IL ETAIT UNE FOIS EN CHINE : DR. WONG EN AMÉRIQUE

黃飛鴻之西域雄獅 / Once Upon a Time in China and America– Hong-Kong – 1997
Support : Bluray
Genre : Aventure, Arts-Martiaux
Réalisateur : Sammo Hung
Acteurs : Jet Li, Rosamund Kwan, Xin Xin Xiong, Chan Kwok-Pong, Jeff Wolfe, Chrysta Bell Zucht, Joseph Sayan…
Musique : Lowell Lo
Image : 2.39 16/9
Son : Cantonais et Français DTS Master Audio 2.0 et 5.1, Mandarin DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 100 minutes
Editeur : HK Vidéo
Date de sortie : 18 septembre 2025
LE PITCH
A peine débarqué au Far-West, Wong Fei-hung victime d’un accident devient amnésique et est enlevé par des indiens…
Voyage à l’ouest
6ème et ultime chapitre de la saga Il était une fois en Chine initiée en 1991 par Tsui Hark, Dr. Wong en Amérique marquait fièrement le retour de Jet Li dans le rôle qui a fait de lui la star des arts-martiaux que l’on connait. Gros succès au box-office HK, mais grosse déception aussi pour les fans qui peinent toujours un peu à y retrouver l’inventivité et l’excitation de la trilogie initiale. Mais la comédie kung fu / western ne manque pas totalement de charmes.
Il est établi qu’on ne fera sans doute jamais mieux que les trois premiers épisodes d’Il était une fois en Chine, réinvention brillante et foisonnante des aventures de la légende Wong Fei-hung, icône historique, martiale mais aussi et surtout cinématographique, qui entre l’ébouriffante inspiration de Tsui Hark et l’incarnation parfaite et spectaculaire de Jet Li touchaient littéralement à une certaine forme de perfection. Un état de grâce qui perdit rapidement son équilibre avec la brouille prévisible entre le réalisateur / producteur et sa star (déjà embryonnaire sur The Master, confirmée sur Black Mask), l’un se lançant dans un détournement de son personnage avec Les Griffes d’acier, tandis que l’autre tenta difficilement de faire subsister sa fructueuse licence avec le très standard La Danse du dragon réalisé par Yeun Bun, le chaotique et autodestructeur Dr. Wong et les pirates et même une série tv (inédite chez nous) de 20 épisodes. Là c’est le très sympathique Vincent Zhao (Chiu Man-cheuk) qui reprend le rôle, mais pour les spectateurs Jet Li est Wong Fei-hung. Tsui Hark s’écarte alors de ce projet de sixième chapitre cinématographique, se contentant d’une place de producteur beaucoup moins ingérante que d’habitude et confie l’aventure à son camarade et ami Sammo Hung, déjà presque un vétéran du cinéma HK et un spécialiste de la kung-fu comedy. Tout est là, même s’il sera une nouvelle fois question de confrontation entre le monde chinois et l’occident, si le thème du racisme anti-asiatique sera utilisé comme ressort scénariste, l’essentiel de Dr. Wong en Amérique reposera sur une dynamique de divertissement décontracté.
Jet Li l’indien
Tourné dans les décors désormais touristiques de l’ancien Alamo de John Wayne, le film invoque alors un western assez nostalgique, très proche dans son imagerie des classiques un peu désuets américains et même de certains échos de Tintin en Amérique. Une vision très naïve où les Indiens ne sont pas tous joués par des Indiens, loin de là, où les gentils truands blondinets deviennent rapidement des shérifs bienveillants et où les vilains gangsters se font rapidement rattrapés. Le scénario très feuilletonnant et parfois un peu niais, en particulier dans sa longue parenthèse avec notre héros devenu amnésique (un ressort qui devrait être interdit depuis longtemps), n’est finalement qu’un prétexte à multiplier les petites péripéties et les scènes humoristiques. Plutôt réussies ces dernières d’ailleurs, elles reposent beaucoup sur des soucis de traduction et de compréhension entre les deux communautés, mais elle se font aussi souvent au dépend du brave Wong Fei-hung dont les ouailles tentent d’éviter comme la peste les interminables sermon. Plus à l’aise qu’à l’accoutumé dans le registre, Jet Li dévie de son héros impassible pour offrir un angle plus accessible et ironique à son personnage…. Un peu comme Vincent Zhao d’ailleurs.
Toujours plaisant, Dr Wong en Amérique se montre aussi assez généreux dans ses très attendues scènes d’action. Si Sammo Hung est bien entendu nettement moins expérimental que Tsui Hark et ne délivre aucune scène « jamais vue », il orchestre des performances martiales toujours assez longues, impeccablement calibrée qui mettent parfaitement en valeur les combattants. Jet Li y est plus vif et charismatique que jamais, mais on peut aussi établir qu’il se fait légèrement voler la vedette par l’excellent Xiong Xinxin (The Blade, Seven Swords, Time and Tide), acteur fétiche de Tsui Hark qui reprend ici avec bonheur le rôle du disciple Pied-Bot aux techniques virevoltantes plus frénétiques encore. Leur duel éphémère (pour rendre la mémoire à Wong Fei-Hung bien entendu) permet même à Xiong Xinxin de faire écho à son rôle de méchant dans Il était une fois en Chine 2 alors que la fanfare du village reprend l’inoubliable thème musical. Sans doute la meilleure scène du film.
Parfois pas si loin que cela de l’auto-parodie et en tout cas versant plus léger et souriant de la série des Il était une fois en Chine, Dr. Wong en Amérique d’ailleurs plus produit par la Golden Harvest mais bien par la Win’s, reste un opus à part. La personnalité de Tsui Hark y est nettement en retrait là où Sammo Hung rapproche volontairement son film de l’esprit d’un autre croisement western / kung fu, le décoiffant Shanghai Express, avec déjà le personnage de Wong Fei-hung en clin d’œil.
Image
Restauré en 2K il y a quelques années par Fortune Star, Dr. Wong en Amérique se dote désormais de teintes naturelles plutôt agréables et de cadres sérieusement nettoyés et stabilisés. Un petit coup de jeune nécessaire d’autant plus appréciable que le film est moins excité que les opus de Tsui Hark et a donc moins subis de retouches et bidouillages au moment du montage. Les plans larges sont donc très agréables, assez précis et bien définis, le niveau de détail est satisfaisant, mais il est aussi évident que la copie a connu divers gommages numériques bien visibles avec même quelques plans aux contours presque vidéo.
Son
Pas mal de propositions sonores ici, le film retrouvant la version cantonaise bien connue et son doublage des années 90 tous deux à la fois dans leurs moutures sonores d’origine un peu rustres mais efficaces, et des remixages DTS HD Master Audio 5.1 qui s’efforcent d’apporter un peu plus de rondeur et des soupçons de dynamisme à l’ensemble. Sympa mais pas toujours convaincant. La bonne surprise ici provient surtout de la découverte de la piste en Mandarin qui s’avère être la véritable version originale. On y entend les vraies voix de tous les acteurs et même si la restitution DTS HD Master Audio 2.0 est forcément frontale, le mixage est bien plus naturel, vif et dynamique.
Interactivité
Nouveau titre qui rejoint la petite collection renaissante de HK Vidéo en attendant prochainement la déferlante des incontournables (A Toute épreuve, Histoires de fantômes chinois…), Dr Wong en Amérique retrouve avec bonheur le fin digipack trois volets proposant, comme à l’époque des VHS déjà, un article conséquent présentant le film et offrant quelques mises en perspective et début d’analyses. On reste dans le traditionnel aussi avec la partie vidéo qui reprend directement les bonus de l’ancien DVD avec en premier lieu un making of chinois d’époque, très promo naturellement, mais qui permet de voir de nombreuses images de tournages, de grappiller quelques interviews dont un Tsui Hark qui loue son amitié avec Sammo Hung et d’observer des acteurs transis de froids avant les prises. Le second supplément est une interview HK Video du réalisateur qui revient sur les origines du film, son rapport à la longue histoire de Wong Fei-hung, son choix du monde du western, ses rapports avec le producteur Tsui Hark, le tournage, la confection des scènes d’action et les raisons de sa prise de distance avec le monde du cinéma hongkongais. Toujours très intéressant.
Liste des bonus
Making of (28’), Rencontre avec Sammo Hung (13’), Bande-annonce.






