BUSINESS OBLIGE

A Shock to the System – Etats-Unis – 1990
Support : Bluray & DVD
Genre : Comédie
Réalisateur : Jan Egleson
Acteurs : Michael Caine, Elizabeth McGovern, Peter Riegert, Swoosie Kurtz, Will Patton, Jenny Wright…
Musique : Gary Chang, Ray Obiedo
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français et Anglais
Durée : 88 minutes
Éditeur : Éléphant Films
Date de sortie : 21 avril 2026
LE PITCH
Graham Marshall est un employé loyal et patient. Il attend depuis des années sa promotion dans l’agence de publicité new-yorkaise, où il a lentement gravi les échelons, sacrifice après sacrifice. Mais quand un jeune loup est nommé à sa place, quelque chose en lui se brise. Le même soir, il tue accidentellement un sans-abri dans le métro, et se rend compte… que rien ne se passe. Et si l’on ne risque rien en tuant des gens, pourquoi ne pas en profiter ?
Le secret de mon succès
Passé relativement inaperçu à sa sortie malgré la présence d’un Michael Caine magnétique en tête d’affiche, Business Oblige se vendait même en France avec des petits airs de comédie 80’s. Il s’agit pourtant d’un humour bien plus noir qui anime ce joyeux massacre en entreprise.
Fin des années 80, les fameuses années frics touchent à leur fin et le réveil est, pour beaucoup, assez brutal. Les Américains se sont donnés corps et âmes à leurs entreprises, dans l’espoir d’une gloire clinquante et un confort matériel. Mais finalement la récompense ne sera bien entendu pas pour tout le monde. Wall Street d’Oliver Stone est passé par là, et la société dans lequel se déroule le film, montrant dans l’une de ses premières séquences une réunion de fiers cadres, alcool et cigares à la main, se gargarisant de leur réussite, va rapidement laisser place à un constat bien plus amer. Employé modèle, mais un peu vieillissant, Graham Marshall n’aura pas le poste de directeur qu’il espérait et d’une certaine façon son monde s’écroule. C’est le soir même qu’il tue par accident dans le métro un SDF trop pressant et se rend compte de deux choses : premièrement il s’en sort sans aucune conséquence, deuxièmement il réalise qui ne ressent aucune culpabilité. La politique de la loi du plus fort, du tuer ou être tué, s’est suffisamment incrustée dans son cerveau pour qu’il imagine dans la foulée un beau moyen de se débarrasser enfin de cette épouse si encombrante et castratrice et pourquoi pas de ceux qui se dresseront sur le chemin de cette ascension qu’il estime mériter.
Plan de carrière
A contrario du Couperet de Costa Gavras qui prendra le chemin d’un drame cinglant, Business Oblige se laisse emporter par la personnalité même de son interprète principal, Michael Caine donc, toujours aussi habité par cette distance ironique si britannique, semblant se réjouir constamment du malheur des autres, multipliant les voix off cyniques et embrassant totalement sa propre monstruosité. Son charisme naturel, la distance de son jeu et son mordant, jamais très loin de la psychopathie tout de même, réussit à nous rendre sympathique ce prédateur moderne, persuadé presque de posséder un pouvoir sur le destin. Un jeu de massacre souvent réjouissant, qui capture à merveille ce tournant de la nouvelle décennie, s’amuse de ce royaume administratif, de ces bureaux écrasants censés représenter la pointe de la com et de sa chaine alimentaire si transparente. Pas forcément resté dans les mémoires pour ses films précédents puis ses longues années télévisées, le réalisateur Jan Egleson (The Little Sister, Lemon Sky…) offre cependant une mise en scène à la fois discrète et soignée, s’incarnant solidement par quelques travellings et l’insistance sur les décors urbains réels (métro, néons, jardins new-yorkais…). Il laisse aussi toute la place à Michael Caine pour qu’il puisse livrer un numéro (sans connotation péjorative) dont il a le secret. On le remercie aussi pour avoir contourné quelques faiblesses du roman de Simon Brett à l’origine du projet, et en particulier fait réécrire la fin, remplaçant une arrestation bien sage par une échappée arrogante. Dans Business Oblige, le crime paye. Et paye bien.
Image
Seule copie HD existante, et produite par Shout Factory, elle est héritée d’un ancien master vidéo un peu daté. L’éditeur US a fait du mieux possible pour nettoyer l’ensemble, lui redonner un peu d’énergie et de présence, mais n’a pas pu faire disparaitre l’ensemble des petites traces (qui restent assez discrètes tout de même) et ne peut aller plus loin dans sa définition que la source le permet. Le relief manque parfois de profondeur et les séquences sombres sont très marquées par ce mélange grain / bruit certes volontairement maintenu par l’éditeur mais qui abime tout de même un peu la lisibilité. Rien de catastrophique, loin de là, mais une copie HD à l’ancienne qui n’a pas forcément la précision des standards actuels.
Son
Eléphant nous épargne le mixage DTS HD Master Audio 5.1 anglais à priori pas de plus convaincants, privilégiant les stéréos d’origine avec une version originale sobre mais solide, et un doublage français d’époque donc plutôt soigné.
Interactivité
Petit film soit mais Elephant soigne son édition en proposant en plus d’un livret consacré à la carrière de Michael Caine, un doublon commentaire audio / interview dans lesquels le réalisateur Jan Egleson peut revenir pleinement sur son film, du travail d’adaptation à la sortie peu concluante, en passant par les thématiques sociales et bien entendu les talents du grand Michael Caine. Le monsieur est très intéressant et manifestement ravi de pouvoir défendre son œuvre. Évoqué dans les deux segments, la fin alternative présentée en SD upscallée permet d’apprécier une fin nettement plus morale et nettement moins convaincante tournée uniquement pour rassurer le studio. Enfin, l’éditeur français ajoute une présentation complète du film (roman, filmographie, thèmes…) signée Eddy Moine. On en attendant pas tant.
Liste des bonus
Le livret collector « Sir Michael Caine, cockney et gentleman » par Stéphane Du Mesnildot (24 pages), Commentaire audio de Jan Egleson (VOST), Le Film par Eddy Moine (9’), Entretien avec Jan Egleson (9’), Fin alternative (6’), Bande-annonce d’époque (1’), Bandes-annonces Éléphant Films.







