OBSESSION

Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Curry Barker
Acteurs : Michael Johnston, Inde Navarrette, Megan Lawless, Andy Richter, Cooper Tomlinson, Haley Fitzgerald, Anthony Pavone, Darin Toonder…
Musique : Rock Burwell
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais Dolby Atmos et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 109 minutes
Editeur : Le Pacte
Date de sortie : 6 octobre 2026
LE PITCH
Et si vous pouviez réaliser votre rêve le plus fou ? Un jeune introverti met la main sur un objet magique capable d’exaucer n’importe quel souhait. Son crush de toujours tombe alors raide dingue de lui jusqu’à l’obsession la plus totale. Faites attention à ce que vous souhaitez !
Amour fou
On nous refait le coup à chaque fois. Il suffit qu’un jeune réalisateur repéré par un court-métrage malin passe au long, adoubé par de belles maisons comme A24 ou Blumhouse, et connaisse un joli succès dans les festivals après un tournage express et un budget limité pour qu’on parle de phénomène. Obsession rentre parfaitement dans la case, et même s’il a été une fois encore survendu, il se montre peut-être plus malin qu’on ne le pensait.
Reprenant à son compte un grand classique des contes fantastiques, Obsession remet donc aux goûts du jour ce fameux vœux symbolique dont les conséquences vont rapidement s’avérer désastreuse. Un simple bitoniau en plastique trouvé dans une boutique qui permet de réaliser son plus beau souhait lorsqu’on tire les deux bouts d’un coup sec avec un joli pop, et le tour est joué. Brave gars trop timide et renfermé pour être épanoui dans la vie, Bear choisit de rendre sa pote Nikki follement amoureuse de lui. Une solution de facilité à la place de faire l’effort de la séduire et de révéler ses sentiments qui va lui couter chère. Ici le fantasme d’un jeune homme, qui imagine donc une relation simple et idéale, sans tracas et toute en admiration (un petit montage façon romcom vient appuyer les rares moments de bonheurs), devient rapidement un véritable cauchemar. Nikki n’est plus vraiment celle qu’il aime, mais plutôt une sorte de projection flippante et totalement malade dont l’obsession pour lui va passer de gênante à inquiétante pour finir par être parfaitement dangereuse et tordue. Comme une version longue (presque deux heures tout de même) d’un épisode des Contes de la crypte, Obsession ne déviera alors pas de sa chute annoncée… ce qui en fait sa principale qualité mais aussi sa légère limite.
Un petit nid douillet
A bonne école, le jeune réalisateur opte pour une lente déliquescence du cadre quotidien, multipliant les plans fixes, les cadres construits et fermés, sans jamais abuser (ouf) d’une langueur fixée ou trop poseuse. Jusque ce qu’il faut pour mettre le spectateur mal à l’aise devant un sourire qui s’étire trop longtemps, un regard trop implorant puis cette silhouette qui attend immobile dans un coin de la chambre et à ponctuer le tout de quelques moments de pure hystérie violente en guise de sursauts. La formule fonctionne plutôt bien même si clairement Curry Barker semble totalement se moquer de sa petite mythologie brièvement mise en place et un peu maladroitement reprise dans la dernière bobine, totalement accroché à sa métaphore sadique d’une relation toxique. Toxique mais à sens contraire car si le jeune homme semble être au début présenté comme la future victime d’Obsession, il se révèle rapidement comme le bourreau de Nikki dont la vraie personnalité rejaillit parfois, terrorisée, dans cette mise en scène de l’emprise où la pauvre fille n’est donc plus vraiment elle-même, enfermée dans la posture de la dulcinée idéale et dévouée. La seule scène de sexe du film, froide et sombre, s’apparente alors effectivement à un viol, et même conscient de l’état réel de l’objet de son amour, Bear n’imaginera revenir sur son vœu que tardivement et pour se protéger lui-même.
Jusqu’à son final à l’ironie parfaitement cruel, détournant le sacro saint Romeo & Juliette, Obsession illustre donc surtout Nikki en prisonnière d’une histoire bien malsaine mais, hors argument fantastique, tristement commune, et érige l’actrice Inde Navarrette (bientôt Rogue dans le reboot des X-Men) en spectaculaire révélation. Passant d’une personnalité à l’autre avec une facilité confondante, capable de préserver une certaine fragilité au milieu des délires plus grotesques et de se lancer dans une poésie douteuse avec une candeur des plus malaisantes, elle s’impose comme le premier argument de ce petit film d’horreur bien méchant.
Image
En dehors de quelques séquences se déroulant au restaurant ou à la boutique où les protagonistes travaillent, Obsession est un film à la photographie volontairement très sombre. Tourné avec des caméra Arri Alexa 35 il s’installe très bien sur format Bluray assurant une définition exemplaire, bien détaillée et très fidèle aux intentions initiales, mais il gagne une lisibilité plus prononcée encore en UHD avec une source 4K aux noirs puissants mais aux ombres légèrement plus détaillées et profondes permettant de donner de meilleurs contours aux silhouettes. Dans tous les cas ce sont là des transferts on ne peut plus solides.
Son
Belle performance aussi pour la piste Dolby Atmos qui préserve l’aspect assez intimiste du métrage, mettant en avant les dialogues, les rares ambiances de foule et surtout les silences oppressants, développant sa dynamique lors de quelques hurlements et surgissements bien placés. Classique mais très efficace. Le doublage français, honorable, s’en sort assez bien avec un DTS HD Master Audio 5.1 qui en préserve les sensations d’enveloppement et d’enfermement.
Interactivité
Le film est accompagné d’un petit making of assez classique où le réalisateur et les acteurs reviennent sur ses origines, leur arrivé dans le projet et surtout la grande performance d’Inde Navarrette avec quelques anecdotes sur le tournage des scènes clefs. Plus approfondis et riche en informations, le commentaire audio permet de retrouver un réalisateur ravi de signer son premier long et de partager de nombreuses informations techniques sur son bébé ou de rendre hommage au soutien apporté par ses parents et ses proches. Quelques moments de blancs, mais aussi pas mal de sincérité et d’informations.
Liste des bonus
Commentaire audio de Curry Barker, « Au coeur de l’obsession » : Making of (20′).





