THE MASTER

黃飛鴻’92之龍行天下 – Hong Kong – 1992
Support : Bluray
Genre : Action
Réalisateur : Tsui Hark
Acteurs : Jet Li, Yuen Wah, Crystal Kwok, Jerry Trimble, Anne Rickets, Rueben Gonzales…
Musique : Lam Yee Tat
Image : 1.33 16/9
Son : Cantonnais et Français DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 93 minutes
Editeur : HK Vidéo
Date de sortie : 9 août 2025
LE PITCH
Etudiant en kung-fu, le jeune Jet se rend aux Etats-Unis à la recherche de son maître qui a disparu. Celui-ci qui vendait des herbes et des plantes médicinales, a été passé à tabac par la bande de l’arrogant Johnny, un champion d’arts martiaux qui entend régner sur les gangs de la ville. Pour atteindre ce but, il se doit d’éliminer Jet…
Les Apprentis
Conçu comme un véhicule à ambitions internationales pour la jeune star Jet Li, The Master reste pour beaucoup l’une des réalisations les moins mémorables du pourtant inventif Tsui Hark. Un film terriblement bancal, pas franchement finaud mais sauvé effectivement par quelques grandes scènes d’action.
Dès le départ d’ailleurs The Master n’a rien d’un projet personnel pour Tsui Hark, se contenant d’accepter la commande des patrons de la Golden Harvest qui rêvent de faire de Jet Li le troisième dragon après Bruce Lee et Jackie Chan. Soucis, le jeune acteur de Chine continentale, déjà remarqué sur la trilogie Shaolin (Le Temple de Shaolin, Les Enfants de Shaolin, Les Arts Martiaux de Shaolin) n’a pas encore son visa pour tourner à Hong-Kong et l’idée nait alors de tenter l’opération de séduction in USA où vit ce dernier. Bien entendu rien ne sera vraiment simple durant le tournage, où le scénario sera rédigé au jour le jour, où le metteur en scène peinera à se faire suivre dans ses expérimentations par l’équipe américaine et où la collaboration avec Jet Li n’aura rien du fleuve tranquille avec en prime une blessure au poignet qui impactera de nombreuses scènes et en particulier le final. Difficile de faire un chef d’œuvre dans cette entreprise déracinée, mais on peine de toute façon à reconnaitre véritablement la patte frénétique de l’auteur de Zu, le film s’embourbant dans une trame franchement basique confrontant un jeune adepte des arts-martiaux venus retrouver son maitre (Yuen Wah très convaincant) en Amérique et devant le sauver des griffes d’un méchant américain à mulet (Jerry Trimble) s’évertuant à massacrer tous les dojos du coin pour devenir le roi des arts martiaux.
Lost in translation
Un soupçon de Karaté Kid jusque dans les looks très Cobra Kaï, une histoire d’amour bien timide avec la jolie Crystal Kwok, mais surtout un récit qui ne trouve jamais sa place dans cette illustration clichée à mort des USA des années 80 (avec un soupçon de caricature limite raciste envers les latinos et noirs) entrecoupé de scènes de comédie assez lourdingues dans lesquels Jet Li est manifestement très mal à l’aise. Le pire reste bien entendu l’ensemble du casting américains, terriblement mauvais voir totalement inutile comme cette jeune gymnase aux airs de garçonne dont on se demande encore ce qu’elle fout là. Bricolé à même l’écran, The Master n’échappe pas au ridicule, à quelques accents nanars, mais garde tout de même une aura sympathique grâce à son rythme particulièrement soutenu et de vraies très bonnes scènes de combats chorégraphiées par Brandy Yuen et Yuen Wah (Mr Vampire, Eastern Condors, Les Guerriers du temps…) où affleure déjà l’intérêt de Tsui Hark pour l’utilisation d’éléments du décor et de cadres inattendus. Le combat quasiment circonscris à la surface d’une voiture reste une belle prouesse, et le grand final sur le toit d’un immeuble entre assauts de masse, cascades risquées au-dessus du vide et duel virtuose et nerveux laissent le spectateur sur une note positive. Le film ne satisfera cependant pas grand monde, Tsui Hark et Jet Li compris, et la Golden Harvest préfèrera enterrer discrètement l’objet. Nous sommes en 1989 et il faudra attendre presque trois ans et surtout le succès du génial Il était une fois en Chine, cette fois-ci véritable résurrection du cinéma d’arts martiaux HK, pour que le plus modeste The Master pointe son nez sur grand écran, re-titré même abusivement Wong Fei Hong ‘92 tant qu’à faire.
Quelques bons moments, mais certainement pas un grand film, The Master aura effectivement servis de tremplin au duo Tsui Hark et Jet Li qui y firent leurs premières armes ensemble, apprirent à trouver un terrain d’entente (qui restera fragile comme le prouvera la suite) pour donner naissance dans la foulée à l’un des summums de leurs carrières respectives. On peut au moins l’apprécier pour cela.
Image
The Master profite d’une superbe copie héritée d’une restauration effectuée à partir d’un scan 2K des négatifs originaux. Le nettoyage a été particulièrement appuyé, offrant des cadres d’une propreté inattendue et ce sans jamais dénaturer les textures et surtout le grain, naturellement persistant et organique. De jolis reflets argentiques, mais surtout un traitement généreux des couleurs donnent au film un vrai coup frais, sans doute plus pimpant ici qu’il ne l’avait jamais été.
Son
Les nouvelles pistes DTS HD Master Audio 5.1 ne sont pas désagréables, mais pas indispensables non plus, s’essayant à quelques effets dynamiques et à quelques ambiances sans jamais s’imposer. On préfèrera les plus simples et directes stéréos d’époque, mixées en DTS HD Master Audio 2.0, avec une nette préférence pour les voix cantonaises plus convaincantes… même si le doublage est moins catastrophique que beaucoup d’autres.
Interactivité
Pas beaucoup d’élément à se mettre sous la dent, et surtout par d’interview de Tsui Hark ou de Jet Li pour véritablement revenir sur les motivations derrières le film et la collaboration entre les deux. Il faudra se contenter d’une courte rencontre avec l’acteur et chorégraphe Yuen Wah qui évoque très brièvement le regard porté sur la communauté chinoise en Amérique, souligne les talents de Jet Li et se montre un peu plus didactique lorsqu’il compare le kung fu de l’Opéra de Pékin avec celui de Shaolin.
Liste des bonus
Interview de Yuen Wah (16’), Bandes-annonces.







