FLAMING BROTHERS

江湖龍虎鬥 – Hong-Kong – 1987
Support : Bluray
Genre : Policier, Action
Réalisateur : Joe Cheung
Acteurs : Chow Yun-Fat, Alan Tang, Patricia Ha, Chan Lap Ban, Philip Chan, Cheung Chok Chow…
Musique : Violet Lam, Lam Man-Yee, Shing Chin-Yung
Image : 1.85 16/9
Son : Cantonnais DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 102 minutes
Editeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 31 octobre 2025
LE PITCH
Deux jeunes orphelins livrés à eux-mêmes, Alan Chan et Cheung Ho-tin, errent dans les rues de Macau. Liés comme des frères, ils vivent de larcins. Un jour, Tin vole de la nourriture dans une église. Il rencontre une jeune femme, Ho Ka-hei, qui l’encourage à devenir honnête. Cependant, Tin et Chan sont finalement enrôlés par la pègre. Les années passent… Désormais adultes, ils travaillent dans les cabarets et les casinos de la ville. Mais le destin va à nouveau réunir Cheung Ho-tin et Ho Ka-hei, et entraîner un conflit entre les deux orphelins.
Presque jumeaux
Entre deux opus du Syndicat du crime, l’industrie HK s’efforce de surfer généreusement sur la vague de l’heroic bloodshed initiée par John Woo et sur l’image nouvellement populaire de Chow Yun-Fat. C’est bien évidemment sur son nom et sa proximité avec le personnage de Mark qu’a été survendu Flaming Brothers, série B opportuniste, pas forcément indispensable mais sympathique.
Une tête d’affiche et un genre qui fait forcément envie à l’acteur et producteur Alan Tang (Karaté sanglant, Les Frères dynamite…) en mal de succès. Il dégotte un vieux contrat de l’acteur (à priori pas ravi ravi au départ), récupère l’équipe de cascadeurs et chorégraphes du film de John Woo, confie la réalisation à l’artisan Joe Cheung (L’incroyable Maitre du kung fu, Kung Fu Academy…) et bien entendu s’offre le second grand rôle du film. Rien de bien nouveau sous le soleil des films de triade, Flaming Brothers et ses deux orphelins de la rue entrés dans le gangstérisme par instinct de survie, nous font revivre la grande amitié virile, le sens de l’honneur et du sacrifice qui caractérise déjà le genre. Deux potes seuls contre tous, et surtout un terrible chef de gang, lui aussi machiavélique que sadique, qui se hissent lentement mais surement dans la hiérarchie du milieu…. Jusqu’à ce que Tin retrouve un amour de jeunesse et décide de ranger les flingues. Classique mais au potentiel prometteur surtout qu’œuvre dans l’ombre le jeune scénariste Wong Kar-Wai, qui signera son premier long métrages l’année suivante en tant que réalisateur. Un certains As Tears Go By qui travaille étonnement des thèmes très proches mais avec un accent nettement plus porté sur les personnages et les sentiments que l’action. Ici c’est bien entendu l’inverse mais ces petites touches de romantisme, naïf, dotent parfois le film d’une certaine mélancolie qui va donner plus de force au basculement final.
Jusqu’à la dernière balle
C’est que si Flaming Brothers se montre assez avare en scènes musclées, courtes mais efficaces, et se complait parfois dans quelques parenthèses de comédies un peu lourdingues (le spectacle pour les petits vieux, la looongue scène dans l’hôtel avec la prostituée), c’est sans doute pour mieux assener sa noirceur et sa brutalité finale. La compagne de l’un se fait tuer dans une fusillade, un camarade est forcé d’abattre son propre fils, et les tensions vont culminer dans un baroud d’honneur dont seul le cinéma HK des années 80 avait le secret : un gunfight particulièrement sanglant aux airs de ballet mortel dans une écurie entre les deux frangins retrouvés et une horde d’hommes de mains armés jusqu’aux dents. Clairement le point culminant du film, sacrément efficace et excessif, d’un film qui n’arrive jamais totalement à se débarrasser de son sentiment de déjà-vu, de spectacle déjà trop calibré. Heureusement si Alan Tang se révèle bien trop poseur et manque de charisme dans le rôle du grand frère dur mais juste, Chow Yun-Fat fait une nouvelle fois pleinement jouer son charme pour dépeindre un gangster en quête de rédemption, sauvé par l’amour dans les bras de la charmante Patricia Ha (On The Run, Nomad…) qui réussit à faire exister un personnage un peu trop fadasse sur le papier.
Flaming Brothers n’est certainement pas un incontournable de la vague heroic bloodshed, production confortable mais en définitive assez mineur par son manque d’originalité et ses petits déséquilibres d’écriture. Il n’en reste pas moins très agréablement divertissant, sobrement shooté et respire cet esprit nerveux et corsé des polars 80’s hongkongais, et mérite d’être vu ne serait-ce que pour son grand final aux gerbes de sang orgasmiques.
Image
Flaming Brothers se dote désormais d’une toute récente restauration 2K produite à Hong Kong. Si le procédé utilisé n’est pas plus clair que cela, le résultat n’en est pas moins savoureux avec des cadres sérieusement nettoyés, stabilisés et des teintes bien plus chaudes et incarnés que lors des précédentes (et nombreuses) sorties vidéos. Le film reprend du poil de la bête, et développe même des zones d’ombres plus lisibles et creusées que jamais. Le grain est joliment persistant, soulignant un piqué assez solide.
Son
De la même façon, la piste sonore mono, en DTS HD Master Audio 2.0, s’est vu rafraichir par un petit nettoyage bienvenu et un gommage des habituels soucis de ce type de productions (saturations, chuintements…) pour un résultat bien clair et énergique.
Interactivité
Le film est disposé dans un boitier scanavo fullframe avec fourreau cartonné au visuel qui pète bien. L’édition est auréolée de la présence de deux interviews inédites. La première donne la parole au réalisateur Joe Cheung qui revient sur sa rencontre avec Alan Tang, le cadre particulier de la production, l’implication de Chow Yun-Fat et l’efficacité d’un tournage HK parfaitement calibré et professionnel, mais aussi le travail du jeune Wong Kar-Wai. Il laisse ensuite la main au chorégraphe Benz Kong, qui rappelle l’importance de ses collègues Tung Wei et Tony Poon, évoque sa vision de ces fameux gunfights et sa collaboration avec les deux stars du film, dont une petite anecdote éclairante sur le statut de Alan Tang à l’époque et la crainte qu’il pouvait susciter auprès de ses collaborateurs.
Liste des bonus
Interview de Joe Cheung (22’), Interview du chorégraphe Benz Kong (18’).







