RUNNING OUT OF TIME I & II

暗戰 , 暗戰2 – Hong-Kong – 1999, 2001
Support : Bluray
Genre : Thriller, Action
Réalisateur : Johnnie To, Law Wing-Cheong
Acteurs : Andy Lau, Ching-Wan Lau, YoYo Mung, Shiu-Hung Hui, Waise Lee, Ekin Cheng Yee-Kin, Kelly Lin, Suet Lam …
Musique : Raymond Wong
Image : 1.85 16/9
Son : Cantonnais DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 93 et 95 minutes
Editeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 31 mai 2025
LE PITCH
Running Out of Time : Wah est un voleur de génie qui se sait condamné par la maladie. Pour ses derniers jours à vivre, il décide de se lancer un incroyable défi : se mettre à dos toute la police de Hong Kong et engager un jeu de folles poursuites. Il provoque volontairement le meilleur flic de la ville, Sang, un négociateur hors pair aux méthodes peu orthodoxes…
Running Out of Time 2 : Ho Sheung Sang se retrouve pris dans un nouveau jeu du chat et de la souris, cette fois contre un magicien rusé.
Jouer au flic et aux voleurs
Produits alors que la société Milkyway de Johnnie To était parfaitement installée comme la marque d’un renouveau du cinéma HK et enchainait les succès, Running Out of Time et sa suite s’offrirent eux aussi un joli carton sur l’archipel et à l’international. Deux divertissements parfaitement servis par des duos d’acteurs tout à fait charismatiques et un sens de la désinvolture tout à fait séduisant.
Rédigé au départ par les scénaristes français Julien Carbon et Laurent Courtiaud (Le Talisman, Black Mask 2, Les Nuits rouges du bourreau de Jade), deux anciennes plumes de la revue HK Video, Running Out of Time n’était pas le film le plus musclé de son époque ni le plus tendu à sortir de la maison Milkyway. Très occupé et enchainant les cartons polars avec des titres comme The Longest Nite, Expect the Unexpected, A Hero Never Dies ou les The Mission et Fulltime Killer à venir par la suite, Johnnie To semblerait presque aborder le métrage comme une récréation de luxe. Quelques scènes de poursuites en voiture ponctuent le récit, les gunfights s’achèvent en un éclair, et finalement les instants les plus spectaculaires viendraient plutôt ici de l’orchestration des divers braquages imaginés par l’insaisissable Cheung. L’argument d’un véritable jeu du chat et la souris entre un voleur de talent et adepte du déguisement condamné par une maladie incurable et un négociateur instinctif et retors qui va rapidement se rendre compte que les motivations de son opposant ne se résument pas au plaisir du show. Toujours doué et surtout solide dans sa réalisation, Johnnie To met alors en place un véritable tango entre les deux hommes, compétition ludique et joute presque amicale où éclatent à chaque instant autant le charisme des excellents Andy Lau (il obtiendra le prix du meilleur acteur au Hong Kong Film Award pour le rôle) et Ching-Wan Lau (Full Alert, Lifeline, Victim…) que leur alchimie évidente à l’écran. Plus élégant qu’énervé en sommes, Running Out of Time n’est certes pas des plus originales dans son dispositif, mais fonctionne tout de même parfaitement en apportant un soin très appréciable à l’écriture des personnages, en étoffant avec beaucoup d’humour la petite vie du commissariat malmené et en élevant le tout grâce à quelques instances dramatiques et romantiques toujours bien placées. Johnni To manie toujours à merveille la figure du duo et élabore ici quelques effets de miroirs, de rapprochements et d’éloignements, qui aboutissent à quelques parenthèses (courtes) contemplatives et une fuite en voiture finale marquée par un joli charme mélancolique.
Tour de passe-passe
Une réussite donc pour le réalisateur et la Milkyway qui, malgré l’issue funeste annoncée du personnage d’Andy Lau (c’est annoncé dès le départ, pas de spoiler), imagine deux ans plus tard un second épisode cette fois-ci sans les auteurs français et bien entendu sans la star en question. Ching-Wan Lau rempile heureusement dans le rôle du flic malin et tenace et devient véritablement le centre du film, ce dernier insistant plus encore sur ses prises de bec avec son supérieur totalement largué (Shiu-Hung Hui au jeu outrancier et presque gaguesque) et prenant même le temps d’amorcer une possible romance avec la jolie Kelly Lin. L’acteur est une nouvelle fois formidable, enjoleur et habitant un personnage décidément très attachant qui se retrouve confronté cette fois-ci, sur fond de magouille financière, à un voleur / magicien incarné par Ekin Cheng, ancien jeune espoir vu dans Young and Dangerous, The Stormriders ou A Man Called Hero. On ne retrouve pas tout à fait ici la dynamique assez équilibrée du premier film et Running Out Of Time 2 joue forcément dans la catégorie en dessous. Cela ne l’empêche pas de rester un divertissement très honorable qui sait justement jouer de la comparaison inévitable avec le premier opus pour multiplier les clins d’œil et les détournements de passage obligés… jusqu’à la parodie presque lorsque les deux compères, après une interminable poursuite à pied (entrecoupée de pauses sandwich), terminent leur aventure en vélo ! Une suite qui ne se prend clairement pas au sérieux signée certes sur l’affiche par Johnnie To, mais sans doute plus probablement essentiellement tourné par son solide assistant Wing-Cheong Law (The Longest Nite, Judo, PTU…) comme cela était régulièrement la coutume à la Milkyway.
Un diptyque enfin réuni en France (le second était toujours inédit en vidéo) symbole de la bonne santé et de l’efficacité des productions Johnnie To / Milkyway au tournant des années 2000. Des castings parfaitement réussis pour des films de braquage / poursuite soigneusement emballés et dont le protagoniste principal, le policier Ho Sheung Sang, aurait tout à fait pu revenir pour une troisième aventure du même acabit. On aurait sans doute pas dit non.
Image
Restaurés par Fortune Star, les deux opus de Running Out of Time semblent bien plus en forme que sur les anciens DVD ou même sur que sur les Bluray première génération qui étaient apparus il y a quelques années. On note quelques légères fluctuations de lumières ou de teintes parfois, des plans au grain plus proéminent et à la densité moins ancrée, mais l’ensemble des métrages assurent une restitution tout à fait solide profitant de cadres harmonieusement nettoyés, de contrastes bien appuyés, de couleurs rafraichies voire éclatantes et de noirs bien campés. Pas d’utilisation d’outil de lissage ou de réducteur de grain visible, les deux métrages préservent leurs aspérités typiques du ciné HK de ces années-là.
Son
Les remixages 5.1 ne sont pas toujours des plus impactants sur les films chinois des années 2000 et sonnent parfois avec une certaine artificialité. Si parfois quelques échanges laissent échapper de courtes baisses de régimes avec un niveau sonores étonnement plus bas, les versions originales cantonaises proposent tout de même une agréable dynamique plus enveloppante que percutante, avec un souci tout particulier sur la restitution des grands morceaux pops de la bande originale.
Interactivité
Proposé à nouveau avec un très beau visuel dessiné par Tony Stella, le bipac Running Out of Time est proposé avec son fourreau cartonné et son boitier scanavo double reprenant là le visuel initial du premier film. Les bonus vidéo sont concentrés sur le disque de ce dernier et reprennent les suppléments d’archives dont certains étaient déjà présents sur le DVD de CTV il y a vingt ans avec une petite série d’interviews donnant la parole à un Johnnie To en mode chef d’entreprise, l’acteur Lau Ching-wan qui ne cache pas l’indisponibilité d’Andy Lau et le compositeur Raymond Chong qui évoque ses méthodes, ses influences le film en présence mais aussi ses autres travaux pour la société Milkyway. Il y est aussi bien entendu beaucoup question de nos deux scénaristes français Julien Carton et Laurent Courtiaud qui par leur interview dédiée mais aussi le documentaire « Hong Kong Stories » partagent leurs grandes aventures HK, les constantes réécritures et changements de productions sur Running Out of Time et d’autres, et nous permettent même de croiser Tsui Hark et Wong Kar Wai en cours de route.
Liste des bonus
« Hong Kong Stories » : Documentaire d’Yves Montmayeur (50’), Interviews de Julien Carton et Laurent Courtiaud (22’), Johnnie To (12’), Lau Ching-wan (25’) et Raymond Chong (27’), Bandes-annonces.







