THUNDERBOLT*

Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Action, Fantastique, Super-héros
Réalisateur : Jake Schreier
Acteurs : Florence Pugh, Sebastian Stan, David Harbour, Lewis Pullman, Hannah John-Kamen, Wyatt Russell, Olga Kurylenko, Julia Louis-Freyfus…
Musique : Son Lux
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Doby Audio 7.1 + Français, Allemand, Italien…
Sous-titres : Français, Néerlandais, Allemand, Italien…
Durée : 127 minutes
Editeur : Marvel Studios
Date de sortie : 3 septembre 2025
LE PITCH
Tombés dans un piège redoutable, ces laissés pour compte complètement désabusés doivent participer à une mission à haut risque qui les forcera à se confronter aux recoins les plus sombres de leur passé. Ce groupe dysfonctionnel se déchirera-t-il ou trouvera-t-il sa rédemption en s’unissant avant qu’il ne soit trop tard ?
Marvel-Ish
Changement de braquet pour le Marvel Studio avec Thunderbolt, détour cinéma du côté des seconds couteaux de l’univers comics mais qui apporte (enfin) un vrai petit sentiment de fraicheur aux milieux des bagarres en lycra et des invasions cosmiques. Il ne fallait finalement qu’une petite bande de looser pour que Marvel retrouve, semble-t-il, la bonne voie.
Une idée que Kevin Feige et sa petite cour de producteurs exécutifs ne sont bien entendu pas allé chercher très loin. Alors que James Gunn vient tout juste de relancer l’univers cinématographique DC, Marvel Studio s’inspire ici largement du ton et de l’écriture du réalisateur de la trilogie des Gardiens de la Galaxie et surtout de The Suicide Squad. Ici aussi donc il s’agit de mettre en avant une mauvaise troupe de héros de seconde catégorie (pour ne pas dire de seconde zones) empêtrés dans leurs névroses, leurs passés souvent violents, et qui face à l’adversité vont finalement faire front commun. Classique, mais plutôt bien amené ici avec pour une fois une suite assez logique à une poignées d’évènements contés dans d’autres titres du MCU (Falcon et le Soldat de l’hiver, Black Widow, le dernier Captain America…), mais sans que cela ne nécessite une mémoire encyclopédique, ni même d’en avoir vu l’intégralité. C’est que loin des démonstrations musclées (mais décérébrées) des précédents épisodes du studio, Thunderbolt délaisse justement l’encombrant cahier des charges oscillant entre les séquences de destructions et de duels super-héroiques et une tonalité toujours légère où les protagonistes peinent franchement à se redécouvrir un peu d’étoffe et d’humanité.
La brigade anti-suicide
Dans Thunderbolt, ils sont à nouveau le point d’encrage du film, leur réunion redevenant comme à l’époque du premier Avengers le véritables enjeux du film, mais avec bien entendu une légère prise de distance avec l’héroïsme convaincu des débuts. BuckyBarnes (Sebastian Stan), Red Guardian (David Harbour), Ghost (Hannah John-Kamen), Taskmaster (Olga Kurylenko), John Walker l’autre Captain America (Wyatt Russell) et surtout Yelena Belova, la nouvelle Veuve Noire (Florence Pugh) sont aléatoirement des figures laissées sur le bas-côté, incapables de se remettre de la disparition de leurs proches ou tout simplement des ratés à tendance ridicules. Au-delà des étincelles que leur camaraderie difficilement naissante peut provoquer et les sorties de route que leur manque de cohésion ne peut qu’entrainer, leur trajectoire de reconstruction rejoint directement celle du MCU qui doit apprendre à se débarrasser de ses vieux fantômes et de ses anciennes postures pour renaitre. La présence inédite du super-héros surpuissant Sentry / Bob capable de sauver l’univers comme de le laisser s’enfoncer dans les ténèbres comme contaminé par la dépression collective, fait dès lors presque figures de métaphore filée qui révèle autant la nature des personnages que la place particulière de pivot que Thunderbolt tient dans le programme Marvel. Cela fait bien longtemps qu’un film du studio n’avait semblé aussi conscient de ses atouts et de son potentiel et cette dynamique se concrétise par une photographie signée Andrew Droz Palermo (The Green Knight), sombre et réaliste mais très loin de l’austérité télévisée de ces derniers temps et d’une réalisation plus terre-à-terre de Jake Schreier (croisé sur les séries Brand New Cherry Flavor et Skeleton Crew), finalement assez avare en grande scène d’action. Une économie qui du coup donne une véritable valeur à son climax, plus puissant émotionnellement et visuellement qu’une simple succession de bâtiments qui s’effondrent ou qu’un Hulk rouge qui sautille partout.
Bonne surprise donc pour ce qui s’apparentait au départ (le film à connu des tonnes de réécritures) à un simple film bouche-trou et potache en attendant les 4 Fantastiques et le retour des « véritables » Avengers, et qui pourrait même être, on l’espère, le signal d’un véritable regain d’énergie et d’inspiration chez Marvel Studio. On croise les doigts.
Image
Sans surprise, Disney sort encore l’artillerie lourde avec une copie 4K sans la moindre faiblesse. L’image est d’une pureté et d’une solidité à toute épreuve, s’engouffrant dans tout le potentiel permis par une source Native 4K numérique jusqu’au bout des ongles. Lumières, contrastes, profondeur, teintes (même désaturées) se marient pour un tableau pointilleux et maitrisé. On n’est clairement pas ici dans le feu d’artifice colorimétrique mais les contours de noirs sont toujours admirablement profonds et les apparitions de rouges ou de jaunes primaires laissent un sacré impact.
Son
Même si Thunderbolt n’est pas le film le plus explosif et démonstratif du MCU, sa prestation Dolby Atmos est tout à fait savoureuse. Les dialogues sont rendus avec une belle énergie, les sons de Son Lux (Everything Everywhere All At Once) s’impregnent admirablement sur l’installation et la spatialisation, fluide, organique et naturelle, joue parfaitement des ambiances modernes et urbaines. Les apparitions du « vide » et l’univers mental de Sentry gagnent forcément de la puissance en comparaison.
Disponible en Dolby Audio + 7.1 le doublage français plutôt soigné et efficace, réussit à proposer une performance sonore plus qu’honorable et finalement assez proche dans les détails.
Interactivité
Si on excepte le commentaire audio du réalisateur qui s’efforce, sans dévier du contrat de confidentialité, de délivrer quelques réflexions techniques et narratives, les suppléments de l’édition ne se montrent pas d’une franche pertinence. Il est certes impressionnant de voir que Florence Pugh est allée elle-même tout en haut du gratte-ciel pour l’ouverture du film, mais le ton général, tout comme dans les deux segments tournés vers les acteurs / personnages du film, restent très léger, corporate et finalement peu informatifs. Rien d’incroyable là-dedans en tous cas. Reste alors un petit bêtisier sympa et deux bouts de scènes coupées (presque des inserts) pour les plus curieux. Il y avait beaucoup mieux à faire certainement.
Liste des bonus
Commentaire audio de Jake Schreier, « Retour de tour du monde », « Constituer une équipe mémorable », « Tout sur Bob, Sentry et The Void », Bêtisier, Scènes coupées.







