MAGNIFICENT WARRIORS

中華戰士 – Hong-Kong – 1987
Support : Bluray
Genre : Action, Aventure
Réalisateur : David Chung
Acteurs : Michelle Yeoh, Richard Ng, Derek Tung-Sing Yee, Lowell Lo, Cindy Lau, Tetsuya Matsui, Yamson Domingo, Chen Jing…
Musique : Chan Wing-Leung, Renato Piccioni
Image : 2.35 16/9
Son : Cantonais DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 95 minutes
Editeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : mars 2026
LE PITCH
Dans les années 1930, le colonel Matsui, à la tête d’un contingent de l’armée japonaise occupe Kaal, une cité stratégique du Bhoutan. Fok Ming-ming, aventurière intrépide, aguerrie au combat, se voit missionnée par l’armée chinoise afin d’exfiltrer Youda, seigneur de Kaal, qui dispose de renseignements vitaux pour la Chine. Elle devra pour cela retrouver un agent infiltré, 001, qu’elle pourra identifier par sa montre. Si le plan semblait simple, sur place, les choses vont quelque peu se compliquer…
Michelle Yeoh et la dernière croisade
Michelle Yeoh joue les aventurières au fouet en plein milieu de la guerre sino-japonaise dans Magnificent Warriors, voulu par la jeune D&B comme un authentique blockbuster local mêlant comme il se doit action et comédie. Si le succès commercial ne fut pas au rendez-vous, le film est cependant bien connu depuis pour son rythme trépidant et ses castagnes particulièrement spectaculaires.
La société de production avait en effet vu grand avec ce Magnificent Warriors s’échappant du contexte contemporains alors très à la mode dans le cinéma d’action pour dépeindre une Chine continentale résistante face à l’invasion japonaise. Soit une reconstitution historique profitant de grands paysages extérieurs et de nombreux figurants, le tout au service d’un film d’aventure mené tambour battant avec sa petite troupe de héros qui vont défaire, presque à eux seul, un vilain général nippon et ses troupes. Explosions spectaculaires, combats nerveux et vifs dans tous les coins, multiplication des personnages et des épisodes avec même une course poursuite en avion (assez longue et peu palpitante il faut le dire), le métrage affiche tout de même une certaine ambition et les délais de tournage (quelques semaines à peine) se serait rapidement transformés en mois selon Michelle Yeaoh, avec une batterie de jeunes assistants réalisateurs comme Dereck Yee et Johnnie To multipliant les scènes en parallèles, et quelques cascadeurs dont Stanley Tong (futur réalisateur de Police Story 3) qui finiront à l’hôpital dans la foulée.
La (petite) légende des héros
Il faut reconnaitre que si le scénario de l’ensemble reste très limité voir souvent cafouilleux et que malgré les efforts des acteurs les personnages sont plutôt accessoires, Magnificent Warriors mise effectivement tout sur la démesure de cascades particulièrement risquées (ça saute et ça tombe de partout) et de chorégraphie impactantes. Pas vraiment de câbles à l’horizon ou de saut périlleux fantaisistes, les confrontations restent plutôt terriennes, particulièrement énergiques voir douloureuses, mettant constamment en valeur les capacités toujours impressionnantes d’une jeune Michelle Yeoh récemment révélée par les plus urbains Le Sens du devoir II et Police Action, aussi charmante que dangereuse en Indiana Jones au féminin. Ici comme dans un film de Jackie Chan, l’enjeu est véritablement à chaque fois d’utiliser tout ce qui est à porté de mains pour transformer les combats en acrobaties étonnantes et originales avec divers armes disponibles (lances, épées, mitrailleuses, dagues à corde…) et divers éléments du décor sur lesquels s’accrocher, rebondir mais aussi se cacher. C’est d’ailleurs la spécialité de l’arnaqueur ridicule, anti-héros par excellence, joué par l’inénarrable Richard Ng qui nous livre à nouveau quelques gags slapsticks et potaches dont il a le secret, mais sans tomber dans l’excès ou les grosses lourdeurs. Le mélange action / comédie est en effet toujours assez bien dosé, maitrisé par le réalisateur David Chung, artisan solide qui reste surtout connu pour ses travaux comme directeur photo sur des productions disparates comme L’Enfer des armes, Boat People, Nomad mais aussi God of Gamblers et Il était une fois en Chine, et qui connu quelques passages à la mise en scène dans les années 80 pour Police Action (déjà avec Yeoh), Roboforce et le présent Magnificent Warriors.
On ne trouvera pas ici de grandes fulgurances dans la réalisation mais en tout cas un savoir-faire indéniable, une bonne maitrise du rythme et une mise en avant des qualités d’une production dont le seul et unique but était de divertir. Le thème musical ultra répétitif à beau devenir insupportable, on ne s’y ennuie pas une seule seconde.
Image
Le Chat qui fume nous propose ici une copie HD plutôt récente déjà croisée chez quelques collègues éditeurs du reste du monde (dont 88 films aux USA par exemple) et qui s’avère de plutôt bonne qualité avec des cadres franchement propres, un piqué la plupart du temps bien creusé et des couleurs joliment contrastées, fortes et présentes. Les noirs tiennent bien la route, le grain se fait discret mais assez bien géré, et seuls finalement quelques plans épars se font rattraper par une remasterisation que l’on imagine entièrement numérique par quelques arrières plans bruités ou quelques flaconnages fugaces.
Son
Pas de version française pour Magnificent Warriors mais deux pistes cantonaises. Étrangement le DTS HD Master Audio 2.0 censé être plus proche de la prestation initiale se montre un peu trop éteint et lointain, alors que le DTS HD Master Audio 5.1 se montre plus clair et équilibré, offrant au passages quelques effets de spatialisation et une dynamique générale nettement plus agréable.
Interactivité
Cette édition Bluray de Magnificent Warriors contient à nouveau les deux petits segments déjà croisés à l’époque du DVD chez HK Vidéo soit des interviews SD du chorégraphe Tung Wai et de Michelle Yeoh qui reviennent tous deux sur leur implication dans le film, l’intensité des combats et l’importance de la production mais aussi respectivement sur des pans plus larges de leurs filmographies dont leurs collaborations avec Jackie Chan par exemple. Plutôt sympa, mais cela ne creuse pas vraiment loin.
Le Chat qui fume a donc eu la très bonne idée de faire appel à Arnaud Lanuque dont on retrouve une nouvelle présentation extrêmement complète de l’objet, croisant la période historique dépeinte, le contexte dans la production HK de l’époque, les grands noms associés et les spécificités du film. Il propose dans la foulé un petit doc qui compile les interviews du producteur, de l’un des chorégraphes, d’un assistant réalisateur et du cascadeur Stanely Tong pour témoigner d’une production et d’un tournage complexe et épique, bourré de péripéties, voire d’accidents. Un petit coté ancien combattant.
Liste des bonus
Présentation du film par Arnaud Lanuque (17′), « Madame Dynamite » avec le producteur John Sham, le chorégraphe Benz Kong, l’assistant réalisateur Johnny Lee et le cascadeur Stanley Tong (22′), Interview archive de Michelle Yeoh (7′), Interview archive du chorégraphe Tung Wai (13′), Bande-annonce.






