DR. WAI

冒险王 / Dr. Wai in the Scirpture with No Words – Hong-Kong, Chine – 1996
Support : Bluray & DV
Genre : Thriller
Réalisateur : Ching Siu-Tung
Acteurs : Jet Li, Billy Chow, Takeshi Kaneshiro, Rosamund Kwan, Law Kar-Ying, Charlie Yeung, Collin Chou…
Musique : Frankie Chan
Image : 2.40 16/9
Son : Cantonnais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 91 minutes
Éditeur : HK Vidéo
Date de sortie : 16 octobre 2025
LE PITCH
Dans les années trente, le gouvernement chinois charge le Dr Wai de retrouver un parchemin magique capable d’influencer le futur de l’humanité…
Les aventuriers du Soutra Mystique
Il n’existe pas un, mais deux Dr Wai. Deux montages très distincts distribués respectivement à Hong-Kong (la version originale) et dans le reste du monde (le remontage plus standard). Dans les deux, les talents martiaux de Jet Li brillent à l’écran mais un seul seulement sait jouer avec son image et les codes des films d’arts-martiaux de l’époque.
Alors au firmament de sa carrière populaire en Chine, Jet Li est séduit par la proposition du réalisateur Ching Siu-tung (la trilogie des Histoires de fantômes chinois) d’évoquer par le biais d’une comédie d’art-martiaux le lien que peut entretenir l’acteur avec son image de héros courageux et quelque-peu naïf. Une image profondément attachée à son interprétation de Wong Fei-hung dans les Il était une fois en Chine, a laquelle il est impossible ici de ne pas penser. Certes l’époque n’est pas tout à fait la même et s’inscrit plutôt dans le décor d’un pays sous occupations japonaise et le héros tient plus de l’aventurier que du mentor éclairé, mais la stature du personnage, ses mouvements et son autorité naturelle pousse forcément à la comparaison. Tout comme la présence de l’actrice Rosamund Kwan, toujours dans le rôle de la dulcinée du monsieur. Sauf que dans le montage initial du film, Dr Wai est un personnage de fiction, imaginé par l’auteur contemporain Chow Sai Kit, bien moins philosophe et impassible que son alter-ego, en pleine crise d’inspiration depuis que son épouse lui a demandé le divorce. A la manière du classique Le Magnifique de Phillipe de Broca, Dr Wai est donc un film double qui alterne (surtout durant la première partie) les épisodes réels et imaginaires, montrant comment cette variation autour de la figure d’Indiana Jones permet au romancier d’exorciser ses ressentiments envers son épouse… transformant par la même occasion son patron en falot pathétique et l’amant potentiel de la dame en grands méchants de cinéma. Tandis que sa plume se fait acerbe et vengeresse, celle de ses assistants, interprétés par les jeunes stars pop Takeshi Kaneshiro et Charlie Yeung (déjà partenaires dans Les Anges déchus de Wong Kar Wai), tente de refréner sa noirceur, d’aider le couple à se retrouver par métaphores interposés et pourquoi pas se déclarer eux-mêmes dans la foulée.
Jet Li et le montage maudit
Bien moins survolté que le modèle français, ce Dr Wai réussit cependant à trouver un excellent équilibre entre les petites envolées mélo et surtout les grands moments de comédie (hilarants) et le rythme soutenu d’un véritable film d’action. Au passage, l’intérêt connu de Ching Siu-tung pour les combats et les envols câblés, les scènes à effets spéciaux (ici des épées-fouets enflammées) et plus généralement une ambiance de conte, accentue à la perfection l’aspect pulp et fantasy des aventures de ce fameux Dr. Wai. Une chasse au trésor qui d’ailleurs l’emmène jusque sur la véritable Muraille de Chine pour quelques séquences : un petit évènement pour l’époque. Mais c’est peut-être ce petit élan de sophistication et d’originalité, en tout cas pour le marché HK, qui empêcha l’objet de rencontrer le succès escompté. D’où cette décision purement commerciale de remonter intégralement le film pour un nouveau montage en direction du marché de la Chine continentale et de l’occident. L’occasion de gommer et transformer certains dialogues qui auraient pu offusquer le voisin tatillon, mais surtout d’évacuer totalement les scènes contemporaines au profit de quelques segments coupés initialement, concentrés essentiellement autour de la romance entre le héros archéologue et l’espionne japonaise Cammy. Exit la double lecture du film, Dr Wai redevient un pur film d’aventure, quelque-peu décousu forcément, mais qui correspond à ce qu’attend le grand public d’un film estampillé Jet Li : un divertissement léger et imagé, doté de chorégraphies bondissantes et vives. Confié il semblerait à un certain Tsui Hark appelé à la rescousse, cette seconde version s’achève assez étrangement sur quelques évocations plus sombres, voir nihilistes, de l’autodestruction humaine dans une vision prophétique des catastrophes annoncées de la Seconde Guerre Mondiale.
Un film aux deux visages donc, très proches et pourtant si éloignés que l’on peut redécouvrir depuis quelques années (merci HK Vidéo) côte à côte pour mieux comparer. Il va sans dite que la première mouture imaginée par Ching Siu-Tung et Jet Li s’avère la plus intéressante et la plus attachante sans rien perdre de son énergie.
Image
HK Vidéo reprend ici le nouveau master 2K que l’on a pu croiser sur quelques sorties HD asiatiques et surtout dans un coffret Jet Li d’Eureka en Angleterre. Une nouvelle copie aux origines un peu obscures mais qui permet de redécouvrir le film dans d’excellentes conditions car offrant, enfin, des cadres vraiment propres, stables, et surtout assez bien harmonisés d’une section à l’autre. Les teintes des épisodes « réels » sont peut-être plus solidement ancrées, mais celle de l’aventure historique, tirant plus vers le terreux, affirment un charme certains. La plupart des plans apportent aussi une définition soignée, même si, retouches et petits peaufinages numériques obliges, il n’est pas rare que le piqué se montre un petit peu trop doux, plus fluctuant.
Son
Le montage HK est toujours disponible dans sa stéréo d’origine, disposée en DTS HD Master Audio, pour un rendu direct et très propre. Étonnement, le nouveau mixage DTS HD Master Audio 5.1 se fait plutôt convaincant. Certains effets sonores font toujours aussi détachés et artificiels, mais la dynamique des scènes les plus vives fonctionne plutôt bien.
Le montage international est lui proposé avec le doublage français d’origine, insupportable, et la version originale Mandarin dans des DTS HD Master Audio 2.0 là aussi assez sobres, mais parfois marqués par quelques faiblesses et petites saturations.
Interactivité
Disposé à nouveau dans un très joli digipack trois volets avec un très bon texte de présentation imprimé à l’intérieur, ce nouveau titre HK Vidéo ne propose malheureusement aucun nouveau bonus. Il contient cependant la petite présentation enregistrée à l’époque du DVD et offrant une excellente explication et comparaison, images à l’appui, des deux versions du film.
Liste des bonus
Le film en version internationale (vf et vost mandarin 2.0, 87’), Analyse comparative des deux montages, Bande-annonce.







