TIMECOP

Etats-Unis – 1994
Support : 4K UHD & Bluray
Genre : Science-Fiction, Action
Réalisateur : Peter Hyams
Acteurs : Jean-Claude Van Damme, Ron Silver, Mia Sara, Gloria Reuben, Bruce McGill…
Musique : Mark Isham
Durée : 98 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais & Français DTS HD Master Audo 5.1, Anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Éditeur : ESC Films
Date de sortie : 17 septembre 2025
LE PITCH
En 2004, l’officier de police Max Walker, membre d’une unité secrète surveillant les voyages dans le temps, est mis sur la piste du sénateur McComb, l’ambitieux candidat à la Maison Blanche…
Quelque part dans le temps
Plus gros succès au box-office à ce jour de notre Jean-Claude Van Damme préféré et première collaboration de la star avec le vétéran Peter Hyams, Timecop s’offre une seconde jeunesse en 4K UHD chez ESC Films. Un lifting bien mérité pour une série B sans génie mais très plaisante où l’acteur belge tente de faire son Total Recall avec une intrigue à la Philip K. Dick inspiré d’un comic book Dark Horse. La preuve que les grands écarts du karateka voyagent aussi bien à travers le temps que la DeLorean de Retour vers le Futur !
Dernier col à franchir dans la fulgurante ascension de Jean-Claude Van Damme en cette première moitié des années 90, Timecop réunit tous les ingrédients du blockbuster hollywoodien tel qu’il se consomme alors dans les salles. Un script reposant sur un concept à la fois simple et excitant (une police du temps!), une promesse d’action reposant sur une tête d’affiche qui en impose physiquement, des effets visuels spectaculaires, juste assez de violence pour faire frémir la classification PG-13, un réalisateur chevronné aux manettes, un bad guy très très méchant, des punchlines qui glissent toutes seules et le tour est joué !
Mini-série en trois épisodes inclus dans le lancement des anthologies produites par l’éditeur de comics Dark Horse (Sin City, Hellboy, Aliens et Predator version papier, et on en oublie), Timecop s’inspirent sans détour des histoires de paradoxes temporels imaginées par l’auteur Philip K. Dick en confrontant un flic hard boiled, une pure figure de film noir, à un criminel dont les conséquences de ses actes altèrent la réalité. Imaginée par le fondateur de Dark Horse, Mike Richardson, mais concrétisée par le scénariste Mark Veirheden avec des dessins de Ron Randall, Timecop tape instantanément dans l’œil de producteurs d’Hollywood, dont Moshe Diamant, lequel a déjà produit Van Damme avec Double Impact en 1991 et Chasse à l’homme en 1993. Davantage impliqué que par le passé puisqu’il injecte directement son argent dans le budget, Diamant renoue avec Sam Raimi et Robert Tapert, ses partenaires sur Chasse à l’homme, ainsi qu’avec le studio Universal.
Engagé pour adapter sa propre histoire, Mark Verheden en profite pour renforcer ses influences en remplaçant un méchant motivé seulement par l’appât du gain et les diamants d’une mine d’Afrique du Sud par un sénateur aux dents longues et sans scrupules sur fond de complot politique. C’est tout de suite plus ambitieux !
Seul contre tous
Ayant un droit de regard sur le choix du réalisateur, fan de l’excellent Outland où Sean Connery jouait du fusil dans un actionner sci-fi qui revisitait (en mieux) Le train sifflera trois fois, et souhaitant progresser devant la caméra d’un artisan hollywoodien pur jus, Jean-Claude Van Damme porte son choix sur Peter Hyams. Bonne pioche ! La star et le cinéaste s’entendent comme larrons en foire et collaborent étroitement sur tous les aspects du film. Et lorsqu’il hésite ou qu’il panique, Van Damme choisit de sans remettre à Hyams, en toute confiance. D’où une prestation plus solide que la moyenne et bien équilibrée entre sentiments, humour et scènes d’action. Sans doute la meilleure de JCVD pour cette époque avec son rôle de criminel en cavale au grand cœur dans Cavale sans issue.
Conscient de jouer sa place à Hollywood après les bides successifs du Seul Témoin et de Télémaniacs, Peter Hyams ne fait pas de vagues et assume son rôle d’artisan aux ordres de ses commanditaires. Bien que son style soit tout à fait reconnaissable, il se contente de servir la soupe à son acteur principal, sans faire de vagues, sans faire de zêle non plus. Car Timecop n’a rien d’un film qui cherche à réinventer la roue et les trous et les incohérences du script (notamment la mécanique à proprement parler du voyage dans le temps) sont zappés à toute vitesse. Prière de ne pas trop y réfléchir ! Généralement attentif à l’ensemble de son casting et habitué à dresser un constat désabusé des manigances à l’américaine, Peter Hyams se repose sur des personnages à peine ébauchés (Mia Sara et Gloria Reuben jouent les pots de fleurs) et se contente d’un méchant tout à fait caricatural campé par un Ron Silver en roue libre. Seul lot de consolation : avec trois décennies de recul, les ambitions et les discours de ce sénateur rêvant de s’acheter la présidence et de jouer les dictateurs populistes trace un parallèle inattendu et troublant avec un certain Donald Trump.
Tout simplement conçu pour mettre sa star en valeur et nous offrir 90 minutes de divertissement calibré et jouissif, Timecop remplit son contrat sans trop de difficultés et nous permet aujourd’hui une invitation à voyager dans le temps, vers une époque où des héros à la fois musclé et mal rasé bottait le cul des méchants sans prendre de gants, arrosant ce grand échange de baffes de mots d’esprits un peu beauf mais toujours bien sentis. Ah, le passé !
Image
Plans sous-exposés, profondeur de champ écrasée, contrastes marquées, couleurs délavées : proposer en vidéo un rendu fidèle aux intentions formelles du réalisateur Peter Hyams (directeur de la photographie de la quasi-totalité de ses films) est un parcours véritablement semé d’embûches. Avec ses éditions en DVD, ternes et parasitées par un grain disgracieux, Universal avait d’ailleurs échoué à rendre justice à Timecop. S’appuyant sur le master nettoyé et upscalé proposé par les américains de Shout Factory au mois d’avril dernier, ESC corrige enfin le tir et justifie pleinement l’investissement avec un 4K UHD certes encore imparfait mais largement satisfaisant. Certains plans encore poussiéreux témoignent d’une restauration à minima mais les scènes nocturnes ou en intérieur gagnent enfin en définition, le grain se fait discret et certains détails de la direction artistique, invisibles depuis la sortie en salles, font à nouveau leur apparition. Et même si les VFX en image de synthèse accusent désormais leur âge, le rendu en HD est loin d’être aussi cruel que prévu, notamment sur les effets de morphing et de volume qui accompagnent les voyages temporels.
Son
C’est un (petit) peu le talon d’Achille de cette édition. En version originale et en 5.1, les effets sonores manquent parfois de punch et la spatialisation ne sonne pas toujours juste. Bref, l’ensemble, bien que spectaculaire lorsqu’il le faut, laisse un drôle d’arrière-goût. La version française s’en sort par bonheur un peu mieux avec un mixage plus « rond », plus organique et des dialogues moins plaqués à l’avant. C’est en fin de compte la bonne vieille piste en 2.0 qui emporte le morceau avec un dynamisme à l’ancienne parfaitement redoutable. C’est dans les vieilles marmites …
Interactivité
Comme toutes les éditions estampillées ESC consacrées à Jean-Claude Van Damme, Timecop se décline sous plusieurs versions : deux collectors limités au format VHS-BOX et avec des visuels au choix et tout un tas de goodies (affiche, exemplaire du magazine KO Mag, lobby cards, et même un patch aux couleurs de la TEC, la brigade luttant contre les infractions temporels), un steelbook tout aussi limité reprenant le visuel de l’affiche original et des éditions « simples » à venir pour les budgets un peu plus modestes. Et c’est sur le blu-ray que l’on retrouve les suppléments spécialement concoctés pour l’occasion (ou presque). Pour son dixième épisode de « Van Damme, le Poing sur sa carrière », le fanboy Arthur Cauras revient sur trois films sortis entre 2007 et 2009 : le déjà oublié Trafic Mortel d’Isaac Florentine, le mémorable et méta JCVD de Mabrouk El Mechri où la star jouait son propre rôle et Universal Soldier : Regeneration, prolongement bien vénère de la franchise Unisol réalisé par le fils de Peter Hyams, John. On retrouve ensuite Arthur Cauras pour une discussion avec David Da Silva, auteur du bouquin « Jean-Claude Van Damme et ses doubles », autour du film qui nous intéresse ici et avec force anecdotes sur la production et le tournage. Pour finir, ESC recycle le portrait de Peter Hyams réalisé par Alexandre Jousse pour l’édition de Mort Subite en 2021 et qui résume très joliment les 39 ans de carrière du réalisateur de Capricorn One et Outland.
Liste des bonus
« Van Damme – Le Poing sur sa carrière, partie 10 : Traffic Mortel, JCVD, Universal Soldier 3 » par Arthur Cauras (20’), Entretien croisé entre David Da Silva (auteur de « Van Damme et ses doubles ») et Arthur Cauras (40’), Portrait de Peter Hyams par Alexandre Jousse (23’), Bande-annonce d’époque.






