SIGNES EXTÉRIEURS DE RICHESSE

France – 1983
Support : Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : Jacques Monnet
Acteurs : Claude Brasseur, Josiane Balasko, Jean-Pierre Marielle, Roland Giraud, Xavier Saint-Macary, Jean-François Remi, Charlotte de Turckheim, Pascale Ogier…
Musique : Eric Bouad, Johnny Hallyday
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Aucun
Durée : 95 minutes
Editeur : Rimini Editions
Date de sortie : 17 février 2026
LE PITCH
Riche patron d’une clinique vétérinaire, Jean-Jacques Lestrade habite un luxueux appartement et fréquente le Tout-Paris. Tou va bien jusqu’au jours ou débarque Béatrice Flamand redoutable inspectrice des impôts.
Abattement sévère
Reflet d’une nouvelle France tiraillée entre les promesses d’années 80 plus matérialistes que jamais et la crainte des freins qu’aurait pu représenter l’arrivée de François Mitterrand, soit la « gôche », au pouvoir, Signes extérieurs de richesse se veut une petite comédie de son temps. Une fable presque sociale, vaguement romantique, qui a force de ne juger personne tourne un peu à vide.
Début des années 80, Josiane Balasko continue tranquillement son ascension du cinéma français et d’une carrière solo jalonnée d’embuches. Après Les Hommes préfères les grosses de Jean-Marie Poiret, Signes extérieurs de richesse est le second film qui, aux côtés de Claude Brasseur, la place en véritable tête d’affiche. C’est grâce en l’occurrence au réalisateur Jacques Monnet (La femme du cosmonaute) qui l’avait repéré sur son précédent film, le sympathique Clara et les chics types ou Balasko y officiait encore comme figure secondaire. Il faut dire qu’effectivement ici le rôle semble taillé pour elle : une jeune inspectrice des impôts, un peu vieille fille, peu sure d’elle mais piquante, qui cache derrière ses habits gris un petit cœur romantique qui bat. Un personnage peut être plus effacé et délicat que d’habitude cependant, qui a fort affaire face aux multiples tentatives de Claude Brasseur, en vétérinaire nouveau riche, et son camarade Jean-Pierre Marielle, censé être spécialiste des comptes financiers (mais en fait surtout des ristournes et autres entourloupes). Deux sacrées gueules qui en imposent mais qui trouvent un bel équilibre avec la jeune actrice. Le casting s’avère d’ailleurs particulièrement réussi d’ailleurs, avec en sus un couple de voisin interprété par Roland Giraud et Charlotte de Turckheim, une assistante vétérinaire largué jouée par Pascale Ogier et même un Jean Reno débutant (et bien meilleur qu’aujourd’hui). Le souci c’est qu’ils n’ont malheureusement la plupart du temps pas grand-chose à jouer. Les dialogues manquent de mordant, les situations se trainent laborieusement et les rares chutes tombent tristement à plat. On ne parlera même pas de la romance entre les deux protagonistes, qui fait fi de la moindre alchimie ou véritable logique dramatique.
C’est chouette le pognon !
Une comédie légère diront certains, un film bien plat diront les autres bien désolés de voir tout ce beau monde s’efforcer de donner un peu d’énergie à un scénario sans conséquences pourtant signé Alain Godard (Le Nom de la rose, Stalingrad…) et une mise en scène totalement impersonnelle où les scénettes s’enchainent de manière bien mollassonne. Il y avait pourtant là un beau sujet avec ce représentant de la nouvelle France libérale, des grandes années frics, terrorisé comme ses camarades de la bourgeoisie et de la Jetset, par la rigueur et la logique anti-riche fantasmée de l’administration mitterrandienne. Mais le propos ne va jamais très loin et passe à côté de ses meilleures intentions comme lorsque pour des raisons fiscales Roland Giraud imagine divorcer de son épouse… qui finira par y trouver une belle occasion de se débarrasser d’un mari vieille France et misogyne. La scène devant le juge administratif aurait pu s’envoler, donner naissance à une authentique critique sociétale, elle restera comme le reste du film lourdement au sol, empêtrée dans une volonté de rendre tout le monde sympathique et attachant… et surtout d’esquiver le propos politique pourtant au cœur du sujet. Pendant ce temps-là Johnny Halliday, invité de marque de la bande originale nous assène « Signes extérieurs de richesse, Signes extérieurs de santé, C’est pas prudent dans le contexte, Oui, de la sociooooo-société ». Snob ?
Image
Dans la ligne qualitative des précédents titres de la collection Balasko de l’éditeur, Signes extérieurs de richesse offre une copie d’excellente tenue. Marqué par une restauration appuyée, le nouveau master HD affirme une image propre et limpide, délicatement colorée, stable et toujours dotée d’un léger grain organique très agréable. L’esthétique de l’époque est respecté à la lettre.
Son
Petite piste sonore stéréo mais développée par un DTS HD Master Audio on ne peut plus clair et équilibré. Les musiques restent légèrement en retrait (et ce n’est pas plus mal), les ambiances sont très discrètes mais les dialogues affirment leur dynamisme d’origine.
Interactivité
Toujours sympa de retrouver de l’actrice Josiane Balasko, même si c’est pour seulement quelques petites minutes. Celle-ci se remémore sont plaisir de tourner avec Brasseur et Marielle, deux acteurs qu’elle admirait, et sa tendresse pour son personnage autant que pour le scénario du film.
Liste des bonus
Interview de Josiane Balasko (8’).







