JEUNES RÊVEURS, LA JEUNE FILLE DRAGON & MÉTRO ROMANCE

檸檬可樂, 楊過與小龍女, 緣份 – Hong-Kong – 1982, 1983, 1984
Support : Bluray
Genre : Drame, Comédie, Fantastique
Réalisateurs : Clifford Choi, Huan Shan, Taylor Wong
Acteurs : Leslie Cheung, Sau Lan Chow, Rowena Cortes, Che Pei-Hsi, Yung Jing-Jing, Chen Kuan-Tai, Leanne Lau, Maggie Cheung, Anita Mui, Anthony Chan…
Musique : Chin-Yung Shing, Chen-Hou Su, Stephen Shing, Jen-Hou Su
Image : 1.85 et 2.35 16/9
Son : Cantonais DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Durée : 90, 96 et 90 minutes
Éditeur : Carlotta Films
Date de sortie : 7 avril 2026
LE PITCH
Jeunes rêveurs : Une bande de quatre amies joue dans une production de Roméo et Juliette, montée par leur lycée. Ting Ting, qui doit jouer Juliette, tombe amoureuse du metteur en scène et interprète de Roméo, le séduisant Jackson. Ces deux-là sont-ils voués à une romance éternelle ?
La Jeune fille Dragon : Un jeune mendiant se révèle être le fils d’un maître des arts martiaux mort dans de mystérieuses circonstances. Reconnu par son oncle, celui-ci décide de l’élever comme son propre fils. Mais le comportement des gens qu’il côtoie est étrange et il ne tardera pas à découvrir le terrible secret qui entoure le décès de son père…
Métro Romance : En se rendant à son premier jour de travail, Paul, un jeune fonctionnaire, fait la rencontre de deux femmes très différentes dans le métro : Monica, une fille simple et séduisante, et Anita, riche et impertinente, qui tombe immédiatement sous le charme de Paul…
Ses années sauvages
Après le très beau Nomad de Patrick Tam et le coffret réservé au magnifique Adieu Ma Concubine, Carlotta Films continue de célébrer l’un des plus grands acteurs chinois des décennies passées : Leslie Cheung. Un visage d’ange et une douleur omniprésente dont on connait finalement si peu les débuts sur grand écran. Avec ces trois petits films produits par la Shaw Brothers, Carlotta revient justement à ces premières années où la future star se construisait lentement, mais surement, à l’écran.
C’est certainement l’un des visages les plus inoubliables du cinéma hongkongais des années 80 / 90 : le beau et sensible Leslie Cheung. Ses prestations dans Le Syndicat du crime, Histoires de fantômes chinois, Adieu ma concubine ou Happy Together sont restés dans toutes les mémoires, mais on ne mesure tout de même pas totalement l’importance que cet artiste eut et a toujours dans la culture chinoise. 20 ans après sa mort, l’émotion est toujours aussi vive dans la population et les milieux artistiques locaux, et chaque triste anniversaire de son suicide est accompagné de commémorations et d’hommages réunissant des milliers de fans. Un acteur formidable, intense, troublant, mais aussi (et c’est là l’élément qui nous manque à nous) un dieu de la cantopop, détenteur de nombreux records de ventes et dont les tubes sont toujours autant écoutés aujourd’hui. Il est alors tout à fait intéressant de redécouvrir une partie du pan méconnu de la filmographie de Leslie Cheung, soit l’avant révélation par John Woo, alors que sa carrière d’acteur se construisait lentement en même temps que celle de chanteur… mais aussi en parallèle du déclin annoncé de la grande maison Shaw Brothers.
Premiers amours
Historiquement le plus grands studio de cinéma Hongkongais mais qui, on le sait, peina à partir du début des années 80 à garder contact avec son public et à se transformer efficacement face aux nouvelles modes. En ce début de décennie, la firme, en plus de multiplier à nouveau les genres au-delà du simple film d’art martiaux, s’efforçait de découvrir ou d’inviter de nouveaux visages et de nouveaux talents dans son écurie. Jeunes rêveurs, La Jeune fille Dragon et Métro Romance sont donc bel et bien des productions Shaw Brothers aux tournages étalés sur trois ans où on observe la montée en puissance de la future star.
Dans Jeunes rêveurs donc, et même si son visage orne certaines affiches, ses premières tentatives de chanteur n’ont pas encore eu l’effet escompté et il n’est encore qu’un jeune espoir et un second rôle, en l’occurrence celui d’un bel étudiant en théâtre, séducteur et plutôt malhonnête, qui capture le cœur de l’une des héroïnes de cette chronique adolescente on en peut plus moderne. Reflet des intérêts de la jeunesse de l’époque (l’électronique, la musique, la mode…) mais aussi et surtout de la libéralisation sentimentale et sexuelle de toute une génération de jeunes femmes, le film doucereux et pétillant de Clifford Choi (Berkeley Days) est une authentique capsule temporelle, dont certains thèmes sont explorés avec tendresse et justesse, renvoyant directement à des films comme La Boum ou les comédies de John Hugues. Un film très sympathique jusque dans ses facilités et ses gags un peu niais parfois.
Entre costume et costumes
Leslie Cheung tourne beaucoup et dès l’année suivante, après le Nomad de Patrick Tam qui ne deviendra culte que sur la durée, il s’essaye au film en costume type wuxiapian, dans une production Shaw Brothers qui s’efforce plus que jamais de redynamiser le genre en tendant vers le conte joyeux et le fantastique débridé et kitch (le costume d’oiseau géant est… euh… mémorable). Plus qu’un film d’art martiaux d’ailleurs, même si on reconnait les décors, costumes et second couteaux habituels du studio, La Jeune fille dragon de Shan Hua (Kung Fu Zombie, Super Infra-man…) est un petit délire naïvement romantique, très légèrement érotique, ou au milieu d’une histoire de vengeance et de techniques ancestrales, Leslie Cheung prend enfin le visage du jeune héros, presque candide parfois, et pas forcément très à l’aise dans les attendues scènes de combats.
Mais c’est clairement en 1984 lorsqu’il tourne Metro Romance que l’acteur semble le plus à sa place. Une chronique ultra moderne des désordres amoureux dans le Hong-Kong matérialiste des années 80 où celui qui vient d’enfin exploser dans les charts grâce à sa chanson Monica (poussant le studio à changer le nom de la principale protagoniste), incarne un jeune fonctionnaire maladroit mais romantique, qui tombe amoureux d’une jeune femme rencontrée dans le métro, lui-même devenant la cible d’une autre jeune femme, au caractère bien trempé, et bien décidée à le séduire. Et les deux demoiselles qui forment ce classique triangle amoureux ne sont nulles autres que Maggie Cheung, alors jeune lauréate au concours Miss Hong Kong, et Anita Mui, jeune espoir de la cantopop au sens de la mode déjà frappant ! Même si ce troisième film de Taylor Wong (Buddha’s Palm) se suit sans déplaisir, il est surtout marquant par ce trio de choc, jeunes acteurs sur le point de devenir des incontournables du cinéma HK, des icônes de la décennie amorcée et reflets d’une nouvelle génération en train de prendre le pouvoir dans l’archipel.
En trois ans, Leslie Cheung est passé de petit amis adolescent potentiel à jeunes hommes bien ancré dans son époque, nouvelle star émergente de la musique et du cinéma. La machine était lancée.
Image
Depuis de longues années, et l’ère du DVD, c’est Celestial Pictures qui a à charge du riche catalogue de la Shaw Brothers dont les trois films en présence font partie. Un lourd travail de restaurations avait alors été opéré sur des masters très vieillissants pour une restitution 2K optimale. Ce sont ces sources qui servent encore aujourd’hui pour les éditions en Bluray (comme chez l’éditeur Spectrum Films) mais qui restent tout à fait convaincantes affichant une belle propreté, une stabilité certaine et une définition franchement solide. Le piqué pourrait être poussé plus loin certainement, mais le léger grain de pellicule et les textures sont bien présents et surtout les couleurs, toujours très riches chez la Shaw, sont rendues avec éclat.
Son
Les trois films sont proposés uniquement en version cantonaise originale avec un mono légèrement rafraichi et disposé sur un DTS HD Master Audio clair bien ancré. Quelques petits chuintements persistent parfois mais rien de vraiment gênant.
Interactivité
Proposés séparément, les trois métrages sont cependant présentés sous un même habillage façon « collection » et leurs parties bonus sont composées de la même façon avec à chaque fois une présentation enregistrée par le critique hongkongais Clarence Tsui qui aborde essentiellement les films par le prisme de la carrière de Leslie Cheung et de sa progression. Il évoque aussi en parallèle quelques changements dans l’industrie cinématographique et la vie de l’archipel. C’est plutôt succinct mais fonctionne très bien comme mise en bouche avant le lancement du film.
Pour La Jeune fille Dragon, on a aussi le droit une interview du chorégraphe Benz Kong qui revient sur ses débuts dans l’industrie du cinéma, puis s’attarde sur le film en question, explorant les petites difficultés de construire ce type de scènes avec des acteurs non spécialisés dans les arts martiaux.
Liste des bonus
Jeunes rêveurs : « Clarence Tsui à propos de ‘Jeunes Rêveurs’ » : Entretien avec le critique, professeur et programmateur de festival (11’), Bande-annonce.
La Jeune fille Dragon : « Clarence Tsui à propos de ‘La Jeune Fille dragon’ » : Entretien avec le critique, professeur et programmateur de festival (7’), « À la recherche d’un nouveau style » (15’), Bande-annonce.
Métro Romance : « Clarence Tsui à propos de ‘Metro Romance’ » : Entretien avec le critique, professeur et programmateur de festival (7’), Bande-annonce.









