THE WHALE GOD

鯨神 – Japon – 1962
Support : Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : Tokuzo Tanaka
Acteurs : Kyoko Enam, Shintaro Katsu, Kojiro Hondo, Shiho Fujimora…
Musique : Akira Ifukube
Durée : 100 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : Roboto Films
Date de sortie : 8 juillet 2025
LE PITCH
Sur l’île d’Hirado, une baleine gigantesque devient l’obsession d’un petit village de pêcheurs. De génération en génération, ces derniers périssent sous l’assaut du « Dieu Baleine » et décident d’en finir et de l’éliminer. Parmi eux, Shaki, s’est juré de venger la mort des membres de sa famille. Mais un rival va bousculer ses plans.
Chasse au chimères
Ici, on aime les curiosités. The Whale God est un film un peu sorti de nulle part. Une œuvre que même la Daei avait oublié dans son catalogue. Il a fallu la curiosité et la persévérance du jeune éditeur Roboto pour nous le sortir en nos contrées.
Depuis des générations, une baleine vient semer le trouble et la mort dans un petit village de pêcheurs. Cette situation macabre va aussi bien créer des rivalités que susciter de la vengeance. Le monstre doit mourir. Pris tel quel, le film se donne des airs de Kaiju. Ce serait réducteur de le penser. En effet, il ne faut pas gratter longtemps pour voir apparaître les drames sous-jacents de l’espèce humaine dans ce Whale God. Si le film est tiré d’un roman de Koichiro Uno écrit en 1961, le parallèle avec le Moby Dick de Herman Melville rédigé un siècle plus tôt, en 1951, est vite franchi. Bien sûr, qui dit baleine dit également Jonas. Le récit biblique du gaillard gobé par un poisson géant se manifeste aussi en filigrane. Idée renforcée par, fait extrêmement rare au Japon et encore plus à cette époque, le protagoniste de confession chrétienne. Approche singulière lorsque l’on sait leur persécution subie dans le Japon féodal. Il est représenté par le personnage de Shaki, qui se met en quête de tuer la baleine. Un passage obligé pour venger sa famille terrassée par le monstre marin et sauver le village de cette angoisse maritime. Une question d’honneur et de rédemption en opposition avec celui de Kishu, l’antagoniste qui extérieurement ne pense que par intérêt. Intérieurement, il a besoin de prouver au monde son besoin d’exister.
Faux Kaiju, vrai drame
Le duo d’acteurs ne peut subsister l’un sans l’autre. Kojiro Hondo est ce samouraï en mode pécheur. Droit, avec ses valeurs chrétiennes suivant une ligne directrice qu’il ne lâchera pas. Il arrive à tenir tête à Shintaro Katsu en brute épaisse sans foi ni loi tel un rônin désabusé. Il est la baleine menaçante humaine du village, celui qui ne suit pas les codes et perturbe l’équilibre établi. Il retrouve le réalisateur Tokuzo Tanaka avec qui il tournera plusieurs Zatoichi. On peut compter également sur la présence de Takashi Shimura en doyen. L’acteur est célébré dans le monde pour ses nombreuses collaborations chez Akira Kurosawa avec notamment Les 7 Samourais et surtout Vivre qu’il porte presque seul en tête d’affiche. Tanaka est d’ailleurs un ancien assistant du maître japonais sur Rashomon et pléthore de films de Mizoguchi. Ses collaborations font école et l’amènent non pas à illustrer une histoire, mais à y mettre sa patte. Il compose son récit avec des cadrages étudiés où le dieu baleine n’est jamais loin. Il est sur des peintures, des objets qui lui sont dédiés. Que ce soit sur un coin de l’écran ou frontalement, la menace est toujours latente. Il filme le village en milieu naturel, ne se permettant les décors que pour la chasse au cétacé. Ce travail le poursuivra dans sa carrière comme on peut aussi l’apprécier dans son Snow Woman (également édité chez Roboto dans un coffret dédié aux fantômes japonais). Le fameux harponnage est d’une extrême violence, la bête souffre, saigne. Les effets spéciaux maison sont rehaussés par la musique d’Akira Ifukube, le composteur de Godzilla.
S’il n’est pas un classique, The Whale God est une vraie découverte. Un film pensé au casting savoureux et à la mise en scène assurée. De là à dire indispensable, il n’y a pas loin.
Image
Le film a bel et bien été restauré et ça se voit. On est loin des grands classiques de studio, l’image en pâtit par moment avec de sensibles traces résiduelles liées au temps. La définition est tout de même assez solide pour en apprécier l’aspect visuel. Le noir et blanc, très lumineux offre de beaux détails sur les décors même si le grain a tendance à se faire moins présent.
Son
Un bon équilibrage est proposé sur le film. On a autant le plaisir d’écouter les acteurs que la jolie partition de Akira Ifukube. Les effets sonores de chasse avec la baleine, restent eux plus en retrait.
Interactivité
L’esthète Fabien Mauro devient une tête connue dans l’interactivité des films asiatiques. Très carré dans sa présentation, il explore tous les aspects du film. Acteur, réalisateur, effets spéciaux. Rien ne lui échappe.
Liste des bonus
« The Whale God » par Fabien Mauro (33’), Bande-annonce originale (3’), Nouvelle bande annonce exclusive Roboto (1’), Bandes-annonces catalogue Roboto Films.







