PIRANHA II : LES TUEURS VOLANTS

Piranha II : The Spawning – Etats-Unis, Italie – 1982
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : James Cameron
Acteurs : Tricia O’Neil, Steve Marachuk, Lance Henriksen, Ricky Paul Goldin, Ted Richert, Leslie Graves…
Musique : Stelvio Cipriani
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Durée : 94 minutes
Editeur : ESC Films
Date de sortie : 20 mai 2026
LE PITCH
Lorsque plusieurs personnes sont tuées au large d’une île des Caraïbes, Anne, monitrice de plongée, enquête et découvre qu’un banc de piranhas mutants est à l’origine de ces attaques.
« Le meilleur film de piranhas volants » (James Cameron)
Si James Cameron s’efforce depuis des années d’installer The Terminator comme son premier long métrage, il était crédité deux ans plus tôt comme réalisateur d’un certain Piranha 2, série B d’exploitation bien moins nanardesque que la légende ne veut nous le faire croire. Un baptême du feu pour un apprenti cinéaste qui faillit, tout de même, s’y noyer.
Un projet qui aurait normalement dû être les grands débuts en tant que réalisateur pour ce jeune homme transfiguré par sa découverte de La Guerre des étoiles et qui s’était peu à peu fait remarquer comme un technicien des effets spéciaux extrêmement doué. Un petit roi des maquettes et des trucages visuels que l’on croise chez Roger Corman (Les mercenaires de l’espace, La galaxie de la terreur…) mais aussi comme responsable des prises de vues et des matte painting de certaines séquences du New York 1997 de John Carpenter. Des qualités qui font que l’on pense à lui lorsqu’il est question de mettre en boite la suite de Piranha, signé Joe Dante, démarquage réussit des Dents de la mer en mode semi-parodie et déclaration d’amour au cinéma de genre. Mais les droits ont depuis été revendu à un certain Ovidio G. Assonitis, producteur italo-grec connu pour des pratiques de margoulin qui lui auront valu par exemple un long procès avec la Warner pour sa copie honteuse de L’Exorciste intitulée chez nous Le Démon aux tripes. Et ce celui-ci n’a pas vraiment l’intention de laisser le jeune poulain faire à sa guise, même si ce dernier s’est largement investi dans le scénario et a préparé consciencieusement le storyboard du métrage. L’un veut signer un premier film solide, plutôt sérieux, afin de faire ses preuves quitte à se montrer bien trop perfectionniste pour une telle entreprise. Le second, veut simplement mettre en boite une copie facile du classique de Steven Spielberg (ce qui fut déjà le cas avec son Tentacules d’ailleurs) en y ajoutant de bonnes doses d’érotisme facile (quelques jolies filles les seins à l’air) et de l’humour bien lourdaud amenés par des personnages secondaires bien débiles.
Piège en eaux profondes
Les frictions entre les deux hommes sont immédiates et le producteur profite des tournages sous-marins qui passionnent (déjà) Cameron, pour shooter des scènes supplémentaires à sa sauce avec une équipe technique entièrement italienne et dévouée à sa cause. Au bout de moins de deux semaines, l’américain est méchamment débarqué. Désemparé, il tentera bien d’apporter son regard sur le montage final en s’introduisant illicitement dans les studios, mais il se fera remarquer et ses changements seront annulés. Depuis Piranha 2 reste manifestement un souvenir des plus douloureux pour le cinéaste qui rechigne à en reparler et qui effectivement considère son Terminator comme son authentique premier vrai film. Pourtant, bien qu’effectivement largement en dessous des films de Dante et de Spielberg (il n’y a pas photos), malgré un scénario inconsistant et inégal et un rythme brinquebalant où les inserts secondaires ne font qu’alourdir le rythme, ce film d’invasion animale dans un charmant centre de vacance des caraïbes reste plutôt sympathique avec, entre autre, des effets spéciaux gores assez généreux en particulier dans cet assaut final où les poissons volants s’en prennent à des touristes gentiment préparé à perpétrés leurs propre petit massacre écologique.
Le film est surtout passionnant par ce qu’il annonce du cinéma de James Cameron à venir avec ses longues mais très réussies (en particulier pour un simple film d’exploitation) explorations d’épaves sous-marines et ces nombreux plans aériens sur l’océan filmés en hélicoptère. Le moteur dramatique du film est même un couple séparé qui passe son temps à se chamailler en attendant de se retrouver comme dans The Abyss, donnant lieux aux seuls vrais bons dialogues du film d’ailleurs, interprétés par Tricia O’Neil et surtout Lance Henricksen futur Bishop de Aliens. Pas si honteux que cela… James Cameron devrait peut-être y rejeter un œil finalement ?
Image
Après des années et des années de distribution indigente, Piranha 2 est enfin présenté dans des conditions plus qu’honorable. Il faut remercier pour cela les Américains de Shout ! qui on véritablement et consciencieusement restauré le film à partir d’un nouveau scan 2K des négatifs originaux. Un gros travail de nettoyage a été effectué mais aussi de réétalonnage, et la copie présente au passage le format respecté 1.85, ce qui n’a pas toujours été le cas. L’image est très propre, assez stable et les scories persistantes négligeables surtout que le grain a été élégamment préservé. Belle performance même si forcément la nature même du film, et par exemple cette étrange photographie vaporeuse, voire laiteuse, ne donne pas toujours une HD particulièrement percutante.
Son
Les pistes monos d’origine ont été préservées et rafraichies. Les dialogues sont clairs et bien disposés, les musiques efficacement incarnées et l’ensemble ne laisse transparaitre aucune perdition notable. Comme toujours un peu plus plat dans son mixage, le doublage français typique des films bis des années 80, un peu typé mais sérieux, restent assez agréables.
Interactivité
C’était le film manquant cruellement dans la collection des fans de James Cameron : Piranha 2 est enfin disponible en Bluray en France ! Et ESC ne fait pas les choses à moitié lui offrant un boitier collector dont il a le secret (livret et affiche en goodies) et proposant pour compenser l’absence d’interview du réalisateur (qui rappelons-le a tendance à effacer l’existence du film) a demandé au journaliste Antoine Destues d’évoquer la production douloureuse du métrage. Il y revient sur les débuts du cinéaste, l’épopée de Piranha 2 et surtout s’efforce de souligner les liens visibles entre cet essai et les grands films à venir question de le réinstaller comme il se doit dans la filmographie Cameron. On trouve aussi quelques très courtes images filmées du tournage (moins d’une minute), mais la grosse et très bonne surprise de l’édition est ce fameux montage présenté il y a quelques années sur le Laserdic d’Embassy. Une version plus courte d’une dizaine de minutes, expurgée de certaines scènes de nudité et d’humour, mais surtout nettement plus resserrée, doté de séquences repensées dans leur montage et qui aurait été produite par Cameron en personne lors de l’arrivée des copies du film aux USA afin de limiter la catastrophe. Cela reste une version nettement plus solide et sérieuse de Piranha II, incontournable pour les amateurs du cinéma de James Cameron et ce même s’il ne peut être présenté que dans une source SD forcément bien plus abimée que le montage cinéma.
Liste des bonus
Le livret « De la friture sous la ligne » (32 pages), Une affiche, Le film en version alternative « US Embassy Laser Disc » (84’), « De Corman à Avatar, retour sur la carrière de James Cameron » : Entretien avec Antoine Desrues, journaliste à Écran Large et SoFilm (31’), Quelques images filmées du tournage (1’), Bande-annonce d’époque.







