CAROLCO, UN RÊVE HOLLYWOODIEN

France – 2026
Support : Bluray
Genre : Documentaire
Réalisateur : Julien Dupuy, Jeremy Fauchoux
Acteurs : Pierre Lescure Steven DeSuza, Paul Verhoeven, Roland Emmerich, Costa-Gavras, Dean Devlin, Adrian Lyne, Steven E. De Souza…
Musique : Divers
Durée : 59 minutes
Image : 1.77 16/9
Son : Français Dolby Digital 2.0
Sous-titres : Français
Éditeur : L’atelier d’Images
Date de sortie : 1 septembre 2026
LE PITCH
Replongez dans la genèse de vos films préférés à travers le documentaire « Carolco, un rêve hollywoodien » revenant sur le studio Carolco et surtout ses dirigeants Mario Kassar et Andy Vajna, incarnation du rêve américain. Embarquez dans cette folle aventure, racontée pour la première fois par les talents et les membres du studio, du firmament à la chute brutale !
A l’instinct
En 1991, le visage du cinéma change et pénètre dans une nouvelle ère. Un film va révolutionner le cinéma fantastique et les effets spéciaux. Terminator 2 débarque sur les écrans du monde entier et s’apprête à entrer dans l’histoire. Derrière lui, aucune major de renom, mais un studio émergent, en passe de compter parmi les grands : la Carolco.
Ce studio a vécu quinze années magiques, quinze années de succès, de feeling et d’audace sous l’impulsion de deux camarades : le Hongrois Andrew Vajna et le Libanais Mario Kassar. Une alchimie qui propulse rapidement leur société au rang d’outsider du grand écran. Ils naviguent dans les océans du blockbuster quand, à la même époque, la Cannon de Golan-Globus fréquentait les rivières du bis. Leur star étalon, Sylvester Stallone, va leur apporter la crédibilité convoitée avec les succès planétaires des Rambo. La machine est lancé. Loin de s’endormir sur leurs lauriers, les deux producteurs osent et expérimentent des films difficiles et complexes : Music Box de Costa-Gavras, L’Échelle de Jacob d’Adrian Lyne ou encore Hamlet de Franco Zeffirelli avec Mel Gibson. Des films qui, sans révolutionner le box-office, questionnent et ne laissent pas insensibles.
Le documentaire des journalistes Julien Dupuy et Jeremy Fauchoux va se concentrer sur cet âge d’or sans pour autant en occulter la genèse. Cette époque où le studio atteint son firmament, où tout semble lui sourire. Leur ambition de faire des films fédérateurs sera une ère bénie pour le public et un pur bonheur pour les stars mégalomanes. Les comparses payaient plus que tout le monde et court-circuitaient la concurrence. Bienvenue dans les années 90 !
« Tu réalises, je finance »
Le témoin de cette démesure dans le documentaire sera Pierre Lescure. Partenaire de Carolco via Canal+, il est le spectateur privilégié de cette aventure. En 1989, Andrew Vajna, en désaccord sur l’avenir de la société, préfère vendre ses parts à son associé pour voler de ses propres ailes. Mario Kassar est une personnalité plus exubérante. Il rêve d’un studio à l’ancienne où les producteurs montaient les films selon leurs envies. Sa technique, infaillible, consiste à les pré-vendre afin de boucler leurs budgets grâce au scénario et aux stars, avant même de lancer les tournages.
Son aura attire aussi bien les stars de l’époque que les metteurs en scène. Stallone et Schwarzenegger en têtes d’affiche y côtoient les frères Scott, John McTiernan, Oliver Stone ou James Cameron à la réalisation. Les cinéastes y trouvent une véritable liberté, comme nous le confirme Paul Verhoeven en interview. Le hollandais a fait entrer Carolco dans la cour des blockbusters avec les 65 millions de dollars de budget de son Total Recall, créant l’événement de l’été 1990 en quadruplant la mise de départ. Il poursuivra l’aventure avec le studio sur Basic Instinct (où Kassar déboursera trois millions de dollars pour le scénario de Joe Eszterhas) avant d’être le témoin de la déchéance du studio en participant au controversé Showgirls.
Moins jouissive, mais tout aussi passionnante, est l’aventure de Roland Emmerich. Débauché grâce à sa série B Moon 44, il se fera traiter de « nazi du cinéma » par le producteur Joel Silver sur le projet avorté Isobar avec Sly. Sa cuirasse teutonne ne l’empêchera pas de réaliser Universal Soldier puis Stargate pour la Carolco. L’intéressé, en interview, nous livre ici une savoureuse anecdote autour d’un avion et du Festival de Cannes que nous ne dévoilerons pas afin de vous laisser le plaisir de la découvrir dans ce documentaire.
Arrive l’année 1991 et ce fameux Terminator 2. Le film est le premier de l’histoire à dépasser le budget pharaonique des 100 millions de dollars. Si le succès est colossal, les premiers nuages pointent déjà à l’horizon. Mario a de plus en plus de mal à trouver les financements prohibitifs de ces productions. La pression et la fatigue de ses tournées à travers le monde s’accumulent, tout comme les projets avortés. Le documentaire s’y attarde et nous met l’eau à la bouche à leur simple évocation. Les intervenants nous en donnent des détails à faire saliver : un film improbable réunissant Stallone et Schwarzenegger dans la peau de deux chiens devenant des humains, ou encore le mythique Crusade, qui devait réunir à nouveau Schwarzenegger et Paul Verhoeven.
Autre projet, celui de Gale Force, dont le budget atteint des proportions incontrôlables. Sylvester Stallone et Renny Harlin ont déjà empoché leur salaire. Émerge alors un second scénario de remplacement : Cliffhanger. Les dettes augmentent et des choix doivent être faits. Kassar choisit L’Île aux pirates au détriment de Crusade. Les galions sont construits. Michael Douglas, star initialement prévue, abandonne le navire un mois avant le tournage, laissant la place au moins bankable Matthew Modine.
Comme la United Artists avant elle, la Carolco a le droit à sa Porte du paradis, référence au film maudit de Michael Cimino qui précipita la chute de ce studio quinze ans plus tôt. Trop de pertes, trop de dépenses : le dépôt de bilan est inévitable. On parle d’une cinquantaine de millions de dollars. Une somme dérisoire pour une major d’aujourd’hui, mais le prix à payer lorsqu’on veut jouer dans la cour des grands. Les autres studios n’ont plus qu’à ramasser les miettes. Si Vajna et Kassar tentent une réunification avec le tristement célèbre Terminator 3, la magie n’y est plus. Andrew retourne en Hongrie afin de relancer l’industrie cinématographique du pays, tandis que Mario poursuit son métier de producteur en solo.
Cannon, un rêve hollywoodien est une capsule temporelle qui risque de provoquer des visionnages compulsifs. Merci Julien Dupuy, merci Jeremy Fauchoux. On aurait aimé prolonger l’aventure encore un peu plus longtemps.
Image
Le documentaire alterne interviews récentes et images d’archives. Les deux sont filmées avec les technologies HD propres à leur époque. Un travail pensé pour la télévision, propre et efficace. La définition est solide et la courte durée du programme assure une compression ultra tendue.
Son
Pas besoin d’en faire des tonnes pour un documentaire. On est ici sur un Dolby 2.0, largement suffisant pour ce genre d’exercice. Les témoignages sont parfaitement audibles et solidement mixés.
Interactivité
Un module est consacré au célèbre concepteur d’affiches Gil Jouin. On le suit ici dans la création de ce qui deviendra la jaquette du documentaire. Il y explique sa manière de travailler et sa vision de la conception d’une affiche. Une belle occasion de mettre en lumière celui à qui l’on doit, entre autres, les magnifiques affiches des Indiana Jones.
Liste des bonus
Gil Jouin à l’œuvre (8’).







