SPACE BOY T.1

États-Unis – 2015
Genre : Science-Fiction
Scénariste et illustrateur : Stephen McCranie
Nombre de pages : 248
Éditeur : Akileos
Date de Sortie : 3 juin 2020
LE PITCH
Pour Amy, nous avons tous une saveur. Sa mère a la saveur de la menthe : vive et lumineuse. Son père est comme un chocolat chaud : doux et plein d’une agréable chaleur.
Amy vit dans une colonie minière dans l’espace lointain, mais le jour où son père perd son emploi, toute la famille est obligée de retourner sur Terre. Amy dit au revoir à sa meilleure amie, Jemmah, monte à bord d’une fusée à destination de sa nouvelle maison, et prend place dans un cryotube où elle passera les trente prochaines années, figée dans un état d’animation suspendue.
Oh ! You Pretty Things
Nouvelle jolie découverte pour Akileos qui traduit ici un webcomic particulièrement suivi depuis ses premières pages apparues en 2015 sur la plateforme Webtoons. Un voyage dans le futur plein d’optimisme, de fraicheur, de délicatesse et d’émotions. Y a pas à dire : ça change.
Cela doit parfois être étouffant d’être un jeune lecteur de nos jours, ne trouvant que difficilement quelques notes d’espoir pour compenser une actualité pas franchement réjouissante. Repoussant la formule consacrée de la dystopie désespérée et son horizon sans lendemain, Stephen McCranie évolue à contre-courant, traversant un lointain futur lumineux, pas parfait bien entendu, mais où une jeune fille peut avoir encore le temps d’entrer dans la vie comme une authentique adolescente. Après un voyage cryogénique d’une trentaine d’année, son arrivée dans cette nouvelle ville, terrienne de surcroit, ressemble finalement à rien d’autre que c’elle d’une élève emménagée sous peu, perturbée par l’abandon de ses habitudes et la séparation douloureuse avec son groupe d’amis. La difficulté de se faire à cette nouvelle vie, de s’intégrer, se faire des amis…
Space Oddity
Une chronique adolescente tout en douceur où le caractère émerveillé d’Amy fait beaucoup dans le charme de ces petites journées qui se suivent au grès des découvertes de nouvelles technologies ultra-connectées (abordées avec subtilité et sans jugement hâtif), des rencontres avec une nature florissante et parfaitement préservée, des toutes petites querelles familiales et bien entendu des évocations de ce petite mystère : qui est le jeune homme sans saveur qui traverse parfois les salles de classes ? C’est qu’Amy a la particularité d’avoir une synesthésie qui lui fait ressentir les autres comme des saveurs, entre gouts et parfums, qui apportent forcément un peu de poésie dans sa description du monde. On se doute que McCranie prépare en amorce un mélange de comédie romantique et de suspens SF qui seront plus étoffés dans les volumes à venir, mais le premier tome est marqué par cette délicate justesse dans l’évocation de l’adolescence, où forcément les sentiments sont la constituante première. Et sans sentimentalisme. Proposé sous un format poche idéal, Space Boy est naturellement tout aussi coloré dans ses planches souvent épurées, aux lignes simples mais évocatrices, où les rondeurs de nos personnages, se marient à la perfection à l’abstraction des paysages et aux propositions futuristes qui fleurent bon la nostalgie des 50’s. Simple mais pas simpliste.



