PRIS AU PIÈGE

Caught stealing – Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : Darren Aronofsky
Acteurs : Austin Butler, Zoë Kravitz, Matt Smith, Regina King, Vincent d’Onofrio, Liev Schreiber…
Musique : Rob Simonsen
Durée : 106 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, Français…
Sous-titres : Français, Anglais, Espagnol…
Editeur : Sony Pictures
Date de sortie : 31 décembre 2025
LE PITCH
Hank Thompson a été un joueur de baseball prodige au lycée, mais désormais il ne peut plus jouer. À part ça, tout va bien. Il sort avec une fille géniale, il est barman la nuit dans un bar miteux à New-York, et son équipe préférée, donnée perdante, est en train de réaliser une improbable remontée vers le titre. Quand Russ, son voisin punk lui demande de s’occuper de son chat pendant quelques jours, Hank ignore qu’il va se retrouver pris au milieu d’une bande hétéroclite de redoutables gangsters.
Changement de route
Avec Darren Aronofsky, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Tour à tour racoleur, parfois tapageur, il sait aussi se faire plus tendre sans pour autant renier son esprit si singulier. Le voir à la barre de ce Pris au piège a de quoi déconcerter tant son film semble à l’opposé de son cinéma.
Après son drame oscarisé The Whale remettant sur le devant de la scène un Brendan Fraser débordant d’humanisme, il était temps pour Darren Aronofsky de faire une pause pour plus de légèreté. Ce n’est certes pas un terme auquel on pense au vu de sa filmographie et du climat anxiogène qui anime ses œuvres. Cette récréation filmique, le réalisateur y pense depuis dix-huit ans. Le déclic germe grâce à la lecture de Trop de mains dans le sac de Charlie Huston, premier volet d’une trilogie centré sur le personnage de Hank Thompson. L’action se situe dans le New-York de la fin des années 90, période et lieu qu’Aronofsky affectionne particulièrement pour y avoir vécu. Une occasion rêvée pour lui de tourner dans les quartiers qui l’ont vu émerger en tant que cinéaste avec son premier film Pi, qu’il tourne en 1998, année où se situe l’action de ce thriller débridé mâtiné d’humour noir qu’est Pris au piège aka Caught stealing.
Drôle de voisinage
Là où le film peut s’apparenter à du Guy Ritchie version Snatch, Aronofsky lorgne plus volontiers sur le Scorsese tendance After Hours. Il a, comme ce dernier, la « grosse pomme » dans la peau. La ville y prend les teintes grises travaillés par Matthiew Libatique le chef op attitré de toujours d’Aronofsky. Véritable entité, elle pourrait piquer la vedette aux acteurs. Ce serait dommage pour Austin Butler, premier choix du réalisateur, qui s’est particulièrement investi dans le rôle, profitant du tournage pour prendre de la masse afin de donner l’illusion d’un ex-pro du baseball. Sa gueule de beau gosse à la James Dean semble ancrée dans le passé, son charisme capte une caméra qui lui colle à la peau durant tout le film. Fan de Jackie Chan, il met un point d’honneur à vouloir faire ses cascades lui-même en guise d’hommage au cascadeur fou de Hong-Kong. Fidèle à l’esprit du roman, Charlie Huston signe également son adaptation pour explorer la faune new-yorkaise peuplée de marginaux et de cas sociaux plus vrais que nature. Pour Darren, la réalité n’est pas si loin de la fiction. Au gré des rencontres, on croise un voisin punk joué par un Matt Smith heureux comme un fou de livrer une performance à mille lieues du Doctor Who et du prince Philip de The Crown. Des juifs orthodoxes, tueurs à gages aux trognes jubilatoires de Vincent d’Onofrio et de Liev Shreiber méconnaissables, ou encore celui d’un gérant de bar lourdement armé interprété par Griffin Dunne. En engageant l’acteur culte d’After Hours, Aronofsky paie son tribut à Scorsese (et veut rivaliser avec Les Affranchis en faisant exploser le nombre de « fuck » prononcés dans un long-métrage). La structure du film emprunte cette même thématique paranoïaque où les déconvenues montent crescendo et s’enchaînent jusqu’à son générique final aussi punk qu’irrévérencieux.
Pris au piège ne se hisse malheureusement pas au niveau de ces illustres références. Mais nous avons ici un Aronofsky conscient de ses limites. Il ose sortir de sa zone de confort et s’essaie à l’exercice de style du divertissement sans vendre son identité de cinéaste. Si son film reste mineur dans sa filmographie, il n’en demeure pas moins fort sympathique.
Image
La photographie essaie de restituer l’ambiance poisseuse de la ville. Bien que numérique, un faux grain de pellicule cinéma parsème l’image. Ce parti-pris peut être par moment déroutant, l’image jonglant entre ses deux identités ne semble pas assez prononcée dans l’un comme dans l’autre sens.
Son
Le film joue allégrement sur la spatialisation de son décor naturel. Les rues new-yorkaises fourmillent de nuances sonores qui s’emparent de toutes les pistes possibles. Aux vrombissements des voitures, de la foule et de tout l’environnement urbain s’ajoutent les séquences d’action qui jouent énormément sur les enceintes arrière.
Interactivité
Rien ou quasi à se mettre sous la dent. Les courtes featurettes on ne peut plus classiques montrent une équipe qui n’a pas grand-chose à dire au point de parler du chat dans le film et d’entrecouper les prises de paroles par les mêmes scènes répétitives.
Liste des bonus
Aronofsky l’authentique (5’), Trouver des criminels (7’), Je ne conduis pas (3’), Une histoire de New York (3’).





