USUAL SUSPECTS

The Usual Suspects – Etats-Unis – 1995
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Thriller, Policier
Réalisateur : Bryan Singer
Acteurs : Stephen Baldwin, Gabriel Byrne, Chazz Palminteri, Kevin Pollak, Pete Postlethwaite, Kevin Spacey, Suzy Amis, Benicio Del Toro, Giancarlo Esposito…
Musique : John Ottman
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 106 minutes
Editeur : Arcadès Editions
Date de sortie : 16 décembre 2025
LE PITCH
Suspect numéro 1 dans une étrange affaire de hold-up, Verbal Kint est soumis à un interrogatoire par des agents fédéraux. Très vite, il dévoile aux policiers que le véritable cerveau de cette affaire n’est autre que le redoutable criminel Keyser Soze, un être machiavélique possédant une intelligence hors du commun. Peu à peu, le suspect va dresser un portrait effrayant de ce criminel que personne n’a jamais vu…
« Et d’un coup, fiou ! Il s’envole. »
Petit film presque indépendant voulu par pas grand monde et attendu par personne, Usual Suspect devint immédiatement LE film sensation de l’année 95. Un modèle du nouveau thriller tordu et manipulateur orchestré de main de maitre et dont, entre autres, le fameux twist final a lancé à lui tout seul une mode dont Hollywood a failli ne jamais se remettre.
C’est plus ou moins la simple histoire d’une série de braquages menée par une équipe hors-pair dont les membres finissent par se faire trahir et éliminer un à un. Rien de neuf dans le petit monde du néo-noir si ce n’est que dans Ususal Suspects tout ce qui sera montré et raconté sera à pendre avec des pincettes, toile à la fois subjective et manipulatrice où les indices les plus importants et significatifs sont constamment dissimulés derrières les vieux codes du polar à l’ancienne. La bande est déjà éliminée que le film commence, construit autour de la conversation entre un flic retors et le seul survivant, « Verbal » Kint, petit truand et arnaqueur de renom, connu pour avoir la langue trop pendue. Le puzzle se reconstruit devant nos yeux, et ce dès la première rencontre entre ces cinq-là, professionnels et spécialistes chacun dans leur domaine, lors d’une étrange séance d’identification qui va, forcément, les amener à se lancer dans une collaboration fructueuse. Une trajectoire plus ou moins dirigée selon les rumeurs par un certain Keyser Soze, grand maitre du crime, entouré de multiples légendes, crains par le monde criminel et que personne n’a jamais vu… ou survécu assez longtemps pour le raconter. Finalement le reste, un cargo rempli d’or ou de drogues, ou valises de métaux précieux, ne sont que purs McGuffin hitchcockiens, de la poudre aux yeux pour continuer à troubler la surface et multiplier les fausses pistes. Usual Suspects s’aborde la première fois comme un mystère à l’opacité fascinante, les fois suivantes comme un véritable jeu interactif où l’on s’amuse à dégotter les nombreux indices et affleurements de la si brillante résolution de l’affaire.
Un coup bien huilé
Regardez bien les noms et les termes écris parfois sur les documents brandis par la police, observez bien les changements d’expressions de certains visages ou les variations d’esthétiques et de styles de la mise en scène… Tout est là, à porté de main, mais il est toujours aussi amusant d’observer comment au premier visionnage Usual Suspects a encore et tendance à mystifier son monde. Un sacré joli coup pour un duo de réalisateur et de scénariste qui n’avait jusque-là cosigné qu’un très intéressant, mais confidentiel, Public Access, et qui dut batailler pour trouver un quelconque financement, leur projet semblant trop compliqué, pas assez linéaire pour les studios américains. Mais, réalisateur à venir des deux premiers X-Men, Superman Returns ou des thrillers Un élève doué et Valkyrie, Bryan Singer impose une mise en scène particulièrement rigoureuse et carrée, voir même intense lors du fameux assaut « final » sur le cargo, tout en soulignant à chaque instant la précision et l’intelligence du script volontairement bavard (mais souvent assez drôle) de Christopher McQuarrie futur scénariste et réalisateur préféré de Tom Cruise (Jack Reacher, Top Gun : Maverick, Mission : Impossible – Dead Reckoning…). Tout s’agence à merveille, bercé par les mélodies langoureuses et tendues d’un John Ottman « hermannien » et bien entendu habité par une distribution absolument parfaite menée à l’époque par Gabriel Byrne et Chazz Palminteri en gueules connues. Mais le casting révéla aussi Benicio Del Toro, déjà irrésistible en magouilleurs trouble et surtout Kevin Spacey, en doublet avec le Seven sorti la même année, dont l’interprétation pathétique et ambiguë est restée dans toutes les mémoires.
Un film qui n’est jamais loin de l’exercice de style roublard, de la démonstration un poil forcée et bien entendu de la carte de visite d’une troupe de petits malins prêts à bouleverser le cinéma américain. Mais devant et derrière la caméra, il y a un tel niveau de talents et de maitrise que la proposition n’a toujours rien perdu en efficacité. Et là où d’autres s’effondrent après la découverte de l’ultime retournement, Usual Suspects affirme lui sa réussite. A re-re-revoir.
Image
Restauré en 2022 à partir d’un nouveau scan 4K des négatifs, Usual Suspects revient en Bluray et UHD en très grande forme, exploitant des cadres plus propres et ancrés que jamais et lui offrant un piqué et une profondeur inédite jusqu’à maintenant en vidéo. Un transfert pointu, solide, précis, qui joue admirablement du grain de pellicule original, mais où on pourra tout de même s’étonner de quelques choix colorimétriques dans le réétalonnage et l’appui du Dolby Vision. La prestation se veut ainsi plus chaude qu’elle ne l’était à l’origine et fait régulièrement déborder les bleus vers des dégradés cyan bien moins convaincants et harmonieux. Curieux, mais surtout dérangeant il est vrai pour les plus pointilleux.
Son
Si le doublage français, plutôt solide, reste accroché à sa stéréo première, tout de même rafraichie pour l’occasion, la version originale se dote d’un mixage DTS HD Master Audio 5.1 nettement plus ample et dynamique. Les dialogues sont toujours centraux et mis en avant dans l’équilibre général, mais les musiques de John Ottman se découvrent une intensité nouvelle et surtout quelques ambiances (rues animées, assaut sur le bateau…) développent un enveloppement bienvenu.
Interactivité
Déception du coté des suppléments de l’édition qui se contentent de la featurette d’époque forcément très promotionnelle et, heureusement, du commentaire audio assez complet -et sous-titré) réunissant le réalisateur et le scénariste. Aucune trace ici des nouveaux bonus concoctés par Kino Lorber aux USA, ni même des multiples documentaires, reportages, scènes coupées ou du commentaire audio du compositeur qui étaient pourtant bien présents sur l’édition Bluray collector de 2013.
Liste des bonus
Commentaire audio de Bryan Singer et Christopher McQuarrie, Featurette originale (1995, 7’), Bande-annonce.






