THE WOMAN IN THE YARD

Etats-Unis – 2025
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Jaume Collet-Serra
Acteurs : Danielle Deadwyler, Okwui Okpokwasili, Peyton Jackson, Estella Kahika, Russell Hornsby…
Musique : Lorne Balfe
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais Dolby TrueHD 7.1, Français Dolby Digital Plus 7.1, Espagnol Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français, Anglais, Espagnol…
Durée : 88 minutes
Editeur : Universal Pictures Home Entertainment
Date de sortie : 6 août 2025
LE PITCH
Ramona, une femme accablée par le chagrin, a survécu à un accident de voiture fatal à son mari. Gravement blessée, Ramona doit s’occuper de son fils de 14 ans et de sa fille de six ans, seule dans une ferme rurale. Un jour, une femme apparaît dans leur jardin.
La veille folle sur le gazon
Après s’être perdu du coté des revenges-flicks avec Liam Neeson (Sans identité) et des blockbusters justement ou injustement boudés (Black Adam, Jungle Cruise), Jaume Collet-Serra revient à ses premiers amours : l’horreur, la vraie ! Enfin, la fameuse « elevated horror », celle qui fait réfléchir…
A ses débuts Jaume Collet-Serra ne jouait pas vraiment sur ces notes réflectives et ce besoin qu’a une partie de la branche horreur actuelle de surligner ses réflexions sociétales ou psychologiques. Le très généreux et bourrin La Maison de cire ou le bien dérangeant Esther, avait marqué l’apparition d’un jeune cinéaste à l’esthétique marquée et fouillée embrassant le genre avec ferveur. 15 ans plus tard, désormais bien intégré et quelque peu digéré par l’industrie, ce dernier collabore avec Blumhouse pour une proposition aussi simple qu’intriguante : une femme habillée de vêtements d’enterrement est assise au bout du jardin de la demeure isolée d’une femme et ses deux enfants. Une présence presque muette, inquiétante, qui semble inatteignable, et qui parfois laisse échapper des murmures en forme de menaces. Un dispositif narratif simple qui, marié à une photographie subtile signée Pawel Pogorzelski (Hérédité, Midsommar…) marque une entrée en matière plutôt réussie, suivant avec sobriété le jaillissement de cette silhouette dans le quotidien d’une petite famille déjà marqué par le deuil, suite à la mort du père dans cet accident de voiture qui a laissé son épouse avec une jambe cassée.
Intrusion
L’équilibre entre eux semble déjà brisé, alors que Ramona (Danielle Deadwyler vue dans I Saw the TV Glow) rongée par l’impuissance, la colère et qui, on le comprendra très vite, s’en prend régulièrement à ses enfants. Un petit quelque chose d’un high-concept à la Quatrième dimension remodelé par les ambitions d’un Jordan Peele (Get Out, Us) mais où trop vite le spectateur comprend qu’il ne s’agira là en définitive que d’une nouvelle allégorie horrifique de la condition humaine. Sans surprise, la créature fantomatique finalement pas si immobile que cela va se révéler la personnification des tourments, violents et suicidaires, de la mère. Sans surprise non plus l’opposition bien marquée entre l’intérieur rassurant et l’extérieur menaçant va se muer en home invasion de l’au-delà jalonné d’ombres se baladant sur tous les murs, de jumpscares basiques, de grands moments révélations / émotions et d’un final en forme de réparation bien trop facile. Clairement Woman in the Yard ne tient pas sur la longueur, bazardant son idée de départ par la fenêtre dès que la nécessité de se réinventer pointe son nez, s’engouffrant dans le huis clos un peu pauvret où la mise en scène, trop propre, et les dialogues, trop signifiants, manquent constamment d’intensité, de failles, de rugosité.
Trop lisse, trop appliqué à l’idée de donner un sens et une intelligence visible à son film, Jaume Collet-Serra accouche d’une production Blumhouse supplémentaire : maline sur le papier mais bien trop vide et anecdotique à l’arrivée. Dommage.
Image
Universal fournit une copie tout à fait solide. La source numérique initiale est évidente et le film manquera forcément un peu d’intensité, de grain et matières, mais il dispose avec beaucoup de soin les différentes textures, fibres de vêtements ou satinés de peau. Le Bluray accompagne aussi avec ferveur les évolutions de la lumière naturelle, du lever du soleil jusqu’à la nuit profonde, et les ambiances les plus écrasantes. Dans les séquences les plus sombres le support Bluray montre tout de même de toutes petites limites, glissant vers le léger flou et un relief plus plat, mais rien de bien grave.
Son
Aucun reproche à faire à la piste anglaise Dolby TrueHD 7.1 qui s’approche sans effort de performances enveloppantes et riches dignes d’un Dolby Atmos. Si les dialogues sont mis en avant durant les premières séquences, très vite une dynamique plus poussée prend le pas et emporte le film vers des sensations plus envahissantes et percutantes. Très efficace. A noter que le doublage français, générique dans le jeu, s’en sort plutôt bien dans sa spatialisation.
Interactivité
Du grand classique avec un petit making of promo carré mais un peu vide ou seules quelques bribes sur les intentions thématiques de Jaume Collet-Serra sont délivrées. Suit un petit segment sur le personnage mystérieux de la femme en noire permettant de voir l’actrice Okwui Okpokwasili sans le maquillage. Très court.
Liste des bonus
Making of (8’), Sous le voile (5’).





