LE DESTIN DU FUGITIF

Four Faces West – États-Unis – 1948
Support : Bluray & DVD
Genre : Western
Réalisateur : Alfred E. Green
Acteurs : Joel McCrea, Frances Dee, Charles Bickford, Joseph Calleia, William Conrad, Martin Garralaga, Raymond Largay, John Parrish…
Musique : Paul Sawtell
Durée : 89 minutes
Image : 1.37 16/9
Son : Anglais Dolby Digital 2.0 mono
Sous-titres : Français
Editeur : Sidonis Calista
Date de sortie : 11 septembre 2026
LE PITCH
En arrivant à Santa Maria, au moment où le nouveau shérif, Pat Garrett, prend ses fonctions, Ross McEwen espère obtenir de la banque un prêt de 2 000 $, indispensables à la survie du ranch de son père. Essuyant un refus, il prend l’argent de force, non sans laisser une reconnaissance de dette et la promesse d’un remboursement. Furieux, le banquier met sa tête à prix pour 3 000 $. McEwen prend la fuite, traqué par Garrett et sa milice. Mordu par un serpent, il parvient à se réfugier dans un train où une belle infirmière le soigne avant de se rallier à sa cause. Mais l’opiniâtre shérif reste à ses trousses, conscient qu’il poursuit un desperado bien différent des autres…
Gentleman Cowboy
Sidonis enrichit sa collection consacrée aux westerns de légende avec le méconnu Le destin du fugitif. Un western atypique et attachant signé Alfred E.Green avec Joel Mcrea en vedette. Sorti de façon assez confidentielle en 1950, deux ans après sa sortie aux États-Unis, dans les salles de province française, Le destin du fugitif fut longtemps un film rare et inédit qui attirait toutefois l’attention des amateurs pour une raison saugrenue : pas un seul coup de feu n’est tiré dans ce western !
Il serait toutefois inconvenant de ne résumer ce film qu’à cet aspect, aussi insolite soit-il. Et des éléments insolites, il n’en manque pas dans ce long-métrage qui nous fait voyager dans le Nouveau-Mexique de son auteur Eugene Manlove Rhodes. Ecrivain et cowboy, l’œuvre de Rhodes est reconnue en Amérique pour son réalisme, et c’est une de ses nouvelles « Paso por aqui » qui sert de base au Destin du fugitif. Particulièrement fidèle au récit original, selon Bertrand Tavernier, le film suit l’histoire d’un cowboy « obligé » de braquer une banque pour aider son père. Dès le départ, les conventions sont bousculées avec cet hold-up qui n’en est pas un puisque le malfrat ne prendra que les 2000 dollars nécessaires et qu’il tient à laisser une reconnaissance de dettes ! Ce « Good Badman » est interprété par Joel McRea vedette du cinéma des années 1930-40 qui se lance alors dans un véritable chemin de croix pour pouvoir échapper aux forces de l’ordre, mené par un Pat Garret débonnaire incarné par Charles Bickford, et rembourser sa dette !
Western familial
Réalisé en 1948 par Albert E.Green, acteur et réalisateur stakhanoviste, et produit par Harry Sherman (à qui l’on doit l’apparition à l’écran de Hopalong Cassidy), Four Faces West a été tourné en partie au Nouveau-Mexique et ses paysages magnifiquement mis en image par le directeur de la photographie Russell Harlan qui cette même année était également sur le tournage de La rivière rouge. A partir d’un canevas assez classique, un bandit hors-la-loi pourchassé à travers l’Ouest américain, le film sort toutefois de l’ordinaire notamment grâce à son quatuor d’acteurs auquel s’ajoutent Joseph Calleia (La soif du mal) et Frances Dee. Cette dernière, actrice reconnue depuis les années 1930 (Les 4 filles du Dr March), était la femme de Joel McRea et leur complicité saute aux yeux tant leur romance semble convaincante… et atypique comme lorsque la jeune infirmière poursuivra son amoureux au grand galop pour lui faire entendre raison !
Pourvu d’un rythme soutenu qui fait que le spectateur ne s’ennuie jamais, ponctué de péripéties et de cavales, ce film familial où les colts ne fument jamais mérite évidement la découverte pour les passionnés de western !
Image
Avec un Master restauré 4K, Le destin du fugitif paraît « à peine » ses quasi 80 ans d’existence ! Malgré quelques défauts (poussières, trainées…), le rendu est tout simplement impressionnant et met en exergue le talent du photographe Harlan. L’image est parfaitement stable et lumineuse, le grain argentique bien préservé et la profondeur de champ impressionne. Une très belle copie.
Son
Pas de version française mais une version originale plutôt satisfaisante malgré quelques souffles et craquements. Le mixage rend hommage aussi à la BO de Paul Sawtell bien intégrée au récit.
Interactivité
Après une première édition DVD sortie en 2015, Sidonis fait basculer le film vers la HD avec l’habituel combo Blu-ray-DVD. Près d’une heure de bonus audio nous sont proposés, avec la reprise de trois interviews présentes sur l’ancienne édition et une plus récente avec Noël Simsolo.
L’historien du cinéma rappelle sa découverte d’« un film assez inconnu au réalisateur oublié » qui l’avait « mis par terre, tellement c’est beau ! ». Il évoque aussi un scénario surprenant, la carrière du réalisateur, le statut de vedette de McRea, l’archétype du « good badman ».
Bertrand Tavernier revient sur la difficulté qu’il avait eue pour voir ce film rare, qui avait une belle réputation malgré sa confidentialité. Il souligne que c’est un film « où les choses ne se passent pas comme prévu », revient sur le travail du directeur de la photographie Russel Harlan qui magnifie les paysages ainsi que sur l’œuvre de Eugene Manlove Rhodes dont la nouvelle Paso a qui servit de base au scénario.
Enfin, nous retrouvons également Patrick Brion qui chante les louanges de Joel McRea dont il fait une figure consciente de l’Amérique à l’image du film Le destin du fugitif, Buffalo Bill mais aussi Correspondant 17 de Hitchcock. Yves Boisset quant à lui rappelait le caractère exceptionnel d’un film sans coups de feu et évoquait une réalisation humble et efficace
Liste des bonus
Présentation du film par Bertrand Tavernier (25’), par Noël Simsolo (11’), par Yves Boisset (11’), par Patrick Brion (11’).






