ÉCHAPPEMENT LIBRE

France – 1964
Support : Bluray
Genre : Aventure
Réalisateur : Jean Becker
Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Gert Fröbe, Jean Seberg, Jean-Pierre Marielle, Fernando Rey, Enrico Maria Salerno, Wolfgang Preiss, Diana Lorys…
Musique : Gregorio Garcia Segura, Martial Solal
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
Durée : 100 minutes
Éditeur : Coin de Mire Cinéma
Date de sortie : 21 juillet 2026
LE PITCH
David Ladislas n’a de journaliste que l’apparence. Passeur, il doit, après des diamants en Suisse, convoyer au Liban une voiture où se cachent 300 kilos d’or. Accompagné d’une nouvelle partenaire, il ne résiste pas longtemps à l’envie de détourner le précieux chargement…
Second souffle
Sympathique divertissement, chaleureusement accueilli en salles à l’époque, Échappement libre marquait les retrouvailles au grand écran du couple mythique d’A Bout de souffle : Belmondo et Jean Seberg. Mais Jean Becker (Tendre voyou, L’été meurtrier) n’est pas Goddard, et la vadrouille criminelle et amoureuse opte moins pour l’expérimentation générationnelle que pour l’entrain de la balade.
Une légèreté voulue par Jean Becker certainement pour s’offrir une seconde chance après l’échec de son premier film, Un Nommé la Rocca pourtant offert sur un plateau par le romancier et scénariste José Giovanni et affichant déjà fièrement la nouvelle star Jean-Paul Belmondo à l’affiche. La vision du monde du crime est donc nettement moins lourde ici, plus fantaisiste et proche des éclairages de la BD, tandis que l’acteur délaisse le portrait torturé et la violence froide pour retrouver cette fameuse figure du criminel charmant et séducteur, prenant tout, ou presque, avec distance et ironie théâtrale. Échappement libre se veut donc essentiellement un joyeux divertissement suivant les tribulations de David, faux journaliste et vrai passeur de métaux précieux, qui décide du jour au lendemain de prendre tous les risques pour se mettre de coté les 300 kilos d’or dissimulés dans l’habitacle d’une voiture. De la Suisse au Liban (alors une belle station balnéaire à la mode), jusqu’en Italie, Grèce ou Allemagne, le brigand fait un petit tour du monde, tentant d’échapper aux hommes de mains de son commanditaire (Gert Fröbe, grand habitué des coproductions), revendre le trésor et s’échapper possiblement avec la belle Olga, engagée plus ou moins pour le surveiller.
Boite automatique
L’occasion était évidemment trop belle de faire revenir pour l’occasion Jean Seberg afin de reformer le couple mythique, quatre ans après A Bout de souffle, dans un cadre policier / thriller relativement équivalent, même si bien évidement le ton général et la forme de sont pas les même. Le fantôme du désormais classique de Godard pèse d’ailleurs souvent lourdement sur les épaules de Échappement libre où les amants en devenir et les nombreuses scènes de séductions (en casino, en bateau ou en chambre), n’arrivent jamais totalement à retrouver l’alchimie attendue. Il ne faut d’ailleurs surtout pas aborder le métrage pour ce qu’il n’est pas, un grand film s’efforçant de marquer le genre, voir le cinéma de son empreinte, mais bien comme un simple divertissement, parfois assez nonchalant, flirtant avec les atmosphères guindées d’un James Bond, mais toujours charmant grâce à quelques pointes dialogués, l’attitude irrésistible de Belmondo et la sensation d’assister régulièrement à une récréation collective. Sentiment confirmé par les apparitions plus ou moins brèves du grand acteur espagnol Fernando Rey en inspecteur des douanes pugnaces, les copains Michel Beaune en collègue sur le départ et un Jean-Pierre Marielle comme toujours jubilatoire en aristocrate douteux et même une apparition fugace de Romain Gary, époux de madame Seberg bien entendu.
Affichant un casting assez affriolant et promettant un divertissement énergique, Échappement libre aurait sans doute mérité d’être un peu plus resserré et de glisser plus ouvertement dans l’action, mais le savoir-faire de Jean Becker et le cœur trépident de Belmondo font largement illusion. Sans être un incontournable, Échappement libre se revoit toujours avec un certain plaisir.
Image
Coin de mire propose ici une restauration totalement inédite pour Échappement libre. Un travail effectué par Les Films du jeudi à partir de nouveau scan 4K des négatifs originaux. Le résultat est très impressionnant avec une propreté impeccable, une stabilité indéboulonnable et un respect des matières assez admirable, redonnant une vraie consistance au grain d’origine, organique et vibrant, et aux argentiques d’un noir et blanc éclatant. Une image superbe, élégante et maitrisée.
Son
Solide traitement pour la piste mono d’origine française (avec diverses interventions en langues étrangères bien entendu sous-titrés) qui s’installe confortablement sur un DTS HD Master Audio 2.0 bien clair et équilibré, sans signe de perdition ou petite scorie des années.
Interactivité
Nouveau titre de la collection La Séance de Coin de Mire, Échappement libre s’ouvre donc comme il se doit (et en option) sur un visionnage des anciennes actualités, ici de la 36e semaine de l’année 1964. A priori les temps sont assez calmes puis les informations se consacrent à un heureux gagnant au Loto qui malgré les jalousies va fêter ça au pastis, reviennent sur la Bataille de la Marne avec de nombreuses images d’archives et s’achèvent par un défilé de mode pour l’hiver à venir. La bande annonce de Monsieur, avec Jean Gabin, fait le lien avec les réclames d’autrefois qui nous vendent bonbons, gâteaux apéro, montres, shampoings, platines vinyles et autres produits souvent aujourd’hui disparus. On remarquera dans le lot l’étonnante proposition pour Dubonnet et sa vision kaléidoscopique. Un vrai bond dans le temps en tous cas qui met idéalement dans l’ambiance avant de passer à Échappement libre.
En post-programme, l’éditeur propose aussi deux petites archives datant de la promotion pour la sortie en salle. D’un côté une rapide sélection d’interviews captées durant le tournage et de l’autre une petite mise en scène amusante entre Belmondo et Jean Becker, rejouant la proposition pour le film en mode rencontre amoureuse… pourquoi pas. Enfin les habitués reconnaitront le journaliste Julien Comelli qui se fend d’une nouvelle présentation bien tenue revenant sur les débuts de Jean Becker et l’opportunité de passer derrière la caméra offerte par José Giovanni avec Un Nommé la Rocca, sa relation avec Belmondo et délivre quelques anecdotes autour de la production et du tournage qui rappellent qu’il s’agit bien là d’un film de « potes ».
Liste des bonus
La séance complète (24’), « À plein gaz » : Document de Julien Comelli (15’), Interviews de Jean Becker, Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg sur le tournage du film (4’), Sketch de l’engagement entre Jean Becker et Jean-Paul Belmondo (4’).






