PROJET DERNIÈRE CHANCE

Projet Hail Mary – États-Unis – 2026
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Science-Fiction
Réalisateur : Phil Lord, Christopher Miller
Acteurs : Ryan Gosling, Sandra Hüller, Milana Vayntrub, Ken Leung, Liz Kingsman, James Wright, Orion Lee, Aaron Neil…
Musique : Daniel Pemberton
Image : 1.78 et 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital 5.1 Français, Espagnol, Néerlandais…
Sous-titres : Français, Anglais, Espagnol, Néerlandais…
Durée : 156 minutes
Editeur : Amazon MGM Studios
Date de sortie : 26 août 2026
LE PITCH
Ryland Grace, professeur de sciences, se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial, à des années-lumière de la Terre, sans aucun souvenir de son identité ni des raisons de sa présence à bord. Peu à peu, sa mémoire lui revient, et il comprend l’enjeu de sa mission : résoudre l’énigme de la mystérieuse substance qui cause l’extinction du Soleil.
Sunshine
Ryan Gosling sauve seul (ou presque) le monde avec son cerveau, son sens de la communication et son charme dans une aventure feel good aux airs de gros blockbuster estival lambda. Pourtant, ce retour à un cinéma popcorn positif et bienveillant réenchante l’exploration spatiale.
On peut avoir la sensation à la lecture du pitch et la vision des premières images d’assister à une nouvelle resucée d’une énième mission suicide pour le bien de tous, bien incrustée dans la veine d’ Interstellar avec une bonne dose de l’épopée en solitaire à la Seul sur Mars. Ça tombe bien le roman à l’origine de Projet dernière chance a bien été rédigé par le même Andy Weir, et adapté par le même Drew Goddard (La Cabane dans les bois, Daredevil, Angel…) qui en transposent une grande partie du suspens et des enjeux non plus sur la planète rouge mais dans une navette en partance pour une lointaine planète où résiderait la solution à une disparition annoncée de notre soleil. Comme avec Matt Damon chez Ridley Scott, une bonne part de la réussite du film repose dès lors sur l’attachement ressenti par le spectateur envers la star du film de tous les plans quasiment, le toujours sympathique Ryan Gosling bien installé non pas dans la défroque d’un cosmonaute expérimenté et au sang froid implacable, mais dans celle d’un scientifique pas franchement taillé au départ pour l’aventure. Un personnage à la carrière compliqué, devenu prof de collègue avant d’être embarqué malgré lui dans l’épopée, se réveillant seul survivant à bord et la mémoire bien détériorée par le sommeil artificiel. Du grand classique dans le petit monde la SF mais toujours porté avec une grande sincérité et un soupçon de candeur par un acteur qui se remémore ici peut-être ses débuts chez Disney (on pense souvent à la grande époque du studio) tout en installant avec beaucoup de justesse une émotion vive et palpable.
Seul mais pas longtemps
C’est que cette solitude qui occupe un bon tiers du film ouvre la voie à l’arrivée d’un second personnage, spoilé dès la bande-annonce et désormais connu de tous, prenant la forme d’un alien de nature biologique totalement différente de l’être humain. On pense à E.T. on pense à cette palanquée de gentilles bestioles des années 80, mais aussi au très beau Premier contact de Denis Villeneuve où seule la découverte d’un langage commun permettait de sauver le monde. Réalisateurs de Tempête de boulette géants, La Grande Aventure Lego et scénaristes / producteurs de Spider-man New Generation et sa suite, Phil Lord et Christopher Miller ne rechignent jamais à reprendre quelques vieilles recettes et optent plus souvent pour l’humour gamin (plus que potache) pour aborder des notions particulièrement sérieuses, mais ils renouent par là avec une certaine idée du divertissement familial, abordable, mais jamais creux ou cynique. Ce voyage dans le cosmos est avant tout humain, une quête initiatique pour un anti-héros qui peine à se révéler et s’accepter, qui ne peut que passer par un regard totalement hors du monde et des péripéties hallucinées incluant quelques sorties particulièrement risquées dans le vide de l’espace ou les lisières de l’atmosphère d’une planète lointaine. Entre comédie fantastique, drame léger mais bien présent et grand spectacle généreux, le duo de réalisateurs n’échappe pas à quelques petites longueurs, mais sait toujours rattraper le rythme par quelques flashbacks bien placés (et utiles) et des scènes d’action assez étourdissantes, renvoyant Ryland à sa place microscopique dans l’univers, tout en déployant des couleurs, des jeux de lumières et des mouvements haletants dans la lignée de leurs aventures du tisseur.
Les effets spéciaux étant toujours à la hauteur des ambitions, Projet dernière chance est un film plutôt beau, jusque dans son message, sa petite poésie et cette illustration d’une amitié improbable avec un amas de gros cailloux. Le fait que malgré son design anti-anthropomorphique on finisse inévitablement par s’attacher à ce brave Rocky, montre bien que Projet dernière chance est un film qui a définitivement du cœur.
Image
Sans grande surprise, mais avec un grand plaisir, on découvre une copie UHD de très grande tenue, sans faille dans sa précision et sa restitution, impressionnante dans les teintes et les contrastes déployés, toujours ferme et profonde dans les noirs et vive dans les détails. Impossible de trouver ici le moindre moment de faiblesse, jusque dans les alternances entre le format 2.35 (le temps sur terre) et 1.78 IMAX (le reste), aussi fluides et naturels que la cohabitation et l’intégration des nombreuses images de synthèses. L’apport du Dolby Vision n’est pas anodin non plus et les quelques visions cosmiques se montrent presque plus intenses et explosives que dans certaines salles.
Son
Peut-être pas aussi puissant et démonstratif qu’attendu et pourtant le Dolby Atmos s’avère une piste sonore tout à fait réussie par sa délicatesse et son travail admirable sur les ambiances intérieures. Les longs passages dans la navette de Ryland reposent sur des sensations claustro bien négociées avec toute une batterie de bruitages efficacement spatialisés, et étrangement naturels, avant que les quelques sorties dans le vide extérieur laissent place à des démonstrations nettement plus musclées mais toujours aussi détaillées et immersives.
Comme trop souvent la seule proposition d’un Dolby Digital 5.1 pour le doublage français fait un peu chiche.
Interactivité
La section bonus de Projet Dernière chance est loin d’être chargée. Une sympathie featurette entièrement tournée vers la conceptualisation de Rocky, de la description du roman à la version cinéma en passant par les différentes techniques utilisées pour lui donner vie (et pas que des images de synthèses), fait office d’unique making of. Reste dans la foulée quelques scènes coupées plutôt sympas, dont une version bien plus longue et très drôle de l’enfilage de la combinaison, et un commentaire audio des deux réalisateurs, très complet et jovial, mais que l’éditeur n’a pas jugé bon de sous-titrer.
Liste des bonus
Commentaire audio de Phil Lord et Chris Miller (VO), 5 scènes coupées (10’), « L’Éridien préféré de la terre » (8′).







