HALLUCINATIONS

The Comeback – Royaume-Uni – 1978
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Pete Walker
Acteurs : Jack Jones, Pamela Stephenson, David Doyle, Sheila Keith…
Photographie : Peter Jessop
Musique : Stanley Myers
Durée : 100 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : BQHL Editions
Date de sortie : 25 juin 2026
LE PITCH
Après s’être éloigné de la scène pendant six ans en raison d’un divorce conflictuel, le chanteur Nick Cooper entreprend de faire son grand retour. Sur les conseils de son impresario, il s’installe dans une grande demeure du Kent pour travailler en toute tranquillité à son nouvel album. Suite à certains phénomènes été, principalement les cris d’une femme qui déchirent la nuit, son séjour vire au cauchemar. Sa santé mentale fragilisée par le rappel de terribles souvenirs et la découverte de la tête décapitée de son ex-femme, il est admis dans un hôpital psychiatrique. C’est alors que sa nouvelle compagne et l’un de ses proches disparaissent sans laisser de traces. Déstabilisé, Nick Cooper serait-il en train de perdre la tête ?
Un retour brutal
Réalisateur atypique, malgré une filmographie très inégale, Pete Walker aura su s’imposer dans le cinéma d’horreur britannique avec Flagellations, Frightmare et Mortelles confessions, trois films devenus cultes auprès des cinéphiles les plus averti de par leurs aspects notamment ouvertement politiques et dérangeants, mettant le spectateur dans une zone d’inconfort constante. Bien qu’il soit moins connu, ou réputé, Hallucinations, derrière son aspect qui pourrait sembler classique, mérite une véritable réhabilitation.
Après une introduction bien violente où l’on assiste au meurtre bien marquant de l’ex-épouse de Nick Cooper, Pete Walker instaure une ambiance savamment malaisante, où nous retrouvons cette même zone d’inconfort qui a fait sa réputation, rappelant même directement les rives du giallo, versant âpre et brutal où il n’est pas interdit de penser à Lucio Fulci… L’attention pour la pourriture et la décomposition du corps humain qui vient littéralement hanter l’esprit du protagoniste renvoie beaucoup à son cinéma. Ainsi, le deuil d’une relation amoureuse s’enracine dans l’esprit gothique pour mieux en faire éclater la dimension gore avec une pensée en putréfaction. Cette dimension dépasse les seuls mortels pour envahir l’espace architectural avec un manoir austère qui représente l’héritage d’un pouvoir conservateur aux idées en putréfaction d’un côté, en opposition à une jeunesse privilégiée qui installe dans un bâtiment délabré son lieu de vie ultra-moderne qui est amené à connaître à son tour la putréfaction de l’intérieur avec le corps d’une victime dont l’attention portée prendra tout son sens lors du dénouement.
Bruits de couloirs
Ici, la singularité du mystérieux assassin consiste en effet à porter un masque grotesque d’une personne âgée utilisant successivement une faucille, un couteau de cuisine ou une hache pour assassiner ses victimes. Le thème de la vieillesse est ouvertement la parabole de la force conservatrice attaquant une jeunesse émancipée, celle du « swinging london ». Comme le souligne si bien le journaliste Jean-François Dickeli dans la présentation du film, le couple formé par le chanteur et sa compagne haïe par le producteur musical, pourrait rappeler John Lennon et Yoko Ono. En ce sens, Hallucinations a bien saisi le retour du conservatisme britannique incarné par le gouvernement Thatcher qui venait tout juste de prendre le pouvoir en Grande Bretagne.
Si au départ, Pete Walker envisageait, pour le rôle principal, de prendre une star comme Brian Ferry entre autres, c’est finalement le chanteur Jack Jones qui a été choisi. Un crooner ressemblant à la fois à Robert Redford et Barry Newman, à la carrière prolifique, mais surtout connu pour avoir chanté le générique de la très célèbre série La Croisière s’amuse. Côté cinéma, outre ce film, on avait pu l’entrevoir dans American Bluff de David O. Russell. À ses côtés, on retrouve David Doyle (le fameux Bosley dans Drôles de dames) en impresario aux ambitions pour le moins assez troubles. La très jolie et sensuelle Pamela Stephenson, que l’on a pu notamment voir dans un épisode de la deuxième saison de Cosmos 1999, La Folle Histoire du monde de Mel Brooks et dans le très dispensable Superman III, incarne ici une assistante qui va très vite devenir la nouvelle amoureuse de notre chanteur. Enfin, sans surprise, on retrouve Sheila Keith, actrice fétiche du réalisateur, toujours impeccable et clairement inquiétante. Avec tout ce beau petit monde, Pete Walker prend un malin plaisir à brouiller les pistes, en jouant sur l’ambiguïté de certains personnages.
Même si le scénario utilise les habituels ressorts de la maison hantée d’un côté et du giallo de l’autre afin de moderniser de l’intérieur une intrigue qui ne manque pas de surprises, de fausses pistes et de retournements, Hallucinations est un film solidement ficelé qui mérite d’être découvert ou redécouvert.
Image
La copie que nous propose l’éditeur BQHL s’avère très belle. Excepté quelques défauts vraiment très minimes, le piqué reste solide durant tout le film. L’esthétique visuelle conserve le grain de pellicule typique des 70’s. La colorimétrie et les contrastes affichent une belle stabilité.
Son
Si la VF est très claire, mais plus étouffée, la VO est un demi-cran au-dessus. Cette dernière restitue à merveille les dialogues, la musique, les différents bruits sonores. Bien qu’il y ait de légers souffles lors des moments plus calmes, il n’y a pas de quoi crier au scandale.
Interactivité
L’édition propose un livret de 28 pages où l’incontournable et indispensable Marc Toullec en profite pour revenir sur la carrière de Pete Walker. Sur le disque c’est le journaliste de Culturopoing Jean-François Dickeli, qui apporte une analyse très fine et ludique sur le film.
Liste des bonus
Livret rédigé par Marc Toullec (28 pages), Entretien avec Jean-François Dickeli (16’).




