BLACK MASK

黑俠 – Hong-Kong – 1996
Support : Bluray
Genre : Action
Réalisateur : Daniel Lee
Acteurs : Jet Li, Karen Mok, Lau Ching Wan, Françoise Yip, Anthony Wong, Xiong Xinxin, …
Musique : DJ Revolution, Ben Vaughn
Durée : 100 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Français & Cantonais DTS HD Master Audio 2.0, Cantonais DTS-HD HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Editeur : HK Video
Date de sortie : 9 août 2025
LE PITCH
Ancien membre de la compagnie 701, une unité de soldats d’élites insensibles à la douleur, Tsui Chik mène désormais une existence paisible en tant que bibliothécaire à Hong-Kong. Mais lorsque ses amis sont en danger et que ses anciens compagnons d’armes tentent d’ériger un empire du crime, il devient Black Mask, un justicier sans peur et sans reproches…
Universal Kung-Fu Soldier
Avant Shang-Chi, il y eut Black Mask. Produit par Tsui Hark, librement adapté d’un manhua (les comics chinois) de Li Chi-Tak et entièrement construit autour de la star des arts martiaux Jet Li, le film du méconnu Daniel Lee (très bien épaulé par Tsui en personne et le chorégraphe vedette Yuen Woo-Ping) entendait alors rivaliser avec les blockbusters super-héroïques hollywoodiens de la première moitié des années 90, Batman Forever en tête. Mission largement accomplie puisque l’on se retrouve ici avec un comic book movie bruyant, superficiel et éhontément tape à l’œil.
Deux inspirations évidentes sautent aux yeux dès les premières minutes de Black Mask et bien au-delà. D’une part, le Darkman de Sam Raimi puisque l’on se retrouve ici avec un super-héros dont le seul véritable pouvoir est son insensibilité totale à la douleur, le résultat d’une opération chirurgicale pas bien catholique. Et, comme pour le vengeur du papa d’Evil Dead, le revers de la médaille est une psyché fragilisée (quoique, dans le cas de Black Mask, ce problème soit un chouia plus subtil). Mais on pense ici surtout au Kato du Frelon Vert, le sidekick (et chauffeur) du héros dans la série télé des années 60. Incarné par Bruce Lee et bien évidemment as du kung-fu, Kato a laissé une empreinte indélébile dans l’esprit des spectateurs asiatiques du monde entier. Jet Li étant vu comme le seul héritier digne de la légende du petit dragon depuis le succès des Il était une fois en Chine et de Fist of Legend, le voir revêtir un costume qui soit une citation directe (pour ne pas dire un plagiat) de celui de Kato parachève sa transformation en superstar des arts martiaux.
Pour le reste, le script joue sur tous les clichés en vigueur du comic book movie, à savoir des antagonistes venus du passé du héros, des quiproquos en pagaille sur sa double identité, quelques gadgets, des repaires souterrains à la décoration extravagante (voir le trône du grand méchant), et l’inévitable défaite avant de reprendre du poil de la bête pour un dernier acte riche en bottages de culs. Écrit à huit mains (!), Black Mask s’échine donc à répondre aux attentes aux attentes supposées du spectateur sans jamais chercher à les surprendre. Prévisible, et pas qu’un peu.
The One
Ne vous attendez pas à un quelconque discours sur l’héroïsme, la nature du mal ou même le prix des nouilles à Hong-Kong avant la rétrocession, Black Mask n’a pas d’autres enjeux que de porter en triomphe sa vedette principale. Jet Li est chaste, Jet Li a une morale, Jet Li aime les gens ordinaires, Jet Li respecte la loi et Jet Li est imbattable (mais il sait aussi fendre l’armure quand il le faut). Il ne manque guère plus qu’un gros message « Votez Jet Li » avant le générique de fin pour compléter la panoplie.
Trêve de critiques, la pilule ne passe en fait pas si mal, ne serait-ce que par la grâce des talents ici réunis, un rythme soutenu qui interdit de s’ennuyer davantage qu’une misérable seconde et quelques seconds rôles solides. Très crédible en flic dur à cuire et droit dans ses bottes, Lau Ching-Wan apporte une caution hard-boiled à l’intrigue et son alchimie avec Jet Li est évidente. Rayon féminin, Karen Mok et Françoise Yip s’en tire avec les honneurs de rôles franchement caricaturaux (la bonne copine casse-bonbons et la femme fatale). Enfin, ce grand fou d’Anthony Wong nous fait une fois encore les honneurs d’une prestation bien branque dont il a le secret en mafieux parano et déviant.
Sur la forme, Black Mask appartient corps et âme à son époque et aligne plans biscornus, montage syncopée, lumières flashy, éclairages hyper-contrastés et filtres verdâtres. Bref, quand il ne fait pas du Tsui Hark, Daniel Lee fait du Joel Schumacher et inversement, le tout dans une partouze stylistique aussi périlleuse qu’un plan fixe de 30 secondes chez Michael Bay. Les nostalgiques de cette parenthèse enchantée (Jet Li, entre 1991 et 1997) seront sans doute aux anges.
Image
Black Mask faisait partie de la toute première vague HK Video en DVD en octobre 2001 et proposait déjà un master soigné et respectueux du grain cinéma. Issu d’une nouvelle restauration, ce master nouvelle génération suit la même ligne éditoriale mais ajoute une définition plus pointue et une bien meilleure gestion de la colorimétrie (les filtres verts, ça peut vite déraper). Certains plans sous-exposés pêchent néanmoins.
Son
Une fois n’est pas coutume, la version française en stéréo recueille tous nos suffrages. Non seulement le doublage est très réussi mais ce mixage déborde aussi d’énergie sans trop en faire. Un équilibre parfait. Les versions originales en stéréo et en 5.1 ne déméritent pas pour autant avec de beaux effets mais une harmonie moins évidente.
Interactivité
Le master est neuf, le visuel est neuf, … mais pas l’interactivité. On retrouve donc la featurette de 2001 qui parvenait à englober tous les aspects de la production avec des interviews de Tsui Hark, de Daniel Lee et du duo Julien Carbon/Laurent Courtiaud (scénaristes de Tsui pour la suite Black Mask 2 en 2002). Plaisant, mais ça manque un peu de recul. Mauvais point : on perd au passage la flopée de bandes-annonces d’époque de la collection HK.
Liste des bonus
« Les secrets de Black Mask » (18’), Bande-annonce originale restaurée (3’).







