FALLOUT SAISON 2

Fallout Season 2 – Etats-Unis – 2026
Support : UHD 4K
Genre : Science-Fiction
Réalisateurs : Frederick E.O. Toye, Liz Friedlander, Stephen Williams, Lisa Joy
Acteurs : Ella Purnell, Aaron Moten, Walton Goggins, Moises Arias, Leslie Uggams, Zach Cherry, Kyle McLachlan…
Musique : Ramin Djawadi
Durée : 439 minutes
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital 5.1 Anglais, Français, Allemand et Espagnol
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Espagnol…
Editeur : Amazon MGM Studios
Date de sortie : 17 juin 2026
LE PITCH
Désormais accompagnée de la Goule et de son chien, Lucy se lance sur les traces de son père et de ses secrets. Dans le même temps, Maximus tente de se soustraire aux jeux de pouvoir de la Confrérie de l’Acier, …
We’ll meet again…
Conforté par le succès unanime de la première saison, que ce soit auprès des fans du jeu ou des non initiés, le duo Graham Wagner / Geneva Robertson-Dworet enchaîne donc sans délais sur une seconde fournée de huit épisodes fignolés avec un soin évident. Intrigues parallèles, flashbacks, humour noir, factions rivales aux mœurs pittoresques, monstres en pagaille et bande-son rétro, Fallout saison 2 en donne pour son argent au spectateur. La recette a cependant ses limites, l’excès de générosité n’étant pas sans conséquences sur une intrigue qui semble faire du surplace et un trio de personnages principaux qui jouent parfois des coudes pour coexister avec un univers de plus en plus dense.
Réussir l’adaptation d’un jeu vidéo est un exploit encore assez rare mais aussi à double tranchant. Production plutôt fortunée de la plateforme Amazon Prime, Fallout en est le parfait exemple, pris en étau entre son cahier des charges et des chemins de traverse qui se dérobe sous ses pieds. Reposant davantage sur son univers que sur les personnages qu’elle met en scène, la franchise Fallout déploie à priori un terrain de jeu idéal pour un producteur de série TV : une histoire détaillée et sans fin (pour faire plein de saisons et de spin-offs), une mythologie qui englobe tout un tas de genres et de sous-genres voisins (le post-apo, l’horreur, la science-fiction) dans un melting pot d’influences allant de Norman Rockwell à Mad Max en passant par le bis transalpin et la littérature pulp et une galerie de créatures et d’antagonistes à faire pâlir de jalousie toutes les cantinas réunies de la galaxie Star Wars. D’où la priorité évidente accordée à la direction artistique, véritable cheval de Troie destiné à conquérir le plus difficile des publics : les geeks. Réalisée en étroite collaboration avec les têtes pensantes du studio Bethesda (les développeurs du jeu), Fallout version Amazon ne cesse de faire les yeux doux aux afficionados, leur offrant des visions spectaculaires et extrêmement réalistes d’environnements explorés à maintes reprises et leur jetant à intervalles réguliers, comme autant d’os à ronger, des easter eggs, des caméos, des références obscures. Dans le même temps, les éléments les plus iconiques sont subtilement et astucieusement repensés et mis en avant pour élargir la base du public. Ainsi, impossible de résister à l’appel d’une série de paysages familiers ravagés par une guerre atomique, à la promesse de grosses scènes d’action impliquant des soldats en armures robotisées et surarmées et au petit grain de folie décalé de Vault-Tec Corporation, constructeur d’abris anti-atomiques qui semble désespérément bloqué dans les années 50.
Viva Las Vegas !
Toujours dans la logique de ne pas froisser les amateurs et de ne pas perdre les newbies, Amazon et Bethesda ont fait le choix payant de raconter ici une histoire originale, ne se rattachant que par bribes aux jeux existants et se déroulant plusieurs années après ceux-ci.
L’ossature de Fallout est donc construite autour de trois protagonistes principaux ayant chacun un rapport différent au monde dans lequel ils évoluent. Née et élevée dans un abri de Vault-Tec, Lucy (Elia Purnell) tente d’accommoder sa morale désuète et sa naïveté à la violence du monde de la surface. Âgé de plus de deux cents ans, la Goule (qui fut un acteur nommé Cooper Howard et dont les deux versions sont incarnées par un formidable Walton Goggins) est une créature désabusée qui a vu son paradis partir en flammes et qui a traversé l’horreur pour finir par en arborer le visage. Jeune soldat tenace formé par la Confrérie de l’Acier, Maximus est quant à lui né après l’Apocalypse, au milieu des ruines et représente l’espoir d’un monde meilleur par son idéalisme et sa combativité. Pour l’essentiel axé sur la mise en place d’un univers et sur le développement de ces trois (anti) héros, la première saison pouvait sans sourciller se payer le luxe de prendre son temps, alternant la mise en place des intrigues et des sous-intrigues, des alliances et des rivalités avant de lancer le trio dans une série de quêtes toutes intimement liées. Ce qu’annonçait d’ailleurs un huitième épisode cathartique en diable. Sauf que, … pas vraiment.
Bien qu’elle respecte en partie son contrat (destination New Vegas), la seconde saison traîne trop souvent des pieds pour en arriver à une conclusion carrément frustrante. En clair, les péripéties privilégient le spectacle à la progression dramatique et les réponses sont encore plus évasives que dans un épisode de Lost quand certains épisodes ne sont pas phagocytés par des sous-intrigues sans la moindre espèce d’intérêt (Norm, le frère de Lucy, Reg, le gogol de l’abri 33, etc). Soit les scénaristes ne savent pas encore quoi faire de leurs personnages, soit ils se réservent pour de futures saisons, mais les ficelles sont trop grossières pour convaincre pleinement. Alors que le premier épisode s’amuse à citer avec une pointe d’ironie savoureuse Le Bon, la Brute et le Truand (avec la Goule, version zombifiée d’un certain Clint Eastwood, se retrouvant dans la position peu enviable d’Eli « Tuco » Walach, corde autour du cou), la suite finit par abandonner ses ambitions de grand western foutraque pour se perdre dans ses effets d’annonce et ses détours, dans ses allusions, tuant dans l’œuf l’alchimie naissante du cast et par là même ce qui aurait pu faire tout son charme sur la durée. C’est bien évidemment regrettable et il faut alors se contenter de quelques (belles) miettes, telles que la prestation toujours plus lynchienne d’un Kyle McLachlan impeccable ou encore les caméos de Natasha Henstridge, Clancy Brown, Brian Thompson et Macaulay Culkin. En cas de panne, toujours assaisonner son post-apo de pures « gueules » de série B, ça permet de patienter avant le plat de résistance. Qui arrivera, on croise les doigts et on serre les fesses, avec une troisième saison déjà sur les rails.
Image
La première bonne nouvelle de ce transfert 4K de très haute volée, c’est son respect absolu des teintes poussiéreuses des panoramas et des décors, au point de créer un grain pour le moins … radioactif. Jouant sur des teintes chaudes et métalliques, la colorimétrie contribue à la réussite visuelle de cet univers pas vraiment comme les autres. La seconde bonne nouvelle, c’est que ces galettes en Ultra-HD offrent une véritable plus valu sur la diffusion en streaming, à laquelle on pouvait reprocher quelques passages trop sombres. Un défaut ici corrigé.
Son
Prise au piège d’un Dolby 5.1 sans coups d’éclats mais à la technique robuste, la version française, desservie par un doublage sans une once de charme, ne fait jamais illusion. Le Dolby Atmos de la version originale fait place nette mais ne cède pas à la surenchère, sauf lorsque la situation l’exige (la bataille contre les Deathclaws lors du dernier épisode). Chaque standard rétro de la bande originale est mis en valeur avec une efficacité redoutable.
Liste des bonus
Aucun.







