THE OUTSIDERS

Etats-Unis – 1983
Support : 4K UHD & Bluray
Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Francis Ford Coppola
Acteurs : C. Thomas Howell, Matt Dilon, Ralph Macchio, Patrick Swayze, Rob Lowe, Emilio Estevez, Tom Cruise, Glenn Withrow…
Musique : Carmine Coppola
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 115 minutes
Editeur : Pathé
Date de sortie : 10 décembre 2025
LE PITCH
Tulsa, Nouveau Mexique, 1966. Deux bandes rivales s’affrontent. D’un côté les Greasers, délinquants issus des quartiers pauvres, adeptes de la gomina et des tee-shirts blancs moulés et de l’autre, les Socs, gosses de riches arrogants qui roulent dans des Plymouth rutilantes. Au cours d’une bagarre, Johnny Boy, le bad boy des Greasers, tue un membre des Socs.
Esprits rebelles
Tourné dos à dos avec Rumble Fish, autre adaptation par Francis Ford Coppola d’un roman adolescent signé S.E. Hinton, The Outsiders répond à l’expérimentation symbolique du premier par une certaine candeur et des accents mélodramatiques tournés vers une certaine nostalgie. Une chronique adolescente qui renvoie autant à La Fureur de vivre que La Nuit du chasseur dans un quasi-Technicolor éblouissant.
Ereinté par l’échec commercial de son très couteux Coup de cœur, Coppola est en ce début des années 80 à la recherche d’un projet plus simples et fédérateurs. L’idée d’adapter le roman The Outsiders ne vient cependant pas de lui, mais d’une bibliothécaire et sa classe élémentaire de Fresno qui avaient rédigé une lettre à l’attention du cinéaste pour l’inviter à lire ce texte datant de 1967 et en faire potentiellement un long métrage. Ce dernier va les prendre au mot, découvrant au passage l’œuvre général de S. E. Hinton, et dédoublant même le concept en préparant, avec les même Matt Dillon et Diane Lane, ce Outsiders mais aussi le film frère Rumble Fish. Si l’un aborde cet univers de la délinquance juvénile avec une forte modernité et un noir et blanc très typée, le premier répond à l’imposant héritage des classiques hollywoodiens qui faisaient effectivement florès durant les années 50/60. Dans son film, Coppola cherche moins à reconstituer l’époque avec réalisme et véracité, qu’à reconstituer une certaine vision de celle-ci, romantisée, stylisée, particulièrement typée… Celle bien évidement du cinéma américain d’antan. Avec le directeur photo Stephen H. Burum (La Foire des ténèbres, Les Incorruptibles…), et les compositions romantiques de de papa Carmine Coppola, il explore alors des teintes et des matières qui renvoient directement à l’âge d’or d’Hollywood, à ses contrastes marqués et ses teintes pleines du Technicolor, multipliant les couchers de soleils et les reflets mordorés, jouant souvent sur les fondus enchainés aux lisières de l’onirique.
Teen Beat
Magnifique, mélancolique, solaire parfois, l’image autant que les premières séquences (entre la drague dans le cinéma et les premières confrontations entre bandes…) place le spectateur dans une zone de confort, une bulle hors du temps, mais que le cinéaste va dans un second temps emporté vers d’autres frontières. Obligés de s’échapper de Tulsa suite à un meurtre en légitime défense, Ponyboy et Johnny Cade se retrouvent retranchés dans une église abandonnée à la campagne. Une véritable parenthèse enchantée, où leur difficulté à trouver leur place dans le monde (qu’il soit général ou celui de la délinquance des quartiers pauvres…) devient tout aussi évidente que leur intime sensibilité. L’omniprésence de la nature et l’attente en huis-clos insufflent un nouveau rythme au film qui embrassera dès lors totalement un regard plus proche de l’enfance, de l’innocence et donc de la tragédie puisque les personnages ne sont plus seulement des archétypes mais aussi de pauvres gosses empêtrés dans un déterminisme social terrible. Beaucoup se remémorent surtout de The Outsiders la fameuse, et très réussie, scène de castagne collégiale entre les greasers et les socs, échappés des quartiers huppés, mais le cœur du film se situe lorsque les deux gosses lisent assidument Autant en emporte le vent ou citent le poème Nothing Gold Can Stay de Robert Frost.
Un onirisme et une distance que malheureusement vingt ans plus tard Francis Ford Coppola semble avoir oublié lorsqu’il se lance dans un nouveau montage du film. La musique laisse désormais volontiers plus de place au rock des 50’s, la lumière est légèrement plus crue et surtout les ajouts de séquences consacrées à la fratrie des Curtis fait glisser le film vers une chronique sociologique beaucoup plus classique, plus historique. Une version longue qui au passage perd son souffle et, indéniablement une partie de son charme. Quelque-soit la version cependant, le défilé de petites gueules d’ados pas encore totalement finis a achevé de faire la légende de The Outsiders. Outre C. Thomas Howeel (The Hitcher) et Ralph Macchio (Karaté Kid) dans les rôles centraux, on y retrouve les presque débutants Matt Dillon (Drugstore Cowboy, Sexcrimes…), Patrick Swayze (L’Aube rouge sortira l’année suivante), Emilio Estevez (Breakfast Club, Young Guns…), Rob Lowe (Youngblood, A La Maison blanche), Tom Cruise (avant l’opération dentaire) et Diane Lane (Les Rues de feu, Cotton Club…). Une sacrée belle bande !
Image
Passage enfin à l’Ultra HD pour Outsiders en France avec un matériel technique directement en provenance de l’équipe de Zootrope et une restauration effectuée à partir de nouveaux scans 4K des négatifs. Le tout bien entendu sous le regard de Coppola en personne. Les images affichent forcément une propreté et une stabilité inédites, mais aussi et surtout un retour en grâce des effets de profondeurs, des textures et du grain de pellicule, parfois assez marqués, mais toujours vibrants et organiques. Les noirs sont profonds, les couleurs sont chaudes et fermement contrastées, avec tout de même une intensité plus prononcée sur le montage cinéma, et sa photo « Technicolor », que sur la version The Complete Novel légèrement plus terne et réaliste dans sa palette.
Son
Les pistes sonores DTS HD Master Audio 5.1 sont plus ou moins les même que lors de la sortie Bluray précédente, ajoutant un peu de dynamique et d’ouverture à un mix initial en Dolby Stéréo. Le nouveau montage assure plus de précision avec sa bande son rock’n’roll entièrement refaite. Le premier montage est aussi visible dans des moutures DTS HD Master Audio 2.0 plus proche des intentions initiales et finalement de l’ambiance rétro générale.
Interactivité
Bonne nouvelle cette édition permet enfin de retrouver réunis les deux montages du film (sur le même UHD ou sur leurs Bluray respectifs). Pour la suite Pathé reprend l’intégralité des programmes vu chez Warner Bros aux Etats-Unis qui lui-même reprenait tout un panel de bonus déjà croisés sur d’anciennes éditions Bluray et DVD. On peut compter sur deux commentaires audios avec acteurs d’un côté (nostalgique) et réalisateur de l’autre (plus technique), un excellent petit making of rétrospectif, des archives diverses et autres retours sur les méthodes du cinéaste pour préparer les jeunes acteurs (tournage vidéo et match de foot), huit scènes coupées, des retrouvailles entre quelques-uns des acteurs devant une projection de The Complete Novel et même une rencontre bien française entre le cinéaste et les étudiants de la FEMIS.
Mais pour mieux accompagner le nouveau montage ainsi que la restauration 4K, le programme est largement développé par une nouvelle courte présentation par Coppola et un complément dans lequel il revient sur ses deux scènes préférées du film. On y découvre aussi une interview du chef opérateur Stephen H. Burum qui évoque autant ce film que ses autres collaborations avec le metteur en scène et même un segment sur le musée du film à Tulsa en compagnie du gérant et de la romancière S.E. Hinton. Du coté des nouveautés, le plus intéressant reste certainement le long sujet sur la restauration et le remontage du film, très complet et explicatif.
Liste des bonus
Version cinéma (92’), Commentaire audio de C. Thomas Howell, Matt Dillon, Diane Lane, Ralph Macchio, Rob Lowe et Patrick Swayze, Commentaire audio de Francis Ford Coppola, « Rester de l’or : Retour sur Outsiders » : Making of (26’), Présentation du film par Francis Ford Coppola, Présentation du film par les acteurs, Interview de Diane Lane, Outsiders – Pré-tournage, Fred Roos et le casting d’Outsiders (14’),Lecture par les acteurs (7’), Match de foot, S.E Hinton sur le lieu du tournage à Tulsa (7’),Jim Brown, de NBC à Hollywood, Francis Ford Coppola rencontre les étudiants de la Fémis, 8 scènes inédites (15’), Introduction de « The Outsiders: The Complete Novel » par Francis Ford Coppola (12’), La restauration de The Outsiders (19’), « Un regard d’Outsider » (8’), Stephen H. Burum parle de « The Outsiders » (12’), « Une vieille maison, un nouveau foyer » (11’).







