AUCUN AUTRE CHOIX

어쩔수가없다 – Corée du Sud, France – 2025
Support : Bluray
Genre : Thriller, Comédie
Réalisateur : Park Chan-Wook
Acteurs : Lee Byung-Hun, Son Ye-jin, Cha Seung-Won, Park Hee-soon, Lee Sung-min, Yeom Hye-ran…
Musique : Cho young-wuk
Image : 2.35 16/9
Son : Coréen DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 139 minutes
Éditeur : ARP
Date de sortie : 11 juin 2026
LE PITCH
Cadre dans une usine de papier You Man-su est un homme heureux, il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison. Lorsqu’il est licencié, sa vie bascule, il ne supporte pas l’idée de perdre son statut social et la vie qui va avec. Pour retrouver son bonheur perdu, il n’a aucun autre choix que d’éliminer tous ses concurrents…
Les hommes de papier
Quatre ans après le fascinant Decision to leave le virtuose Park-Chon Wook (Old Boy, Mademoiselle) revient avec Aucun autre choix, nouveau faux drame sinueux qui tangue entre les genres et les tons, mais qui se confronte plus ouvertement que jamais à la dureté absurde de l’injustice sociale.
Comme beaucoup d’hommes, You Man-su se retrouve du jour au lendemain au chômage. Adieux la petite vie bourgeoise durement acquise, l’image d’Épinal de la réussite et le confort matériel, bonjour les séances de remotivations, le peaufinage de CV et les entretiens d’embauche humiliants dans un monde de la concurrence impitoyable. Le réalisateur coréen propose ici une nouvelle adaption du roman de Donald Westlake, The Ax, que Costa-Gavras avait déjà abordé en 2005 sous le titre Le Couperet avec un ton nettement plus froid, sec et fataliste. S’il en tire forcément les mêmes conclusions et partage inévitablement le regard désolé devant la logique de destruction du libéralisme, Park Chon-wook fidèle à lui-même l’aborde plus comme une fable cruelle, comme une trame absolument abracadabrante, reflet d’un monde réel s’enfonçant lentement mais surement dans une logique de destruction mortifère. Car bien entendu, confronté au mur de cette société qui jette les ouvriers par la fenêtre sans ménagement, le protagoniste ne trouve comme solution pour retrouver son équilibre familial qu’à éliminer les autres prétendants au poste de responsable de qualité papier. Un jeu de massacre maladroit et branquignole, démontrant tout autant à quel point il est difficile de se faire assassin, surtout lorsque les cibles ne sont que des multiples reflets de soi.
La loi du marché
Le cinéaste est toujours aussi habile pour brouiller les cadres et les pistes, transformant le tueur en herbe (excellent Lee Byung-hun vu dans Squid Game, JSA, A Bittersweet Life…) en personnage tout à fait attachant, ses futures victimes en braves gars paumés finalement bien sympathiques, et les scènes de meurtres en gros bordels pathétiques plus que spectaculaires. Dont une exécution qui vire à la séance de thérapie conjugale totalement délirante, venant rappeler que ces hommes finalement se sont emprisonnés seuls dans leur modèle patriarcale et traditionnel, incapables finalement de faire autre chose que du « papier ». Et tout ça pour quoi ? Pour un poste dans une usine gigantesque et vide, habitée désormais uniquement de machines robotisées, et une famille à nouveau installée dans la maison familiale avec ses chiens, mais avec des fêlures et des distances nouvelles. Si Aucun autre choix joue souvent la carte de la comédie, irrésistible, son constat est sans appel, et la mise en scène ne cesse de rappeler par son jeu des superpositions, par ses multiples mises en parallèles et ses effets de montage dans le mouvement, que la machine industrielle a d’ores et déjà conditionné toute l’existence de la famille de You Man-su, et donc le paysage coréen, prêts à tous, chacun à leur manière, pour préserver cette fameuse réussite auto-proclamée.
Brillant jusqu’au bout, Park Chon-wook livre une comédie sociale parfaitement brutale mais sur un ton presque léger, portée par une mise en scène pensée et élégante, une photo lumineuse et colorée et quelques notes toujours aussi sublimes de la viole de Marin Marais. Brillant et fatal.
Image
La beauté de la photographie, peut-être légèrement plus naturaliste que d’habitude dans le cinéma de Park-Chon Wook, profite d’un Bluray d’excellente facture affirmant un master net et limpide dont rejaillit l’utilisation tout en relief des décors et environnements et les contrastes souvent très tranchés entre la modernité froide et les espaces naturels automnales. C’est indéniablement beau, sans faiblesse technique et on regrette forcément l’absence de sortie 4K.
Son
La piste coréenne DTS HD Master Audio 5.1 est sur le même niveau d’excellence assurant une retranscription pointue et toujours claire des dialogues, des ambiances feutrées, mais capables aussi de développer un enveloppement plus massif lors des séquences se déroulant dans les différentes usines assourdissantes ou lors d’une séquence mémorable envahie par une vieille chanson coréenne jouée très fort par une platine vinyle.
Interactivité
Malheureusement la section bonus est des plus restreinte avec seulement une petite featurette coréenne d’une dizaine de minute à peine. On y croise le réalisateur qui revient sur le sujet du film, les acteurs qui évoquent leurs personnages, le directeur photo ou le responsable des décors et même le compositeur et le musicien français, mais tout cela est bien trop court et rapide. D’autant plus décevant qu’on sent que tout ce petit monde a beaucoup de choses à raconter.
Liste des bonus
Rencontre avec l’équipe du film (8’).







