JUDGE DREDD : AFFAIRES CLASSÉES T.5

2000 AD Progs 156-207 – Royaume-Uni – 1980/1981
Genre : Science-Fiction, Action
Scénaristes : John Wagner, Alan Grant, Kelvin Gosnell
Illustrateurs : Brian Bolland, Mick McMahon, Ian Gibson, Ron Smith, Brett Ewins, Steve Dillon
Nombre de pages : 392
Éditeur : Delirium
Date de Sortie : 20 août 2020
LE PITCH
Découvrez enfin de nouvelles aventures cultes de JUDGE DREDD dans ce cinquième volume des Affaires Classées ! Avec en ouverture la grande saga de «l’Enfant-Juge», nous poursuivons l’exploration de l’univers futuriste totalitaire et absurde du Juge le plus implacable de MEGA-CITY ONE.
Judgment Time !
Rien n’arrête le Juge et Dredd est de retour pour une cinquième intégrale signée Delirium consacrée à la production faramineuse des années 80 et 81 publiée dans la revue culte 2000 AD. C’est british, c’est bourrin, c’est méchant et forcément… ça dépote toujours autant.
Publié un temps par une branche comics de Soleil sous la forme de recueils souples et à la traduction pas toujours idéale, les premières affaires de Judge Dredd ont depuis quelques temps trouvé une terre d’accueil beaucoup plus chaleureuse et soignée chez Delirium. Volume en couverture dure, planches entièrement restaurées, traduction au poil et couvertures en couleurs font clairement beaucoup plus honneur à l’aspect totalement culte du titre. Et ce cinquième volume atteste visiblement de l’envolée manifeste du personnage en ce tout début des années 80, devenu en quelques années la figure de proue de la revue qui la vue naître. Un personnage déjà culte, vision outrancière d’une société anglo-saxonne en pleine dérive droitière et conservatrice (Thatcher et Reagan venaient de gagner glorieusement les élections), mais finalement encore jeune, cantonné dans un rôle récurent de gimmick humoristique dans un défilé d’histoires courtes à l’humour farouchement noir. Une formule forcément un peu étriquée au bout d’un moment. D’où l’envie de John Wagner (crédité sous le pseudo John Howard) d’embarquer sa création vers une aventure plus épique, plus rocambolesque, permettant surtout d’extraire le personnage de sa city et de le confronter au reste de la galaxie, ou une partie du moins. Découpée en une vingtaine de chapitre, pour pas moins de 150 pages, la saga de L’enfant juge lance Dredd sur la piste d’un gamin doté de pouvoir divinatoire, censé incarner dans le futur le sauveur du monde. Rien que ça !
Convicted
L’occasion surtout de se balader de planète en planète, de faire la rencontre avec les Angels, famille de truands dégénérés pas loin de Massacre à la tronçonneuse (vaguement aperçus dans le film avec Stallone), de découvrir que le syndrome de Pluton fait tomber les être humain en pièces façon puzzle, qu’une secte glorifiant les détritus auraient pu régner sur l’univers, et que Dredd n’aime vraiment pas les moustaches. C’est vrai que ça fait négligé. Inflexible, impassible, immuable, mais du coup doté d’un humour involontaire totalement irrésistible, le Juge traverse les mondes et les histoires, parfois en personnage principal, parfois en simple témoin, mais en laissant toujours sur son chemin une montagne de cadavres, satanés contrevenants ayant eu la mauvaise idée de dévier d’une route bien ferme et droite. Forcément toujours aussi chaotique par sa fragmentation en très courts chapitres de 4 ou 5 pages et la profusion d’illustrateurs (les très grands Brian Bolland, l’énergique Mike McMahon, le solide Ron Smith et un petit débutant du nom de Steve Dillon) qui s’enchaînent pour un résultat inégal à l’occasion, mais toujours percutant, ces pages foisonnent d’idées SF totalement délirantes, brassant les tons, les genres, mais culminant dans une farce vorace, une critique féroce du monde moderne : société de divertissement, chirurgie esthétique, star system, course consumériste à la modernité… Et même un assaut d’une troupe de pirates mutants dirigée par une pieuvre géante peut devenir l’occasion d’une évocation vacharde et nihiliste de la Guerre froide.
Tout y passe et tout est possible dans la Babylone du futur qu’est Mega City One, mais où finalement le trait ne semble parfois pas si forcé que cela. Définitivement réjouissant.



