SANGRE DEL TORO

Royaume-Uni, France – 2025
Support : Bluray
Genre : Documentaire
Réalisateur : Yves Montmayeur
Acteurs : Guillermo del Toro, Junji Ito, David Cronenberg…
Musique : Yôko Higashi
Image : 1.78 16/9
Son : Multilingue DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 86 minutes
Editeur : Carlotta Films
Date de sortie : 6 octobre 2026
LE PITCH
Le réalisateur Guillermo del Toro arpente un labyrinthe de souvenirs d’enfance, de mythes culturels et de monstres pour dévoiler les origines de ses films visionnaires.
God and Monsters
Après avoir rencontré un grand succès lors de ses différentes présentations en festivals, en particulier à la Mostra de Venise, le dernier documentaire cinéphilique d’Yves Montmayeur est désormais disponible en Bluray chez Carlotta Films. Un portrait inédit du cinéaste Guillermo Del Toro qui ne cherche pas à brosser l’ensemble de sa filmographie mais bien à s’approcher au plus près de sa bouillonnante imagination.
Le documentaire consacré à un unique auteur, ici réalisateur, est un exercice relativement prisé, s’assurant bien souvent dans la foulée quelques diffusions sur des chaines spécialisés ou une future présence en bonus de luxe. Ancien critique passé à la réalisation de doc sur le cinéma, Yves Montmayeur le pratique depuis quelques années maintenant et s’il a obtenu le prix du meilleur documentaire à Venise avec The 1000 Eyes of Dr. Maddin (sur Guy Maddin donc), il a aussi abordé le cinéma de Michael Haneke, de Kitano, le Pinku Eiga, les actrices d’action ou le réveil du cinéma de genre espagnol. La force de son travail repose toujours sur la pertinence de ses entretiens et la volonté d’imposer une forme qui échappe à la facilité télévisuelle. Rencontré dès 1992 à l’occasion du marché du film et la sortie de son premier long, Cronos, Guillermo del Toro est effectivement dans cette dynamique un sujet en or, surtout que justement tous deux partagent quelques souvenirs (une visite au musée vétérinaire de Paris par exemple…) et une compréhension mutuelle évidente. Sangre Del Toro est donc un film qui rejette l’habituel défilé de professionnels et collègues artistes plus ou moins célèbres venant déclamer toutes leur admiration pour leur pairs ou leur mentors (comme on le voit bien trop souvent) au profit d’un regard qui ne suit presque essentiellement que celui de son sujet. On verra bien quelques collaborateurs passé rapidement, un Junji Ito répondre à la déclaration d’amour artistique de Del Toro, mais tous le reste croise une interview relativement frontale avec le cinéaste, visionnant quelques photos d’archives, quelques objets de collections ou dessins liés à ses films, ou alors déambulant dans les allées de l’exposition En Casa Con Mis Monstruos organisé au Mexique ou dans sa propre et incroyable collection de bizarreries.
Son cabinet des curiosités
Comme il l’annonce lui-même en ouverture, le cinéma de Del Toro se construit comme un labyrinthe et d’une certaine façon le film de Montmayeur aussi, s’efforçant de suivre la pensée du réalisateur, recoupant par lui-même ses origines et son enfance passée dans les quartiers de Guadalajara, son imprégnation naturelle de l’effervescence culture mexicaines, de son rapport à la mort, à la violence et aux monstres, avec les jaillissements si graphiques, si poétiques, si symboliques de ses propres films. Si le monsieur est d’une jovialité et d’une volubilité réputé, il reste relativement pudique sur sa vie personnelle, mais intarissable sur ses lectures de jeunesse, son amour des comics puis des mangas, ses collections de figures, de tableaux et sculptures diverses et sa fascination, par exemple pour le cinéma de la chair de Cronenberg et les sculptures anatomiques de Honore Fragonard, enchainant avec des réflexions sur l’art du sacré, le gothique, l’étrange ou la puissance de l’art. Ce n’est jamais une leçon, jamais un droit d’inventaire et si les extraits des films de Del Toro et d’autres classiques plus anciens (le Frankenstein de la Universal, Un chien Andalou, un épisode de Santo…) viennent ponctuer le récit, c’est toujours pour appuyer ce sentiment constant de superposition, de collage et de reconstruction qui anime tout le cinéma de l’artiste. Un film éminemment subjectif, admirablement sincère et constamment profond qui parle et montre son art et son cinéma en compagnie d’un guide sans pareil. On ne peut alors qu’apprécier aussi l’effort fournit par Montmayeur sur l’éclairage, sur la photographie et le choix, discret, des cadrages, qui accompagnent effectivement cette sensation de rencontre intime et de visite dans des lieux étranges, sans jamais tomber dans des effets trop visibles, trop démonstratifs, qui éclipseraient justement la force du sujet.
Une réussite qui méritait effectivement beaucoup mieux que d’être glissé comme suppléments sur une futur sortie d’un film de Guillermo Del Toro et qui ne détonne pas avec son joli coffret chez Carlotta.
Image
Documentaire classiquement tourné en numérique, Sangre Del Toro impose assez naturellement une image fine et précise sur support HD. Tout est bien entendu propre, bien dessiné mais surtout comme le film ne se contente jamais d’une lumière froide, travaillant plutôt de jolies ombres et des éclairages raffinés, son visionnage Bluray n’a rien d’accessoire, le support permettant le maintien de contrastes pointus. Quelques images extraites d’archives vidéos peuvent paraitre un peu plus faible, mais ils sont rares, tandis que tous les extraits de films de Del Toro ou autres sont proposés eux aussi avec des sources HD.
Son
Mélangeant diverses langues dans les interventions (Del Torto lui-même passe de l’espagnol à l’anglais d’un segment à l’autre) la piste sonore est disponible en DTS HD Master Audio 2.0 pour un rendu sobre et efficace, mais aussi en DTS HD Master Audio 5.1 pour apporter un peu plus de naturel dans la restitution. Quelques effets musicaux, quelques spatialisations légères dans les déambulations du réalisateur dans son musée personnel, où l’ouverture est plutôt agréable.
Interactivité
Sangre Del Toro rejoint la belle collection Prestige de Carlotta Films profitant ainsi d’un large coffret cartonné comprenant quelques goodies comme les cartes collectors ou les reproductions d’affiches et le fin digipack comportant le Bluray du film.
Le contenu sur celui-ci est franchement généreux avec en premier lieu quelques moments d’interviews supplémentaires de Del Toro évoquant d’autres grands thèmes de son œuvre comme la figure de l’automate ou le paganisme mêlant science et magie. Yves Montmayeur se fend dans la foulée d’une présentation de son film, racontant sa première rencontre avec Del Toro, leur amitié consolidée au cours des années, la naissance du projet de documentaire et sa volonté de l’aborder en premier lieu par les racines mexicaines de son sujet. Enfin après un bref reportage Canal + autour de la projection à la Mostra de Venise de Frankenstein mais aussi de Sangre Del Toro, on enchaine avec le documentaire de près d’une heure Viva la Muerte ! Autopsie du cinéma fantastique espagnol, déjà signé par Montmayeur naturellement, qui scrutait en 2009 l’émergence d’une nouvelle vague de cinéma fantastique ibérique en interviewant les principaux cinéastes du moment comme Balaguero, Amenabar et… Guillermo Del Toro bien entendu.
Liste des bonus
8 cartes collector, 1 carte phosphorescente, L’affiche du film, L’affiche de la 23e Semaine de la Critique Cannes 1995 conçue par Guillermo del Toro, « Filming Guillermo », Interview de Yves Montmayeur (19′), « ChatGDT » : Guillermo del Toro décrypte 5 thématiques de son oeuvre (18′), « Sangre del Toro » à la Mostra de Venise : extrait de l’émission L’Hebd’Hollywood Cinéma diffusée sur Canal + (4′), « Viva la Muerte ! Autopsie du cinéma fantastique espagnol » de Yves Montmayeur (56′), Bande-annonce.






