THE MANDALORIAN SAISON 1

Etats-Unis – 2019
Genre : Science-Fiction, Aventure, Série TV
Réalisateurs : Dave Filoni, Rick Famuyiwa, Deborah Chow, Bryce Dallas Howard, Taika Waititi
Acteurs : Pedro Pascal, Gina Carano, Carl Weathers, Werner Herzog, Giancarlo Esposito, …
Musique : Ludwig Göransson
Durée : 180 minutes
Distributeur : Disney +
Date de sortie : 7 avril 2020
LE PITCH
Après la chute de l’Empire, un redoutable chasseur de primes surnommĂ© le Mandalorian accepte une mission d’un mystĂ©rieux client pour rĂ©cupĂ©rer un spĂ©cimen d’une espèce rare, …
Le prix Ă payer
Sans George Lucas aux commandes, quel avenir pour la franchise Star Wars ? Cette question, Disney et Kathleen Kennedy, l’actuelle prĂ©sidente de Lucasfilms, se la pose encore, cinq films, une sĂ©rie et un paquet de critiques plus tard. Pour peu que les costards cravates se montrent un peu plus attentifs que d’habitude, The Mandalorian pourrait leur apporter un Ă©lĂ©ment de rĂ©ponse.
Peu importe ce que l’on en pense, L’Ascension de Skywalker aura au moins servi Ă prouver une chose. L’arc narratif principal de l’univers Star Wars, la saga Skywalker donc, a Ă©tĂ© pressĂ© jusqu’Ă la dernière goutte et n’a plus grand chose Ă offrir si ce n’est un sentiment tenace de lassitude. ImaginĂ© Ă partir d’une simple ligne de dialogue et du texte dĂ©roulant en ouverture d’Un Nouvel Espoir, le scĂ©nario de Rogue One a ouvert de « nouveaux » horizons, exploitant enfin sur grand Ă©cran les richesses d’un univers Ă©tendu bien connu de tous les fans depuis trois dĂ©cennies. Entre les lignes de la grande Histoire, des milliers d’autres attendent encore d’ĂŞtre racontĂ©es. Et pour peu que l’inspiration et les ambitions des cinĂ©astes appelĂ©s Ă poursuivre l’aventure dĂ©passe le cadre de Star Wars et la tentation d’un fan service envahissant (le syndrome « J,J, Abrams », quoi), le filon pourrait s’avĂ©rer inĂ©puisable. Bien assistĂ© par Tony Gilroy, Gareth Edwards a donc rĂ©alisĂ© un grand film de guerre, faisant de Rogue One un hĂ©ritier direct de Quand les aigles attaquent et des Douze Salopards tout juste agrĂ©mentĂ© des camĂ©os de Dark Vador, de la princesse LeĂŻa et du Grand Moff Tarkin. SupervisĂ©e par Jon Favreau, la sĂ©rie The Mandalorian suit la mĂŞme tendance prometteuse, abordant une timeline (le chaos suivant la chute de l’Empereur et de sa dictature galactique) relativement peu exploitĂ©e et empruntant aux archĂ©types de Sergio Leone, Akira Kurosawa et Kenji Misumi. Soit une enfilade rocambolesque de lieux malfamĂ©s, de tronches patibulaires, de coups bas et de gadgets meurtriers gravitant autour d’un hĂ©ros mutique et ambigu, ronin masquĂ© au code d’honneur immuable (« This is the way, »).
Lone Wolf & Cub
La simplicitĂ© narrative de cette première salve de huit Ă©pisodes est Ă la fois une qualitĂ© mais aussi le seul vĂ©ritable dĂ©faut de The Mandalorian. Chaque Ă©pisode rĂ©pond Ă des enjeux qui se rĂ©sument souvent Ă un seul mot, Ă un seul verbe : protĂ©ger, rĂ©cupĂ©rer, survivre, obtenir. Ce que l’on gagne en plaisir immĂ©diat, on le perd inĂ©vitablement en perspectives de dĂ©veloppement et les grandes lignes de la seconde saison Ă venir sont encore floues et pas forcĂ©ment excitantes. Le grand mĂ©chant (Giancarlo « Gustavo Fring » Esposito) brandit un darksaber et les origines tout comme l’utilitĂ© de l’Enfant (une adorable marionnette qu’il serait utile de ne plus appeler Baby Yoda!) restent encore Ă dĂ©finir. Les bases sont minces.
Pourtant avec des Ă©pisodes aussi courts que spectaculaires et confiĂ©s Ă une Ă©quipe de rĂ©alisateurs et de rĂ©alisatrices solides, impossible de crier Ă la dĂ©ception. MaĂ®tre d’œuvre de la sĂ©rie Clone Wars, Dave Filoni emballe un pilote d’une grande classe et s’offre un retour savoureux sur Tatooine. D’origine nigĂ©riane, Rick Famuyiwa stagne un peu sur un Ă©pisode 2 anonyme mais se rattrape avec l’Ă©pisode 6, casse mĂ©morable dans une prison de haute sĂ©curitĂ© oĂą les trahisons s’enchaĂ®nent avec bonheur. Combinant une expĂ©rience dans le cinĂ©ma indĂ©pendant et la tĂ©lĂ©vision (la sĂ©rie Mr Robot), Deborah Chow fait preuve d’un vrai sens de l’action, surtout lors de la conclusion Ă©pique de l’Ă©pisode 3 et de celle, tragique, de l’Ă©pisode 7. Pour ses dĂ©buts derrière la camĂ©ra, Bryce Dallas Howard surprend par sa relecture des Sept SamouraĂŻs avec un talent et une sensibilitĂ© proche de son paternel. Mais le clou du spectacle, c’est Ă l’incontournable Taika Waititi qu’on le doit, son Ă©pisode final combinant Ă merveille humour, action et Ă©motion. Ajoutez Ă ce cocktail un casting en bĂŞton armĂ© menĂ© par un Pedro Pascal qui, sous le masque de l’anti-hĂ©ros en titre, ne perd jamais une once de son charisme latin, un score Ă©lectrique, percussif et mĂ©morable du suĂ©dois Ludwig Göransson et des effets spĂ©ciaux qui tirent le meilleur parti d’un budget forcĂ©ment moins Ă©levĂ© que pour les longs-mĂ©trages et des gĂ©nĂ©riques de fin oĂą dĂ©filent des concept arts somptueux et vous obtenez une vĂ©ritable petite bombe qui redonne foi en Star Wars. A suivre.








