle ou la très attendue poursuite en rafting avec un T-Rex décidément très joueur. De la même façon, on oublie enfin la mise en scène imbitable de l’arnaque Colin Trevorrow, pour retrouver un authentique sens des échelles de grandeur (le fameux humain vs dinos) et un véritable sens de dangerosité de toutes ces créatures. Il faut dire que Gareth Edwards n’est pas à son coup d’essai, lui qui avait lancé sa carrière avec les films de kaiju Monsters et Godzilla, et même revigoré le monde de Star Wars avec le formidable Rogue One.
Ré-évolution
Proche souvent du sublime King Kong de Peter Jackson dans sa manière de dessiner la profondeur des milieux sauvages, de redonner une incroyable prestances à des dinosaures que l’on connait aujourd’hui presque par cœur et surtout de faire naitre un véritable sens de vie dans les lieux traversés, Edward ne peut cependant pas rivaliser avec le sentiment de découverte des premiers films. Mais il en retrouve parfois de jolis échos, quelques charmants restes, que ce soit dans une impeccable attaque de bateau (qui doit tout à Jaws) suivi d’une chasse marine spectaculaire, où une longue traque au milieu d’un mini-market en ruine. Un vrai sens du rythme, de l’action, du blockbuster grand public qui doit parfois se débrouiller avec des enjeux rabâchés et pas bien palpitants (gentils aventuriers contre vilain industriel), une trame secondaire familiale très très dispensable, des personnages peu mémorables (seule Scarlett apporte un peu d’ironie là-dedans) et un gros monstre mutant bien moche censé être le clou final mais qui tombe comme un diplo dans la soupe. Des restes des précédents Jurassic World, englués dans un cahier des charges marketing lourdingue, mais Renaissance ne manque certainement pas d’ambition comme vient le rappeler régulièrement la musique d’Alexandre Desplat qui cite joyeusement John Williams sans s’y engluer, croisant les échos de l’action et de l’épouvante made in 90 avec une sacré élégance orchestrale.
La saga Jurassic Parc relève enfin un peu la tête, musclée par le savoir-faire de Gareth Edwards et le charme de Scarlett Johanson (qui attendait ça depuis des lustres). Si ce dernier épisode n’apporte rien de nouveau, il renoue au moins avec un esprit que l’on pensait éteint. Espérons que l’expérience ne tourne pas à nouveau à la catastrophe dans les années à venir.
Image
Sans surprise, Renaissance affiche une forme exceptionnelle en 4K native héritée d’une source 35mm bien argentique, déployant largement tout son budget et sa très belle photographie dans des cadres d’une grande intensité et d’une définition souvent des plus impressionnantes. L’image est riche en détails, de profondeur et de textures, et s’appuie largement sur des teintes chaudes et admirablement contrastées où les jeux de lumières assurent un relief constant. Les paysages sauvages de l’île sont particulièrement luxuriants, supportant des verts émeraudes du meilleur effet, des noirs fermes et un rendu général sans une once de ressenti artificiel. D’ailleurs les nombreux dinos s’y trimbalent tranquillement, faisant aisément oublier leur nature numérique.
Son
Même si on pourrait trouver que le niveau sonore est parfois un poil bas, le Dolby Atmos de la version originale est une prestation de très grande qualité. Ne se contentant pas de quelques cris de dinosaures, hurlements de victimes potentielles et grands élans musicaux, le mixage développe généreusement des atmosphères amples et naturelles, préférant souvent la minutie dans la restitution et les sensations enveloppantes, pour mieux surprendre lorsque le danger est évident. Très efficace forcément. Le doublage français lui, à contrario de la version allemande qui a les honneurs d’un Dolby Atmos, passe au niveau légèrement en dessous avec un Dolby Digital Plus 7.1 qui reste tout de même bien convaincant.
Interactivité
Universal propose sur l’UHD et sur le Bluray glissé dans l’édition un même programme plutôt complet. Petites scènes coupées et ouverture (légèrement) alternative, featurette sur la confection de la mascotte du film et sur l’invention des cris des dinosaures en compagnie de la jeune actrice, détour par un bêtisier et un petit sujet sur les victimes de l’opus, le cœur des bonus vidéo reste cependant le making of de près d’une heure. Celui s’attarde forcément sur le retour de la franchise à l’écran, la naissance du script, le choix des acteurs, puis explorent le tournage de toute les séquences phares de l’opus, croisant interviews du cast et des techniciens et de nombreuses images du tournage. Carré, trop peut-être, avec un ton promo très marqué, mais le montage est efficace et les infos ne manquent pas. Les cinéphiles préfèreront cependant sans doute se tourner vers les deux commentaires audios qui accompagnent le métrage. Gareth Edwards y est présent dans les deux cas, mais à chaque fois accompagné de collaborateur différents, permettant ainsi d’explorer en détails les aléas de la production, les difficultés du tournages, l’intégration des images de synthèses et autres trucages et la construction du rythme. Précis et très très complets.
Liste des bonus
Ouverture alternative (2’), Scènes coupées (4’), Jurassic World Renaissance : Une Nouvelle ère (52’), Bêtisier (2’), Voici Dolores (4’), Dévorés : Servir de repas aux dinosaures (5’), Une Journée à Skywalker Sound (10’), Trouver les clins d’œil (6’), Commentaires audio de Gareth Edwards, du Production designer James Clyne et du premier assisant Jack Ravenscroft, Commentaire audio de Gareth Edwards, du monteur Jabez Olssen et du superviseur des effets spéciaux David Vickery.







