AIRPORT

États-Unis – 1970
Support : Bluray
Genre : Catastrophe
Réalisateur : George Seaton
Acteurs : Burt Lancaster, Dean Martin, Jean Seberg, Jacqueline Bisset, George Kennedy…
Musique : Alfred Newman
Durée : 136 minutes
Image : 2.25 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Éditeur : BQHL Editions
Date de sortie : 25 juin 2020
LE PITCH
Bien que son activité soit bouleversée par une tempête de neige qui bloque une piste essentielle au trafic, la tour de contrôle de l’aéroport international de Lincoln donne le feu vert au décollage d’un Boeing 707 en direction de Rome. Le commandant de bord et l’équipage ignorent à ce moment-là que, parmi les passagers, se trouve un homme dont la mallette contient une bombe. Si celui-ci est rapidement identifié, encore faut-il le maîtriser, empêcher que le pire n’advienne, puis revenir indemne au point de départ…
Embarquement immédiat
Un genre en chasse un autre. Après avoir écumé comme un conquérant toutes les plaines possibles et imaginables de l’Ouest américain, le cow-boy a fini par troquer ses armes légères. Celles-ci sont devenues bien plus lourdes pour exorciser par le medium cinéma le traumatisme de la seconde guerre mondiale. Mais comme toutes choses, le public finira par se lasser de toutes ses incursions guerrières jusqu’à en faire son deuil. Qu’à cela ne tienne, Hollywood a toujours su se relever de ses sujets en désuétude. L’homme, après avoir survécu à tant de tragédies va devoir faire face à de nouveaux impondérables, indépendants de leur volonté. Des concitoyens qui pètent les plombs, de la technologie qui se rebelle, de la nature maltraitée et revancharde, bienvenue dans le film catastrophe !
Tout le monde se rappelle ces fleurons du genre que sont La Tour infernale, L’Aventure du Poséidon ou encore Tremblement de terre. Mais c’est avec cet Airport que tout commença à l’aube des années 70. Son fonctionnement fera ces preuves : un casting fourmillant de stars, des destins qui n’auront de cesse de se croiser au cours du métrage, et bien entendu, un élément perturbateur (naturel ou non) qui mettra tout ce petit monde à dure épreuve. Conceptuel mais efficace. C’est ainsi qu’une décennie durant, le genre squattera en bonne place les hauteurs du box-office jusqu’à ce qu’un certain trio de trublions vienne le démonter avec leur inénarrable Y a-t-il un pilote dans l’avion ? dont Airport fait les frais. Une consécration en soi.
Il y a deux pilotes dans l’avion
Film chorale avant tout, le film catastrophe est un prétexte pour évoquer les différentes histoires de protagonistes aussi étrangers les uns aux autres que le destin forcera à réunir. Un moyen comme un autre pour les scénaristes d’évoquer avec plus ou moins de finesse les problèmes dont chaque société est témoin. Ici y sont jetés en pâture les problèmes de couple, le libertinage, la solitude des grandes villes et la montée du chômage. Ce sera l’élément déclencheur du film. Un homme désespéré par la crise va être prêt à tout pour subvenir aux besoins de sa famille. Quitte à mettre une bombe dans un avion. Bien sûr, ces propos toujours d’actualité trouvent encore écho de nos jours où les choses ne font que changer pour redevenir les mêmes.
C’est ce que développe ici George Seaton d’après le best-seller d’Arthur Hailey. Il mettra les petits plats dans les grands en pariant sur le charisme de ses acteurs. Burt Lancaster aura fort à faire pour gérer son aéroport bloqué par une terrible tempête de neige. Sa bourgeoise en profite pour le harceler au téléphone et lui parler divorce tandis que la belle secrétaire Jean Seberg ne lui dirait pas non. Dean Martin en vieux beau sur le retour, compte fleurette à son hôtesse Jacqueline Bisset sans savoir qu’il aura bientôt à gérer une bombe dans son avion. Pendant ce temps-là, George Kennedy se tue à trouver une solution pour virer un Boeing de la piste d’atterrissage avant qu’une collision inévitable ait lieu. Tout ce beau monde sera étroitement lié par les événements. Peu habitué à filmer l’action, Seaton prend son temps, s’amuse et abuse de la découverte du split Screen. Du coup l’action proprement dite se fait attendre et ne survient que dans le dernier quart d’heure du film. C’est long. Malade durant la production, le réalisateur devra officieusement céder sa place pour les extérieurs à ce vieux briscard d’Henry Hathaway, réalisateur chevronné à l’exercice. Son apport sera plus qu’appréciable pour sa gestion de l’espace.
Ce coup d’essai ne sera certes pas un coup de maître mais une excellente amorce au genre qui accouchera de trois suites avec le retour de George Kennedy dans chacune d’elles. Le plébiscite du film par le public sera un raz-de-marée dépassant la barre symbolique pour l’époque des 100m$ (l’équivalant des recettes d’un Avenger ou d’un Star Wars d’aujourd’hui). Le film peut paraitre un tant soit peu désuet de nos jours (le pilote de ligne y fume la pipe en plein vol !), il peut aussi être pris pour un spot géant pour le Boeing 707, mais il doit être avant tout pris pour ce qu’il est. Une base. Un classique qui a marqué son époque. L’éclosion d’un genre.
Image
Tiré d’un transfert de la pellicule 65mm, celui-ci met la barre haute. Une belle définition avec des images bien contrastées aux couleurs non saturées et aux noirs bien définis. Le grain est peu présent mais permet un piquet dans les détails très probant.
Son
Une VO aux effets bien maitrisés où les bruits de foule et les ambiances de tempêtes de neige sont assez immersifs. Elle permet également de bien apprécier la dernière composition d’Alfred Newman, l’homme aux 9 oscars. Le soin apporté à la version française est un crin en dessous. Celle-ci est en 2.0 contrairement à la VO en 5.1. Néanmoins, celle-ci reste bien appréciable.
Liste des bonus
Un livret.






