RE-ANIMATOR

États-Unis – 1985
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur, Comédie
Réalisateur : Stuart Gordon
Acteurs : Jeffrey Combs, Bruce Abbott, Barbara Crampton, David Gale, Robert Sampson…
Musique : Richard Band
Durée : 87 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 5.1 et 1.0
Sous-titres : Français
Éditeur : The Ecstasy of Films
Date de sortie : 04 avril 2019
LE PITCH
Herbert West, un étudiant en médecine, arrive dans l’université Miskatonic à Arkham, dans le Massachusetts, où il suit les cours du professeur Carl Hill sur la physionomie et le fonctionnement du cerveau. Très vite, les deux hommes s’opposent car West prétend pouvoir vaincre la mort. Dans la cave transformée en laboratoire de Dan Cain, un autre étudiant, West met au point une étrange mixture qui, selon lui, permettrait de réanimer les morts. Le chat de Dan est ainsi ramené à la vie…
Viens voir le docteur, non n’aie pas peur…
Sans doute quelque peu échaudé par l’expérience monumentale de la version live du célèbre Popeye avec Robin Williams et Shelly Duvall, Robert Altman (The Player, Short Cuts, Gosford Park…) revient un cinéma plus modeste pour Reviens Jimmy Dean, Reviens, adaptation d’une pièce chorale à succès effectivement nettement plus psychologique que fantaisiste.
Bardé de prix en tous genres, auréolé d’une projection évènement à Cannes, d’un joli succès en salle et d’un gigantesque carton en vidéo, Re-Animator est cependant, et on l’oublie souvent, au départ un projet des plus modestes. Jeune metteur en scène de théatre contemporain, Stuart Gordon découvre sur le tard les écrits du grand H.P. Lovecraft et se passionne plus particulièrement pour la nouvelle Herbert West, réanimateur, qu’il imagine tout d’abord comme une minisérie en six épisodes. En avance sur son temps (ce format n’est encore pas du tout répandu) et certainement trop violent pour les networks d’alors, il revoit sa copie, regroupe la plupart des évènements dans un unique scénario que le producteur débutant Brian Yuzna (futur réalisateur des deux suites, de Society et autres friandises) imagine tout à fait comme son premier projet d’envergure. Il réussit d’ailleurs dans la foulée à convaincre la toute petite firme Empire, spécialiste de zéderie fauchée, de passer à la vitesse supérieure. Avec autant d’amour et d’espoirs à concrétiser, Re-Animator est sur la bonne voie.
En salle d’opération
Véritable florilège de délires absolument gores et grotesques, défilé de cadavres ambulants revenus à la vie dans des états très variables, Re-Animator est avant tout connu comme l’un des meilleurs descendants de l’ancien théâtre de Grand Guignol : Chat presque coupé en deux qui continue à miauler de douleur, chirurgien réduit à une tête dans un bac, zombis dénudés et abimés qui sautent à la gorge des gentils internes, torse qui s’ouvre en deux pour laisser s’échapper des tripes aussi attachantes qu’un anaconda… On a souvent tôt fait de réduire Re-Animator à la pure pochade, généreuse en hémoglobine, en effets spéciaux bricolés (avec grand talent il faut le préciser) et en humour noir dévastateur. Mais au-delà d’une séquence culte donnant une illustration inédite au terme « giving head », ce petit bijou du cinéma d’horreur est tout autant un objet admirablement confectionné. Si on sait aujourd’hui l’influence considérable qu’a apporté le chef opérateur Mac Ahlberg (ancien metteur en scène de nudies suédois) sur le jeune Stuart Gordon (voir le making of), le résultat n’en reste pas moins toujours aussi admirable à la fois pour des questions purement formelles (photographie, cadrages, fluidité de la mise en scène, montage) que par le talent déployé pour constamment cacher la misère par des astuces aussi simples qu’habiles.
Don de greffes
Un défilé de petites prouesses à coup de jeu d’ombre et de hors-champs, constamment habité par une troupe d’acteur inconnus, mais constamment crédibles, devant lesquels trône l’incroyable Jeffrey Combs. Un futur incontournable de Star Trek, et un agent du FBI psychopathe inoubliable dans le Fantômes contre fantômes de Peter Jackson, il est déjà ici un savant fou sociopathe, rappelant par son jeu nuancé et légèrement froid les grands moments de Peter Cushing pour les Frankenstein de la Hammer. Une référence avouée, et pleinement assumée, que Stuart Gordon s’amuse à transformer en mélodrame halluciné, en rectangle amoureux totalement déviant. Jeune espoir de la chirurgie le pauvre Dan doit choisir entre le pouvoir de la science amorale représentée par Herbert West et une vie charnelle avec la jolie blonde (Barbara Crampton qui se livre corps et âme), tandis que cette dernière est l’obsession d’un Dr Carl Hill prenant son pied en pratiquant les autopsies. Le plus fou finalement dans Re-Animator est que ce mélange constant des genres, cette plongée accélérée dans le baroque et cette réunion d’idées totalement « what the fuck ? » fonctionne totalement et sans aucun faux pas. Increvable.
Image
Si quelques pays avaient déjà connu des moutures Bluray de Re-Animator, les petits fans français en étaient restés au DVD collector (très honorable) de Metropolitan. Cependant passer de cette copie SD forcément datée à ce master de dernière bourre risque de donner quelques bouffées de chaleur. Et pour cause, restauré avec un soin maniaque à partir du négatif original 35mm (et quelques éléments de l’interpositif) le film a été scanné en 4K avant d’être nettoyé digitalement afin de faire disparaitre 95% des taches, griffures tandis que certains photogrammes distordus voir manquants étaient habilement remplacés. Si les plus acerbes pourront apercevoir quelques reliquats d’anciens dégâts ou autres points blancs, ceux-ci sont tous très rares et disparaissent en quelques millisecondes. Le rendu d’ensemble est donc plus beau que jamais, et ce dans les deux montages, avec un soin tout aussi inédit apporté à la colorimétrie qui a permis d’homogénéiser la palette de couleur, presque plus naturelle, sans perdre de vue quelques teintes plus saturées (le vert fluo) et des noirs d’encre. Associé à un piqué puissant qui offre une plus grande efficacité encore aux effets spéciaux et une gestion admirable du grain de pellicule, ce master est une petite merveille.
Son
Pas vraiment désagréables, mais pas vraiment indispensables non plus, les nouveaux mixages DTS HD Master Audio 5.1 tentent bien de jouer un peu sur les enceintes arrière, mais toujours avec trop de discrétion. Comme juste à coté on peut revoir le film dans sa stéréo d’origine (pour la vo) et son mono d’époque (pour le sympathique doublage français) à chaque fois restaurés avec efficacité et disposés en DTS HD Master Audio, le choix est assez vite fait.
Interactivité
Serti dans un magnifique Mediabook (c’est la mode chez nos petits éditeurs indépendants) avec son visuel qui déchire et son livret qui défonce avec sa tonne de photos d’exploitations, cette édition très attendue de Re-Animator est tout d’abord un très bel objet qui contient deux Bluray et deux DVD.
Et le plus important des bonus disposés ici est sans conteste le fameux « montage intégral » du film, inédit en France, reconstitué il y a quelques temps déjà par un éditeur allemand. Ce dernier a été aussi richement restauré que le montage cinéma, et permet de découvrir une version rallongée du film contenant tous les éléments gores qui avaient été autrefois écartés ainsi que certains passages plus ou moins inédits. Ce montage n’a jamais été validé par Stuart Gordon ou Brian Yuzna, mais reste particulièrement intéressant car il développe largement mieux le couple Dan / Megan, présente des pouvoirs hypnotiques au Dr Carl Hill ou axe légèrement moins l’action sur Herbert West. Toutes les fameuses scènes sont d’ailleurs intégralement visibles sur le 1er disque en tant que scènes coupées.
Du coté des suppléments plus « classiques », c’est un véritable déluge hérité de diverses éditions antérieures (parfois déjà présents sur le DVD collector de Metropolitan) avec des interviews du réalisateur, du producteur, du compositeur, du scénariste… et deux commentaires audio (sous-titrés, ce qui n’est plus si fréquent que cela malheureusement) qui mélangent points de vue techniques et tonnes d’anecdotes aux petits airs de réunion de vieux combattants. Une offre chargée donc, mais on ne cachera pas que toutes les informations contenues dans ceci se retrouve de manière parfaitement résumé et concise dans l’indispensable Re-Animator Resurrectus, documentaire rétrospectif faisant participer toute l’équipe ou presque, retraçant la petite vie du film de ses très modestes origines à sa glorieuse sortie, tout en passant par les anecdotes de plateau, la confection des effets spéciaux et autres projections cannoises. Bon appétit.
Liste des bonus
Commentaire audio de Stuart Gordon, commentaire audio de Brian Yuzna (producteur) et B.Crampton, B.Abbott, R.Sampson et J.Combs, RE-ANIMATOR RESURRECTUS (68’), 17 scènes coupées (26’), Version intégrale (106’), Interview de Stuart Gordon (réalisateur) et Brian Yuzna (producteur) (49’), Interview de Dennis Paoli (scénariste) (11’), Interview de Richard Band (compositeur) (15’), Interview de Tony Timpone de la revue Fangoria (5’), Analyse de la musique du film : Présentation de 4 extraits musicaux par Richard Band (compositeur) (16’), Scène coupée : Le cauchemar de Dan (3’), Bandes-annonces.







