I SEE YOU

États-Unis – 2019
Support : Bluray
Genre : Horreur, Thriller
Réalisateur : Adam Randall
Acteurs : Helen Hunt, Jon Tenney, Judah Lewis, Owen Teague, Libe Barer…
Musique : William Arcane
Durée : 98 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1 et Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Éditeur : Program Store
Date de sortie : 02 septembre 2020
LE PITCH
Justin Whitter, 10 ans, disparait alors qu’il faisait du vélo dans un parc, l’inspecteur de la police Greg Harper en charge de l’affaire découvre de nombreuses similitudes avec de précédents cas d’enlèvements d’enfants dans la région. Sa femme Jackie et son fils Connor font face à des phénomènes étranges et inhabituels qui se produisent dans la maison : vaisselle qui disparait, intrusions suspectes, télévision qui s’allume toute seule… rien qui ne les inquiète vraiment et pourtant ils devraient l’être !
Trompe l’oeil
Figure récurrente des festivals de cinéma de genre depuis quelques mois (le PIFFF, Gérardmer…) et passé essentiellement par les plateformes VOD, I See You est une petite production indépendante louée par certain pour sa construction retors, boudé par d’autres pour ses faux airs de petits malins. Tout est une question de verre plus ou moins remplis.
Des disparations d’adolescents dans les forets avoisinantes. Une belle demeure américaine. Une famille propre sur elle qui ne se lance plus que des regards froids. Et des bruits étranges qui proviennent de salles vides, des objets qui disparaissent ou qui tombent sans explications… Au premier abord I See You ressemble à s’y méprendre à la pléthore de films d’épouvante faussement sophistiqués qui s’engouffrent dans le sillon laissé par la maison Blumhouse. Pourtant, jeune acteur croisé sur de nombreuses séries (American Horror Story, Dexter, Flash…) sans qu’on imprime vraiment son visage ou son nom, Devon Graye signe un premier scénario à l’architecture en poupées russes, en enchainements de twists et de relectures qui pourraient rapidement tourner à l’effet de style grotesque et profondément agaçant, s’ils n’étaient pas aussi sobrement et fermement agencés. Il est d’ailleurs presque impossible d’en évoquer les articulations sans glisser vers les inévitables spoilers et divulgacheries. Et ce serait clairement gâcher le film tant finalement ce dernier ne repose, presque, que sur ces effets de surprises et sa lente route vers son dénouement dramatique. Mais une fois n’est pas coutume, I See You impose son rythme et ménage suffisamment ses indices pour que le spectateur se laisse prendre au piège.
Si les murs pouvaient parler
D’une première partie lorgnant ouvertement sur les codes du film d’horreur surnaturel à une seconde en flashback picorant dans les contours du found footage, avant que le tout s’engouffre plus généreusement dans le thriller scabreux, la trame mélange assidument les lignes d’une enquête policière inquiétante, les agissements répréhensibles et crétins de deux adolescents adeptes du phragging (ne vérifier la définition qu’après avoir vu le film) avec les méandres d’un drame familiale. C’est bien autour de cette cellule totalement dysfonctionnelle, au bord de la rupture que gravite I See You, tiraillant les derniers liens affectifs du couple formé par Helen Hunt (Pour le pire et le meilleur, Twister…) et Jon Tenney (True Detective), tandis que leur fils paye, comme toujours, l’addition. Si malheureusement le film ne creusera jamais assez loin de ce coté là, se satisfaisant d’une illustration nette là où un parallèle plus poussé avec le modèle de la famille bourgeoise américaine aurait été bienvenue (surtout au vu de ce qui se balade dans le grenier…), Devon Graye réussit cependant à faire peu à peu pivoter les rapports moraux, faisant tomber les masques un à un jusqu’à une ultime révélation parfaitement amenée. Accrocheur donc, même si le réalisateur Adam Randall (iBoy sur Netflix) se contente le plus souvent d’emballer le tout avec une sobriété polie, se pliant aux nécessités de chaque chapitre sans y apporter une ambigüité, une personnalité supplémentaire.
Cela reste un petit exercice de style soit mais, et ce n’est pas si fréquent, cette mise en scène assez classique, en retrait, empêche de laisser échapper un petit indice prématuré qui gâcherait le lever de rideaux. On apprécie l’intention.
Image
Plutôt sobre dans son approche visuelle, avec une esthétique propre mais pas forcément mémorable, I See You est forcément marqué par ses origines numériques. De quoi affirmer des couleurs bien présentes, des contrastes ultra dessinés et une définition puissante, mais aussi de laisser transparaitre quelques matières noires envahies par de petits amas d’artefacts. Rien de vraiment gênant, et cela reste rare, mais c’est là tout de même.
Son
Film de genre jouant sur les ombres, les hors-champs et oscillant entre le film d’horreur classique et le thriller plus oppressant, les pistes sonores DTS HD Master Audio 5.1 prennent forcément un malin plaisir à malmener (gentiment) le spectateur en apportant avec dynamisme et fluidité des ambiances bien marquées et des effets sonores enveloppants. Pas de grosse surprise, mais c’est parfaitement efficace.
Interactivité
Le seul bonus disponible est simplement un tout petit making of, composé de quelques images de tournage et segments d’interview, étrangement à la fois très promotionnels (ça se félicite de tous les cotés) et adepte des spoilers, ce qui du coup limite son intérêt autant comme outil de communication que comme complément pour ceux qui ont apprécié le film.
Liste des bonus
Making of (11’), Bande annonce.






