LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS & LE MONDE DES MORTS-VIVANTS

El ataque de los muertos sin ojos, El buque maldito – Espagne – 1973, 1974
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Amando de Ossori
Acteurs : Tony Kendall, Fernando Sancho, Esperanza Roy, Frank Brana, Maria Perschy, Jack Taylor, Barbara Rey…
Musique : Antón García Abril
Image : 1.37 et 1.85 16/9
Son : Espagnol et Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 91 et 90 minutes
Editeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : mars 2026
LE PITCH
Le Retour des morts-vivants : Dans la petite ville portugaise de Bouzano, les habitants préparent une grande fête commémorative. Mais l’événement réveille accidentellement les redoutables templiers morts-vivants exécutés cinq siècles plus tôt pour hérésie. Aveugles et implacables, ces spectres sortent de leurs tombeaux pour semer la terreur. La panique s’installe alors, et les villageois tentent de se barricader.
Le Monde des morts-vivants : Deux jeunes femmes, un modèle et une actrice, disparaissent lors d’une campagne publicitaire en mer, près d’Alicante. Leur bateau étant tombé en panne, elles ont trouvé refuge sur un mystérieux galion fantôme apparu dans la brume. À bord, elles découvrent qu’il est habité par les templiers morts-vivants.
Morts et fiers de l’être
Grand incontournable du cinéma d’horreur espagnol, la saga des Templiers maudits d’Amando de Ossori aura longtemps été difficilement visible, fragmentaire et mal traitée. Depuis 2004 et la sortie en Bluray de La Chevauchée des morts-vivants et l’hommage tardif quasi officiel La Malédiction des Morts-vivants, Le Chat qui fume reconstitue peu à peu la collection. Si le premier opus est toujours absent, l’éditeur nous gratifie désormais des chapitres 2 et 3 et en restauration 4K sur vos applaudissements !
Lorsqu’il réalise en 1971 le premier La révolte des morts-vivants, Amando de Ossori (Malenka la vampire) s’inscrit directement dans le renouveau du cinéma d’épouvante espagnol personnifié par l’icône Paul Naschy marqué par un retour aux grandes figures classiques mais souvent installées, comme ici, dans un cadre plus contemporain et on ne peut plus local. Ainsi, ces morts qui marchent ibériques ne sont pas simplement des décalques des lointains cousins américains de George A. Romero, même si La Nuit des morts-vivants est une influence plus qu’évidente, mais installent leur propre mythologie en inscrivant leurs origines dans l’histoire européenne et les méfaits, avérés ou non, de l’Ordre des Templiers, chevaliers croisés entourés de mystères et de légendes depuis le moyen-âge.
Après un premier opus totalement inscrit dans l’atmosphère sépulcrale du gothique à l’ancienne, déjà bien marqué par quelques excès gores bienvenus, une bonne pointe d’érotisme et quelques cavalcades au ralentis, Le Retour des morts-vivants produit deux ans plus tard déplace légèrement l’action chez les voisins portugais, dans un petit village de la campagne profonde où on célèbre depuis des siècles la victoires des ancêtres sur les terribles méfaits d’une secte qui passait ses soirées à pratiquer les opérations à cœur ouvert sur leurs patientes non volontaires. Bien entendu les festivités vont être gâchées par un retour inopiné (merci le bossu du coin) et une chevauchée meurtrière qui va envahir les rues, fouiller les maisons et massacrer son prochain. Si l’horreur est toujours aussi présente, avec cette même fascination pour les brumes envahissantes, les ralentis flottants et les décapitations, et surtout une célébration fascinante de ces créatures squelettiques et encapuchonnées annonçant les futurs Nazgul de Peter Jackson, l’opus se tourne aussi bien vers quelques codes et une structure de western avec en point d’orgue une poignée de survivants assiégés dans une église. On y reconnait là le fameux Rio Bravo, mais aussi l’école du western italien dans un défilé de personnages tous plus individualistes les uns que les autres, où le maire poussera même certains à se sacrifier, dont une petite fille, pour faire diversion. En plein déclin du franquisme, cette belle brochette de machistes violents et lâches ne résonne clairement pas dans le vide.
« Il était un petit navireuh… »
Sans doute le chapitre le plus maitrisé et le plus ambitieux dans sa mise en scène (malgré un cadre resserré en 1.37), Le Retour des morts-vivants et son succès populaire indéniable, même en dehors de l’Espace, aurait dû ouvrir la voie à un quatrième chapitre plus impressionnant encore. Malheureusement les fonds n’auront malheureusement pas été à la hauteur et on sent le réalisateur / scénariste légèrement à court d’inspiration dans cette trame franchement lâche où les personnages, réunis in fine sur un galion fantômes (une maquette aux airs de jouet), semblent errer continuellement dans un décor aussi réduit que vide. L’idée de déplacer l’action en pleine mer et de s’intéresser à une branche plus ouvertement satanique des maudits templiers était pourtant effectivement des plus alléchantes, mais après une première partie qui s’éternise en tergiversations (possible ou pas possible ? , malédiction ou simple coup publicitaire ?) et à présenter des personnages assez stéréotypés, le dernier tiers se contente de faire revenir les cadavres cagoulés pour les lacher sur le pont, gémissants tous droits devant, réduits à s’emparer de quelques donzelles en maillot de bain. Le bis perd un peu de sa subtilité, s’avère assez chiche en effets sanglants, plutôt mous dans l’ensemble, mais résiste heureusement grâce à cette fameuse ambiance constamment étrange et cauchemardesque, délicieusement morbide qui perpétue l’iconisation de figures inoubliables du cinéma d’horreur. Ce sont encore et toujours elles les stars, créatures asséchées par le temps et le mal, hantant l’Espagne moderne comme d’autres fantômes historiques nettement plus présents dans cette Espagne des années 70 s’efforçant d’oublier ses âges obscurantistes.
Image
Le Chat qui fume nous à trouvé ici deux superbes copies pour ces petits classiques du cinéma d’horreur espagnol. Il s’agit d’authentiques restaurations 4K, proposées sur support UHD et Bluray, affichant une image tout simplement inédite sur ces métrages : propre, stable, aux couleurs rehaussées et au piqué précis et creusé. Le rendu est tout particulièrement impressionnant sur Le Retour des morts-vivants avec une netteté exemplaire qui se marie admirablement aux teintes chaudes et aux grain léger et organique. Tout aussi généreux, Le Monde des morts-vivants bataille parfois un peu plus hardiment avec le grain initial mais reste une belle performance.
Son
Les pistes sonores gardent leur cachet un peu rustre d’origine avec des pistes originales DTS HD Master Audio 5.1 claires mais parfois encore habitées de quelques chuintements, quand les versions doublées françaises tout aussi frontales aplatissent un peu plus les ambiances. On notera d’ailleurs que ces dernières doivent parfois laisser échapper quelques échanges dialogués en vost, les films ayant été légèrement rabotés pour leurs premières exploitations hexagonales.
Interactivité
Boitier double scanavo full frame et fourreau cartonnés sont bien entendu la norme chez Le Chat qui fume mais on soulignera tout de même les excellents visuels inédits, dans la continuité de celui de La Chevauchée des morts-vivants et qui donne à l’ensemble un bel esprit de collection.
Comme souvent les bonus se retrouvent uniquement sur les disques Bluray avec quelques interviews inédites qui reviennent sur l’importance de ces métrages dans le genre en Espagne et ailleurs. Pour le premier c’est tout d’abord l’actrice Loreta Tovar qui se remémore le tournage et le sérieux d’Amando de Ossorio dont elle loue le professionnalisme et l’inspiration, puis Ángel Sala directeur du festival de Sitges qui redonne toute son importance au métrage et à son metteur en scène tout en analysant les qualités et les inspirations de l’objet.
Pour le second Víctor Matellano, réalisateur, entre autres, de documentaires sur les films d’horreur espagnol, revient sur la gestation plus compliquée du troisième opus et les déceptions de son auteur avant qu’Antonio Garcinuno, spécialiste des effets spéciaux, ne nous présente certaines techniques, maquillages et objets utilisés dans la saga des Morts-vivants.
Liste des bonus
Le Retour des morts-vivants : Souvenirs d’Amando de Ossorio avec l’actrice Loreta Tovar (10’), Le Retour des morts-vivants avec Ángel Sala (30’), Films annonces.
Le Monde des morts-vivants : Les Templiers errants avec Víctor Matellano (26’), Les vestiges des templiers avec Antonio Garcinuno, artiste FX et historien du cinéma (17’), Films annonces.






