ACCIDENT DOMESTIQUE

La Mesita del comedor – Espagne – 2022
Support : Bluray
Genre : Comédie, Drame
Réalisateur : Caye Casas
Acteurs : Estefania de los Santos, David Pareja, Claudia Riera, Josep Maria Riera, Eduardo Antuna, Gala Flores …
Musique : Esther Mendez
Image : 2.39 16/9
Son : Espagnol DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 89 minutes
Éditeur : ESC Films
Date de sortie : 17 septembre 2025
LE PITCH
Maria et Jesus, jeunes parents mais déjà un peu vieux couple, décident d’acheter une table basse. Jusqu’ici rien d’anormal. Pourtant, lors de la périlleuse phase de montage de la table, une simple vis manquante transformera bientôt leur existence en un véritable enfer.
A un tour de vis près
En provenance de notre voisin espagnol, si friand en comédie bien noire, le réalisateur Caye Cayas (Matar a Dios) offre un terrible drame familial. De ceux, sordides, dont on ne peut se relever, mais donc on peut manifestement nourrir un film particulièrement, et volontairement, malaisant.
Tout commence avec une table. Celle de la discorde : lourde, moche, d’un goût douteux et couteuse, elle est pourtant pour Jésus son ultime petit signe de rébellion, lui qui a apparemment, accepté tous les diktats de sa compagne. Une table à laquelle il manque malheureusement une vis dans le carton, rendant impossible d’installer la plaque en verre, cerise sur le gâteau de cet objet des plus encombrants. La table crispe les tensions, mais le couple a depuis longtemps perdu son équilibre, et le prénom donné à leur petit bébé, longtemps attendu (mais surtout par elle) est la véritable pierre d’achoppement. Les deux (la table et le bébé donc) sont promis à une collision dramatique, évènement qui fait basculer le film définitivement dans le cauchemar sordide, et entraine le pauvre Jésus dans un piège inextricable qu’il ne peut s’empêcher lui-même de construire de mensonges en omissions. Essentiellement circonscrit dans l’appartement du couple, Accident domestique assiste donc, presque froid et impassable, à l’effondrement terminal d’un homme, qui s’était déjà plus ou moins laissé dévorer par l’existence. Même si quelques notes d’humour ébènes saupoudrent le métrage, tout est sombre et triste ici, plaçant constamment le spectateur dans la position particulièrement gênante de celui qui sait et assiste impuissant à une chute interminable et intensément douloureuse.
Histoire de famille
Ce contraste entre la présence perdue du protagoniste, dévoré par la culpabilité et la souffrance, et les comportements trop légers de son frère et sa compagne (invités justement ce soir-là) et les éternels reproches de sa future femme fait tout le mordant d’un film qui ne fait certainement pas le choix de la facilité et des échappées vaudevillesques ou du burlesque absurde. Le ton froid et presque monocorde d’Accident domestique fait autant la qualité du film que son principal défaut, tant il parait évident que le concept initial, sans véritable « épisode » pour le relancer, a tendance à s’étirer parfois au-delà du raisonnable. Malgré une petite galerie de personnages prometteurs et le décor d’un immeuble middle-class à fort potentiel, Caye Casas ne dévie jamais de son gros plan de Jésus, présenté comme une victime totalement déconstruite (voir annihilée) face à une féminité castratrice (sa compagne), superficielle (la belle-sœur forcément vegan), voir limite perverse (la gamine du dessus et ses fantasmes menaçants)… Les féministes apprécieront sans doute l’intention. On aurait peut-être préféré une réflexion plus large sur la notion d’envahissement (comment ne pas penser ici au compatriote et son génial Mes Chers voisins ? ) et le dévissage moral face à l’impensable et au monstrueux.
Exercice très difficile par nature et offrant ici tout de même quelques bons coups à l’estomac, Accident domestique tient effectivement beaucoup plus du drame, tendance fait divers morbide, que de la comédie noire allumée et ironique. Vous voilà prévenus.
Image
Tourné intégralement avec une batterie de caméras numériques légères, Accident Domestique offre une image bien propre et bien nette, légèrement voilée parfois peut-être, mais toujours comme pour ajouter encore à cette sensation morbide véhiculée par une photographie lourde et grisâtre, sombre et éteinte. Les contrastes sont cependant bien découpés, les noirs tiennent plutôt bien la route, et aucun souci de compression ne vient impacter le cadre.
Son
Que ce soit la piste DTS HD Master Audio 2.0 ou sa collègue 5.1 seule la prestation espagnole est disponible (pas de doublage donc) et ce sont toujours les dialogues et un rendu plutôt frontal qui sont mis en avant. La restitution est claire et équilibrée et la seconde piste distille tout de même quelques petites ambiances discrètes mais naturelles.
Interactivité
L’édition ne comporte comme bonus qu’un court making of filmé sur le plateau. Ce sont les acteurs qui y sont au premier plan avec quelques réflexions sur leurs personnages, leur découverte du scénario et l’esprit du film, entrecoupées de petites images du tournage de scènes clefs. Léger.
Liste des bonus
Making of (13’), Bande-annonce.






