HALLOWEEN THE GAME

États-Unis – 2026
Support : Playstation 5, Xbox Series, PC
Genre : Survival Horror
Développeur : IllFonic
Musique : Mark Rutherford
Durée de jeu : Moyenne
Langues : Anglais (voix) et français (textes)
Éditeur : IllFonic
Date de sortie : 8 septembre 2026
LE PITCH
Le jeu s’inspire de la franchise de films d’horreur Halloween, dont il reprend le scénario du premier long-métrage Halloween : La Nuit des masques, réalisé par John Carpenter en 1978. C’est la nuit d’Halloween en 1978. Les familles sans méfiance de la paisible ville de Haddonfield se préparent à la fête, et le mal a fait son retour. Incarnez Michael Myers ou sauvez vos voisins en tant que héros d’Haddonfield dans Halloween, le jeu d’horreur asymétrique par excellence.
Au bal masqué ohé ohé !
Après Jason Voorhees et Leatherface, voici que Michael Myers vient tâter de l’arme blanche sur nos consoles de jeu. Halloween : The Game est la transposition du classique de John Carpenter au format vidéoludique. Trahison ou respect du matériau originel… ?
L’opportunité de voir Halloween, le chef d’œuvre séminal de l’horreur cinématographique de John Carpenter, être adapté en jeu vidéo n’apparaît pas comme évidente. Sauf que derrière, on trouve l’équipe d’IllFonic, qui avait déjà œuvré à transférer l’univers de Vendredi 13, Predator ou encore Killer Clowns from Outer Space au format vidéoludique. Avec des succès très variés. Il faut dire que l’univers de Predator apparaît plus assimilable qu’un Vendredi 13 par exemple. Halloween ne semble pas plus facilement transposable que les aventures de Jason Voorhees. Mais les petites mains du studio américain ont trouvé la parade en optant pour ce qu’ils savent faire le mieux : du jeu multijoueurs asymétrique en ligne, qui reprend un système de survie, tout en l’enrobant des spécificités de l’univers adapté. A la manière de The Texas Chainsaw Massacre par Sumo Digital et surtout du très populaire Dead By Deadlight par Behaviour Interactive, qui avait planté les graines du genre, le principe de jeu consiste à opposer un joueur endossant le rôle du tueur, qui doit massacrer les autres, quand ces-derniers doivent en réchapper vivants. Le principe basique de tout slasher/survival qui se respecte finalement… Ici, l’équipe de développeurs s’est appuyé très consciencieusement sur l’univers de la saga et plus spécifiquement celui du premier film de 1978. Le jeu se déroule à Haddonfield, au sein d’une banlieue pavillonnaire américaine, alors que Michael Myers revient pour trucider tous les adolescents (mais pas que) qui croisent son chemin. La fidélité au matériau d’origine est clairement le point fort du jeu. L’ambiance retranscrite évoque assez brillamment l’univers du film. Direction artistique très 70’s, décors de banlieue pavillonnaire, jusqu’à la musique originale de Carpenter, reprise ici par Mark Rutherford et réutilisée à foison, elle décuple les scènes d’angoisse, ce qui vient prouver toute sa puissance d’évocation.
Dans la peau de Michael Myers
Fidèles et respectueux du matériau de base, les concepteurs du jeu se sont creusé les méninges pour réellement adapter certaines spécificités du film de Carpenter et du slasher de manière plus générale. A titre d’exemple, le caractère omniscient de Michael Myers, présent à la fois partout et nulle part, capable de disparaître et de réapparaitre en un battement de cil a été pris en compte et converti en gameplay par une fonction permettant d’accéder à une sorte de réalité parallèle, faisant se déplacer le personnage de manière ultrarapide, en traversant même certains obstacles, pour mieux fondre sur ses victimes. C’est plutôt bien vu. De même, bien qu’à la troisième personne, le jeu peut passer en mode vision subjective pour mieux cerner les victimes et les zigouiller plus efficacement. D’ailleurs, Halloween : The Game n’est pas avare en égorgements, et autres méthodes pour trucider à tour de bras : armes blanches, haches, mais aussi tout ce qui passe par la main de Myers peut servir à occire la jeunesse d’Haddonfield. D’ailleurs, le jeu propose un mode solo en chapitres assez court (2 à 3 h pas plus) qui sert essentiellement de tutoriel pour prendre en main Michael Myers. C’est une sorte de bonbon pour les fans d’Halloween, qui peuvent ainsi revisiter les grandes scènes du film original, en incarnant le tueur d’Haddonfield, et en levant le voile sur des éléments se déroulant en parallèle des moments du film. Par exemple l’évasion de l’hôpital psychiatrique évoqué chez Carpenter est ici directement proposée à jouer. On y retrouve évidemment Myers, personnage contrôlé par le joueur, mais aussi des protagonistes iconiques comme le Docteur Loomis (incarné à l’écran par le regretté Donald Pleasence), mais aussi Annie Brackett ou encore Laurie Strode, évidemment, mais bien loin des traits de Jamie Lee Curtis.
L’ébauche de l’effroi
Alors ce Halloween : The Game, une merveille vidéoludique ? Et ben non, pour une raison assez simple : il faut dissocier le plaisir évident de retrouver et d’évoluer dans l’univers du film du supplice que constitue l’approche vidéoludique proposée par IllFonic. Le mode multijoueurs asymétrique se heurte aux limites du genre. Si c’est sympathique de joueur au jeu du chat et de la souris pour tenter d’échapper au tueur, la lourdeur du gameplay douche vite les ambitions d’incarner Myers. Ultra lourd à diriger, doté d’une inertie de 33 tonnes, le tueur fantomatique est une plaie à jouer. C’est un peu mieux lorsqu’on incarne les proies qui doivent s’organiser pour survivre, mais cavaler pour mieux se planquer est une routine qui s’essouffle rapidement, et le jeu ne propose pas assez d’enjeux différents pour gratiner la situation. Et puis il y a un sérieux problème de finition. Les bugs sont légion et il n’est pas rare de tomber sur des personnages qui fusionnent avec les décors, des commandes approximatives qui ne répondent pas ou alors de manière très aléatoire. Tout cela est un poil rigide et atténue fortement le plaisir de jeu. Dès lors, difficile de conseiller un jeu qui relève un peu plus de l’expérience interactive limitée (le mode solo), davantage que du plaisir vidéoludique. Si l’ambiance et la déférence au film sont indéniablement des réussites, le gameplay cassé et l’absence de défi plombent la bête. Même si les mises à jour se succèdent quotidiennement pour faire évoluer le jeu.
Peut-être que dans quelques mois, mécaniques et contenus seront moins étriqués et au contraire renforcés pour en faire une proposition un peu plus fréquentable. En l’état, Halloween : The Game n’est qu’une ébauche sympathique mais trop inaboutie…







