BUTCHER : L’INTÉGRALE DES 4 FILMS

Hatchet, Hatchet II, Hatchet III, Hatchet: Victor Crowley – États-Unis – 2006, 2010, 2013, 2017
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateurs : Adam Green et BJ McDonnell
Acteurs : Joel Moore, Tamara Feldman, Deon Richmond, Kane Hodder, Danielle Harris, Tony Todd, Tom Holland, Robert Englund, John Carl Buechler, Caroline Williams, Zach Galligan, Laura Ortiz, Dave Sheridan, Tiffany Shepis…
Musique : Andy Garfield, Jason Akers et Sam Ewing
Durée : 80, 82, 82 et 83 minutes
Image : 1.78 pour les deux premiers opus, 2.35 pour les deux suivants
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1 pour tous les films sauf Victor Crowley : anglais DTS-HD Master Audio 5.1 et français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Éditeur : ESC Films
Date de sortie : 6 mai 2026
LE PITCH
La quadrilogie consacrée à Victor Crowley, le tueur à la hache qui sévit dans le bayou de Louisiane. Quand des groupes de touristes pointent le bout de leur nez, le boogeyman ne rate pas une occasion de s’en payer une tranche et de couper, hacher, déchirer et transpercer tous ceux qui se présentent à lui…
Chérie, ça va hacher !
En 2006, un nouveau boogeyman a fait son irruption dans le paysage cinématographique horrifique mondial. Son nom : Victor Crowley. A la faveur du film Butcher : La Légende de Victor Crowley (Hatchet en VO), le jeune scénariste et réalisateur Adam Green entend se faire un nom en créant de toutes pièces son emblématique tueur à la hache, convoquant plusieurs genres qu’il affectionne tout particulièrement : le slasher mâtiné de survival et d’humour.
L’ambition d’Adam Green est d’installer son personnage au panthéon des créatures marquantes de l’histoire du genre aux côtés de Jason Voorhees, Michael Myers et autres Freddy Krueger et Creeper. Pas une tâche aisée pour autant. De là, le scénariste et réalisateur confectionne ce petit film de série B assumée, dont il signe un scénario globalement ultra convenu, pour un ride horrifique qui ne lésine pas sur les effusions gores, élément majeur qui va devenir la marque de fabrique de l’entièreté de la saga. On lui saura gré d’installer son récit dans les marécages de Louisiane, environnement suffisamment cinématographique pour assurer son office horrifique. C’est là qu’un groupe de personnes en goguettes se retrouve pourchassé de nuit par le tueur défiguré Victor Crowley, qui entend bien les dessouder un à un, façon chair à saucisse. Le bonhomme, ancien gamin défiguré et malmené par une bande de jeunes trous du cul crie vengeance. Il hurle à la lune le nom de son père disparu tragiquement… Si on devait résumer ce premier Butcher, ce serait : « généreux », « efficace » et « complètement teubé ». Fidèle à 80 % des slashers de l’histoire, Butcher n’a pas grand-chose à proposer d’autres que ses meurtres craspecs et une petite touche d’humour et de décalage plutôt bienvenue. Les personnages sont globalement inintéressants et assez bêtes, et leurs motivations ne volent pas bien haut. Ce slasher pur jus boxe dans la catégorie des séries B divertissantes. Point barre. Des plans nichons gratos en veux-tu en voilà parce qu’il faut bien, et surtout du déssoudage en règle de protagonistes chair à canon. Le film n’y va pas avec le dos de la cuillère, d’autant qu’on a droit ici à une version intégrale non-censurée, ce qui fait toujours plaisir : têtes arrachées, mâchoires broyées, corps sectionné en deux, visage poncé… C’est ultra généreux avec des effets pratiques très convaincants pour un budget limité. On y trouve d’ailleurs des trognes bien connues du genre : Tony Todd (Candyman), Kane Hodder (Vendredi 13), Robert Englund (la saga Freddy). Une note d’intention en soi. C’est efficace, amusant, et aussi totalement oubliable…
La septième compagnie au clair de lune
Le succès d’estime de Butcher et la petite renommée qu’il engendre chez les fans de cinéma d’horreur, permettent à son créateur de se lancer dans une séquelle sortie en 2010, qu’on peut assez rapidement envisager comme l’équivalent d’un Aliens (toutes proportions gardées) (à moins que cela ne soit La 7e Compagnie au clair de lune…) avec une troupe de chasseurs désirant faire la peau une bonne fois pour toutes à ce satané Victor Crowley. On revient donc sur les lieux du précédent film, avec certains des personnages, dont la Scream Queen Marybeth, qui souhaite récupérer les corps de son père et de son frère. Même personnage, mais pas le même visage, puisque Tamara Feldman cède sa place à Danielle Harris (Halloween de Rob Zombie). Dans sa volonté de rendre hommages aux figures du genre, Green est généreux et surtout un fan invétéré, et caste également pour un rôle ou une simple apparition John Carl Buechler (réalisateur de Vendredi 13 : Chapitre 7 et Troll), ainsi que Tom Holland (réalisateur de Vampire, vous avez dit vampire ? et Jeu d’enfant). Le fait est que cette suite est largement inférieure à l’original. Si les morts y sont toujours bien sanglantes, les dialogues affligent de plus en plus, et l’intérêt de la série commence déjà à sérieusement s’étioler. Pas de quoi doucher l’enthousiasme d’un Adam Green qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et planche sur le scénario du troisième opus.
La foire à la viande
Butcher 3 sort moins de trois ans après le deuxième. Cette fois, Green se contente d’écrire et de produire, laissant la mise en scène à BJ McDonnell, réalisateur de clips, qui aura sa petite heure de gloire en 2022 avec Studio 666, ride horrifique à la gloire des Foo Fighters. Niveau originalité ou progression de l’intrigue, c’est malheureusement encéphalogramme plat. Apparemment très fier de sa saga, Adam Green développe sa mythologie autour de Victor Crowley, sans convaincre. Ce troisième opus n’est qu’une succession de bavardages censés apporter du corps à l’ensemble, sauf qu’il ne suffit pas d’ajouter des personnages (la journaliste interprétée par Caroline Massacre à la tronçonneuse 2 Williams) et une pseudo malédiction vaudou à deux balles pour remplir les trous béants d’un film qui n’existe que pour ses débordements gores et met de côté toute tension et suspense. On y retrouve une fois encore un groupe de pieds nickelés armés jusqu’aux dents (cette fois genre Predator) partis exécuter le boogeyman des bayous. Rien de neuf sous la lune des marécages, même si quelques trognes bien connues sont convoquées à la foire à la viande : Zach Galligan (Gremlins), Derek Mears (le remake de Vendredi 13), Sean Whalen (Le Sous-sol de la peur) ou encore Sid Haig (The Devil’s rejects). Tout cela ne donne pas un film très intéressant, et ce que Green entend offrir aux fans s’apparente vraiment à une pale resucée des slashers de son cœur. C’est un peu court. Tout juste pourra-t-on apprécier dans cet opus une mise en scène un chouïa plus nerveuse de la part de BJ McDonnell, mais on part de tellement bas… Et une foire à la charcuterie toujours aussi réjouissante, et proprement réalisée. Mais la lassitude guette, et l’absence de progression de l’intrigue, toute série B soit-elle, est totalement rédhibitoire. Malgré tous les défauts et limites opportunistes, il y a plus d’intérêt et de charme dans tout Vendredi 13 (!!!), que dans ce que tente vainement de proposer Adam Green au sein d’une mythologie qu’il peine à alimenter et qui aurait dû s’arrêter à l’issue de son premier film, sympathique série B aussi drôle que gore, qui paraît désormais bien loin… Sauf que non. Un quatrième chapitre est lancé et sort en 2017. Pour apporter un peu de nouveauté, on va l’appeler carrément Victor Crowley.
Bayou force 4
Pour le quatrième chapitre de la saga, sobrement intitulé Victor Crowley (bien qu’on se demande le pourquoi du comment d’un tel changement de titre qui semble évoquer une origin story alors que pas du tout…), Adam Green revient aux commandes derrière la caméra. Il renoue avec le premier opus, en proposant un slasher gore qui laisse de côté l’aspect militariste testostéroné et bourrin des deux précédents. Mieux, il a l’idée plutôt intéressante sur le papier d’enfermer ses personnages dans un lieu unique, une carlingue d’avion qui s’est écrasé au beau milieu des fameux marécages, lieu de tant de carnages. Une unité de lieu quasi unique, un film à la temporalité resserrée et toujours autant d’équarrissage en full frontal, le film n’a pas beaucoup de mal à faire mieux que ses deux prédécesseurs. Même si ça ne vole pas très haut encore une fois, que le scénario est la portion congrue d’un début d’inspiration, que la réalisation de Green reste pataude au possible et la lumière entre le grisâtre et le rougeâtre au mieux peu inspiré, on s’amuse cependant un peu plus dans ce dernier chapitre en date. Les personnages sont toujours aussi bêtes, caractérisés à la truelle, et incarnés sans grande subtilité (mention à Parry Shen qui a traversé les quatre films et dont le retour perpétuel est sujet à un gag récurrent et à Dave Sheridan qui campe un branleur fini qui sort du lot). L’humour est énôôôrme est d’une crétinerie remarquable. Bref, on n’est pas dans du haut niveau, mais ce quatrième film de la franchise nous laisse pour l’instant sur une meilleure note. Même s’il est raisonnable de trembler car la scène post-générique nous embarque vers un retour du personnage interprété par Danielle Harris, fusil à pompe à la main, bien décidée à en découdre à nouveau avec le bâtard de Crowley. Mais ne nous y trompons pas, : la saga Butcher n’a plus grand-chose à raconter, et cela depuis bien longtemps…
Image
Si le premier film de la saga est le plus séduisant sur le plan visuel, on peut cependant noter que dans l’ensemble, les quatre opus trouvent ici des copies très propres et bénéficiant d’une HD qui rend un peu de pimpant à une tenue artistique de moins en moins convaincante, un film après l’autre. L’image globale affiche un bon niveau de détails, avec un grain toujours agréable. Les scènes nocturnes, nombreuses, notamment dans le premier opus, bénéficient de contrastes assez satisfaisants, même si par instants, la luminosité s’avère peu convaincante. C’est notamment le cas dans le troisième chapitre, dont la photographie globalement assez sombre manque de peps.
Son
Le film « à sensations » souhaité par Adam Green s’avère plus riche qui n’y paraît en termes de restitution sonore. Ça crie, ça grogne et ça charcle, et les pistes sons en DTS-HD Master Audio 5.1 ne déméritent pas, tout cela est dynamique, même si on pourra noter une différence de puissance entre les dialogues et l’environnement sonore. Rien d’handicapant cependant. A noter la présence d’une version française seulement en DTS-HD Master Audio pour Victor Crowley, pourtant le dernier opus en date. Surprenant.
Interactivité
Les quatre disques sont réunis dans un boîtier glissé dans un fourreau. Et chaque film dispose de sa section de suppléments. Et on en a clairement pour notre argent.
En complément du premier opus, on trouve un menu très garni. « Butcher – La légende de Victor Crowley » est un making-of du film fondateur de la saga. Il s’agit bien évidemment de planter les origines du projet et d’aborder les différents aspects du tournage, des effets spéciaux, des cascades… tout cela avec des moyens financiers limités. Long d’une dizaine de minutes, « La légende du tueur : rencontre avec Victor Crowley » est consacré à Kane Hodder, rendu célèbre pour avoir enfilé la défroque de Jason Voores dans quelques Vendredi 13, qui prête ici sa carrure à Victor Crowley et s’autorise aussi un rôle secondaire.
Points forts de la saga, les effets spéciaux pratiques disposent fort logiquement d’un module dédié. Pourtant, le bien nommé « Des tripes et du sang » demeure bien trop court, et c’est dommage. Les bonus sont généreux mais certains laissent un peu perplexes, comme cette rencontre entre Adam Green et Dee Snider, leader du groupe de heavy metal Twisted Sister, les deux hommes étant proches et ayant collaboré à plusieurs reprises. Dans « Anatomie d’un meurtre », on découvre les secrets d’un des innombrables moments de bravoure gore du film, et pas le moins gerbant. Enfin, une bande-annonce et un bêtisier forcément attendu sont la cerise sur le gâteau de cette section roborative.
Sur le second disque, un peu moins fourni, on commence par un nouveau making-of plutôt détendu et rigolard mais pas avare d’images et d’infos sur la conception film. Le module « Autour du film » n’a pas grand intérêt puisqu’il reprend pas mal d’infos du making-of. Plus sympa est un segment encore une fois assez court sur la conception des effets spéciaux.
Le troisième film est accompagné lui aussi de son making-of, mais plus ça va, plus la durée se restreint (ici une dizaine de minutes). Les effets spéciaux sont aussi passés en revue, et un bêtisier assure la déconnade.
Enfin, l’ultime opus en date est éclairé pas un entretien avec Adam Green, qui a cela d’intéressant qu’il constitue une sorte de bilan de la franchise par son concepteur et principal maître d’œuvre. Peut-être le bonus le plus pertinent de tous par son côté rétrospectif, voire introspectif, d’un véritable fan de cinéma d’horreur, dont l’amour pour le genre n’est jamais remis en question. Peut-être davantage encore que les quatre films, finalement assez médiocres, les bonus de cette édition dessinent une passion sincère du cinéma horrifique qui fait chaud au cœur.
Liste des bonus
Butcher : Dans les coulisses de la boucherie : making of du film (39’), La légende du tueur : rencontre avec Victor Crowley (9’), Des tripes et du sang (11’), Histoire à rebondissement (8’), Anatomie d’un meurtre (6’), Bêtisier, Bande-annonce.
Butcher 2 : Making of du film (33’), « La machine à tuer » : Les effets spéciaux (6’), Bande-annonce.
Butcher 3 : Making of du film (9’), « Elever Kane » : Maquillages, Bande-annonce.
Butcher 4 : Les morts reviennent… Encore » : Entretien avec Adam Green, Behind-the-scenes, Bande-annonce








