HAIR

Etats-Unis – 1979
Support : Bluray
Genre : Comédie Musicale
Réalisateur : Milos Forman
Acteurs : John Savage, Treat Williams, Beverly D’Angelo, Annie Golden, Dorsey Wright, Dan Dacus…
Musique : Galt MacDermot
Durée : 121 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français Dolby Audio True HD 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : Potemkine Films
Date de sortie : 21 avril 2026
LE PITCH
Jeune et naïf, Claude Bukowski arrive à New York pour se rendre au bureau de recrutement de l’armée. Mais en chemin, il se retrouve au milieu d’un happening de hippies dans Central Park et tombe immédiatement amoureux de la belle Sheila. Berger, le leader pacifiste des hippies, décide de prendre Claude sous son aile et l’encourage à braver tous les obstacles pour qu’il déclare sa flamme à la jeune fille…
A Hippie movie
Pièce de théâtre ancrée dans son époque, la comédie musicale Hair annonce avec brio l’ère de ce que l’on appellera l’opéra rock. Une bande originale qui s’écoute en boucle, capable de refaire pousser les cheveux aux plus dégarnis d’entre nous. Une révolution majuscule entre la scène et le concert. Son passage sur grand écran n’en est pas moins brillant.
Auréolé du succès critique et commercial de son incontournable Vol au-dessus d’un nid de coucou, Milos Forman est en droit de bénéficier de toute la latitude voulue pour s’approprier le show, qui a tenu l’affiche durant deux années à Broadway. La pièce, il la découvre lors de l’un de ses premiers voyages à New-York, en 1967. Lui, le Tchécoslovaque expatrié, en mal de pays depuis la répression gouvernementale du Printemps de Prague, espère trouver un nouveau souffle sous la bannière étoilée. Il s’était donné l’image d’un porte-parole de la jeunesse de son pays. Découvrir Hair est pour lui un choc aussi bien culturel que révolutionnaire. Des deux côtés de l’Atlantique, les jeunes éprouvent ce besoin effréné de liberté. Ils étouffent sous les dogmes politico-sociaux de leurs nations respectives, et la soif de rébellion est tenace. Un sujet en or pour le cinéaste, qui nourrit le souhait de le réaliser depuis une décennie. Le moment est parfait : son directeur photo de toujours Miroslav Ondricek est disponible, la pièce est remaniée pour le grand écran, il ne lui reste plus qu’à recréer l’énergie et l’esprit de cette époque charnière.
Âmes en perdition
Forman a une vraie ligne directrice dans sa relation avec le cinéma : il lutte contre l’uniformisation de l’individu et prône la liberté. Son passé sous le régime communiste le pousse à exprimer ce besoin viscéral d’émancipation. Hair pourrait commencer là où son premier film américain, Taking Off, se terminait : des parents, à la recherche de leur fille junkie, expérimentaient eux-mêmes les drogues pour mieux la comprendre. Toute une époque. En faisant de son personnage principal un jeune homme d’Oklahoma parti s’engager au Vietnam (au lieu d’un hippie dans la pièce originale), le metteur en scène nous offre son regard pour nous accompagner dans ce monde marginalisé. Les chansons sont autant de vignettes que de bulles dans une bande dessinée. Le récit avance à leur gré. Chaque piste musicale est un cri, chaque parole une complainte œuvrant pour la liberté d’un monde malade. Les voix sont autant des cris de bonheur que des déchirements du cœur.
La chorégraphie du film réinvente l’expression corporelle : les mouvements des danseurs s’expriment au-delà des paroles. Cette énergie se ressent et le montage sait parfaitement l’accompagner. Mais le metteur en scène ne fait jamais de son film un pamphlet où les clichés s’accumulent. Bien au contraire. Hair est un véritable plaidoyer. Il ne juge pas, il observe. Il aime ses personnages, avec leurs fêlures, vivant dans une bulle utopique (magnifique passage avec la femme de Lafayette, qui lui chante ses vérités avec un déchirement vocal à vous hérisser les poils). Mais le sommet, celui qui flagellera les mémoires encore longtemps, reste indéniablement la séquence finale où Let the Sunshine In retentit comme un appel vibrant pour ces jeunes partant au front. Mise en scène, chorégraphie et chanson ne font alors plus qu’un lorsque les malheureux s’engouffrent dans la carlingue béante et noire d’un avion, tel un régime conformiste avalant sa jeunesse. Le frisson est total.
La révolution sexuelle de 1967 est terminée. Le film arrive sans doute trop tard pour transformer le box-office et trop tôt pour attirer les nostalgiques. Mais la version de Milos Forman traverse les époques : elle reste un plaidoyer antimilitariste intemporel pour les générations passées comme futures.
Image
La copie, il faut le reconnaître, souffre encore par moments des effets du temps, mais rassurez-vous : on est très loin de l’édition catastrophique sortie précédemment. Oui, des striures sont présentes, mais le film gagne en luminosité et les dégradés de couleurs sont largement rehaussés. Et surtout, le film retrouve son format initial. Merci Potemkine !
Son
Film musical oblige, il ne fallait pas se louper sur la piste sonore. Pari tenu ! Hair est à chaque instant jouissif ; les chansons profitent du Dolby Audio pour envahir nos oreilles avec bonheur. Le frisson est bien là. Le mixage sur les dialogues est lui aussi convaincant, aussi bien en VO qu’en VF. Un pur bonheur chantant.
Interactivité
Deux bonus bien pensés nous replongent dans le film. On débute par un excellent retour sur celui-ci signé Bernard Benoliel. Le journaliste maîtrise son sujet et le communique avec moult détails et explications sur l’importance de Hair pour Milos Forman. Le cinéaste, jeune immigré tchécoslovaque, est bouleversé par la pièce et fait rapidement le parallèle avec la jeunesse de son pays.
Le second bonus propose une belle comparaison entre la pièce et le film. Sa création a été un véritable pari pour ses auteurs, alors au chômage, qui souhaitaient remettre le théâtre au goût du jour. Entre la première représentation en 1967 et le film, des modifications étaient forcément nécessaires. Outre quelques chansons, c’est surtout le personnage de Claude qui a été réécrit afin d’en faire un véritable véhicule narratif pour le spectateur de 1979. De belles réjouissances, aussi utiles qu’incontournables, pour mieux saisir les nuances cachées de ce film culte.
Liste des bonus
« La Comédie musicale selon Milos Forman » par Bernard Benoliel (41’), « De la pièce au film » par Laurent Valière (20’), Bande annonce (3’).







