ARCHIE

États-Unis – 2023
Support : DVD
Genre : Biopic
Réalisateur : Paul Andrew Williams
Acteurs : Jason Isaacs, Laura Aikman, Kara Tointon, Jason Watkins, Harriet Walter Calam Lynch, Dainton Anderson…
Musique : Lindsay Wright
Durée : 184 minutes
Image : 2.00 16/9
Son : Français et Anglais Dolby Digital 5,1
Sous-titres : Français
Editeur : Éléphant Films
Date de sortie : 29 septembre 2026
LE PITCH
Cary Grant se sent seul à Los Angeles, il traverse son troisième divorce et se remémore son enfance tourmentée à Bristol, dans l’Angleterre victorienne. Archie Leach, de son vrai nom, est abandonné par son père après la mort de sa mère. Âgé de 14 ans, il trouve refuge auprès d’une troupe de music-hall et part avec cette nouvelle « famille » à New-York. Archie se bat pour percer à Broadway avant de rejoindre Hollywood, où son physique séduisant attire l’attention de la star Mae West. Lorsqu’on lui propose un contrat, il doit choisir un nouveau nom : il opte pour Cary Grant.
Double identité
Le charme haut, le costume seyant, le regard de tombeur, Cary Grant est un fantasme vivant pour toutes les damoiselles (mais pas que) de l’âge d’or d’Hollywood. Entre virilité et fragilité, l’acteur s’est créé une image taillée de toutes pièces pour effacer son passé.
Archie Alexander Leach de son vrai nom a eu deux vies. Si l’on connaît celle mise en lumière par les caméras, sa jeunesse est largement passée sous les radars. Tout un pan de sa vie que l’homme préféra oublier. Son enfance dans les rues de Bristol est un mauvais souvenir. Une histoire digne de Charles Dickens. Son frère meurt alors qu’il est enfant. Sa mère se fait interner, son père l’abandonne à une famille éloignée pour deux shillings par semaine, lui faisant croire que sa mère, en asile, avait succombé à sa folie. Il apprendra trois décennies plus tard qu’elle est toujours vivante ! De quoi traumatiser n’importe qui.
Pas étonnant que, à peine l’occasion se présente, le jeune Archie se fasse engager dans un cirque itinérant pour échapper à la grisaille de son horizon. Cette vie de bohème a le privilège de l’emmener en Amérique, où un concours de circonstance le fera engager pour le grand écran. Son nom, peu vendeur se changera pour celui de Grant, trouvé au hasard en mettant son doigt dans l’annuaire. Une façon idéale de faire table rase du passé et de se créer une image de toute pièce. Celui de l’homme parfait. À qui tout réussi. La suite appartient à l’histoire du cinéma.
Qui est Archie Alexander Leach ?
C’est à cette grande question que la série essaie de répondre. Sous les traits de Jason Isaacs, l’acteur évoque face à un public conquis ses souvenirs. Divisée en quatre temps, la majeure partie de la narration se situe entre les tournages de La Mort aux trousses et celui de Charade. Tirée de documents d’époque et de diverses interviews, la production adoubée par la famille se veut représentative de la réalité. Elle prend le parti de se consacrer aux tourments de l’homme plutôt qu’à sa carrière auréolée de gloire.
Il a beau être Cary Grant, il n’en est pas moins seul pour autant. C’est par le prisme de la conquête de sa quatrième épouse, parmi les cinq qu’il épousa, que le spectateur apprend à le connaître. Ses traumas, sa peur de la paternité, la culpabilité vis-à-vis de sa mère qu’il pense avoir abandonnée contre son gré… Chacune de ses thématiques est approfondie, même si le débat sur sa bisexualité et son amitié plus que profonde avec Randolph Scott est évacuée en une réplique. Jason Isaacs met du cœur à l’ouvrage. Il tente de retranscrire la classe des années 60 de cet acteur alors vieillissant. À ses côtés, les personnages censés incarner Alfred Hitchcock et Audrey Hepburn embarrassent par des sosies ridicules, bien loin de la véracité visuelle. Malheureusement, la série souffre d’une mise en scène trop académique, où les plans se succèdent dans un parfait cahier des charges biographique.
Archie a au moins la qualité de nous faire approfondir une figure majeure du cinéma hollywoodien. La vie de cet homme tiraillé entre malaise intérieur et image publique sera toujours plus intéressante que la fiction.
Image
De facture très télévisuelle, l’image SD n’a rien de déshonorant. La série ne joue ni sur l’esbroufe ni sur les effets de style. La facture reste donc classique, mais satisfaisante.
Son
Les deux pistes sont très comparables en termes de volume. Focalisé sur la voie centrale, la piste son se concentre sur les nombreux dialogues, toujours clairs et frontaux.
Interactivité
La principale interactivité se pare d’interviews des rôles clés de l’adaptation. D’un commun accord, tous parlent du poids que représente le fait de toucher à une star si réputée. Une petite featurette et des instants volés sur le tournage complètent le programme.
Liste des bonus
Featurette (4′), Les coulisses du tournage (5′), Interviews de Jeff Pope (9′), Calam Lynch (5′), Laura Aikman (5’), Jason Isaacs (6′).






