HELLBOY : THE CROOKED MAN

Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Bulgarie – 2024
Support : Bluray
Genre : Fantastique
Réalisateur : Brian Taylor
Acteurs : Jack Kesy, Jefferson White, Adeline Rudolph, Leah McNamara, Suzanne Bertish, Joseph Marcell, Martin Bassindale, Hannah Margetson…
Musique : Sven Faulconer
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 99 minutes
Editeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 23 octobre 2026
LE PITCH
Hellboy et Bobbie Jo, deux enquêteurs du B.P.R.D., unité spécialisée dans le paranormal, se rendent dans les montagnes de Virginie où ils rencontrent Tom Ferrell. Alors qu’il était adolescent, le jeune homme vendit son âme à un démon, une abomination surnommée « l’Homme Tordu » (le « Crooked man »). Ensemble, le trio va s’enfoncer jusqu’au cœur des Appalaches pour affronter le démon et tenter de récupérer l’âme du malheureux.
Une enquête du BPRD
Seconde tentative pour le studio Millenium Media de porter le comic à l’écran après le reboot très oubliable de Neil Marshall en 2019, The Crooked Man n’a pourtant même pas eu les honneurs d’une sortie salles. Un passage par la case DTV et une diffusion discrète sur Amazon Prime et pourtant, pour une fois, il s’agit bel et bien d’une adaptation d’un comic de Mignola.
C’est que aussi formidables soient-ils, les deux œuvres de Guillermo Del Toro restent presque avant tout des œuvres de Guillermo Del Toro, mais aussi d’une certaine façon des blockbusters superhéroïques dont l’échelle des enjeux ne reflétaient pas forcément les nombreuses aventures d’un personnage surtout connu pour être un détective de l’étrange. Bagarreur certes, mais le plus souvent plongé dans des folklores plus inquiétants que tapageurs. C’était justement le cas dans la mini-série L’homme tordu, imaginée par Mignola mais dessinée par le tout aussi génial Richard Corben, récit de sorcellerie, de malédiction et d’apparitions démoniaques se déroulant dans les zones les plus reculés des Appalaches, au sein d’une communauté en marge de l’Amérique des 50’s. Une histoire particulièrement mémorable et adaptée ici en personne par Mike Mignola, assurant justement une grande fidélité, pour une fois, au matériau d’origine. Notre nouveau Hellboy se montre d’ailleurs nettement plus froid, distant et rustre que dans les autres films, correspondant parfaitement à son homologue de papier.
Terres maudites
Malheureusement, malgré les ambitions du studio et surtout du réalisateur Brian Taylor (Hyper Tension, Happy !) la production n’a pas franchement les moyens correspondants, affichant un budget avoisinant le tiers du précédent, un tournage de quelques semaines en Bulgarie et des effets spéciaux qui sont à l’avenant : les rares images de synthèses sautent bien trop aux yeux et les maquillages manquent cruellement de naturel et de souplesse. Pauvre Jack Kesy (Deadpool 2, Horse Soldiers…) littéralement figé derrière son masque de diable rouge, la queue en caoutchouc pendant mollement et ne pouvant sérieusement pas faire oublier le charisme imparable de Ron Perlman. Loin de se hisser aux hauteurs de la beauté picturale des films de Del Toro, The Crooked Man doit se contenter d’une photographie limitée, très numérique, tandis que la mise en scène peine effectivement à dynamiser les rares moments où l’action pourrait exploser. Modeste, très modeste, mais c’est aussi cette modestie (plus subie que voulu) qui peut donner un certain charme à cette aventure ciné de Hellboy, refusant les enjeux grandiloquents et les fins du monde annoncées, pour se cantonner à un petit film d’épouvante à l’ancienne où les affrontements se déroulent plus dans une dimension spirituelle que face à une invasion de morts-vivants vite expédiée. Un peu trop bavard certes, et pourtant, ces errances dans ces bois grisâtres parsemés de baraques habitées par des trognes de sorcières, ces rencontres gothiques avec l’Homme tordu ou cette très réussie séquence de possession par un serpent circulant tel ouroboros à travers le corps de sa victime, font naitre une vraie ambiance, curieuse, étrange, de folk horror pulp qui fonctionne plutôt bien.
Loin d’être la purge annoncée par beaucoup, ce trop vite enterré The Crooked Man ne peut effectivement pas vraiment concurrencer les trois films précédents par son économie nettement plus étriqué et son échelle dramatique plus restreinte. On y retrouve cependant plus d’une fois l’identité très particulière du comic et on se demande si on n’avait pas plutôt là une bonne base de pilote pour une série tv dédiée à ce Hellboy qui ne manque effectivement pas de rencontres terrifiantes à porter à l’écran.
Image
Film modeste, le Hellboy ne fait pas forcément beaucoup d’étincelles en HD, travaillant une source numérique volontairement assez terne et souvent très sombre. Le transfert reste cependant solide avec un bel effort sur le piqué et la profondeur, des matières plutôt solides et une palette qui réussit toujours à aller chercher un peu de couleurs et de contrastes dans chaque tableau. Il existe une édition outre-Atlantique en 4K mais on se demande bien ce qui a pu y être gonflé puisque déjà les retouches visuelles en post-production (durcissement des noirs, collages numériques…) entrainent quelques paquetages et effets d’halo dans les ombres.
Son
L’éditeur français propose un DTS HD Master Audio 5.1 quand l’homologue US s’est contenté étonnement d’un Dolby Digital 5.1 plus restreint. Pas de grandes merveilles cependant, là aussi le film la joue surtout feutrée et ambiances écrasantes. La musique peut cependant se montrer bien enveloppante, quelques effets sonores inquiétants s’installent en arrière et les rares scènes d’action s’efforcent de dynamiser un peu tout cela.
Interactivité
Là aussi Metropolitan fait mieux que l’édition américaine en nous proposant une interview inédite de Brian Taylor. Ce dernier revient sur sa fascination envers le travail de Mike Mignola et son envie de rendre (enfin ?) honneur au comic en livrant une adaptation le plus fidèle possible. Il évoque une production et un tournage assez précipités et les aspects imprévisibles de la création d’un film. Une intervention un peu courte mais qui souligne la volonté de bien faire et la sincérité du projet.
Liste des bonus
Interview du réalisateur (13’), Bandes annonces.






