ONE CUT OF THE DEAD & WHEN YOU WISH UPON A STAR

カメラを止めるな!, 星に願いを – Japon – 2017, 2019
Support : Bluray & DV
Genre : Horreur, Comédie, Drame
Réalisateur : Shin’ichiro Ueda, Katsumi Sasaki
Acteurs : Takayuki Hamatsu, Yuzuki Akiyama, Harumi Shuham, Kazuaki Nagaya, Ibuki Kaneda, Kimika Masada, Toshikazu Ozeki, Yûki Hatayama…
Musique : Shôma Itô, Kyle Nagai, Nobuhiro Suzuki
Image : 1.78 et 2.35 16/9
Son : Japonais DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 96 et 118 minutes
Editeur : Spectrum Films
Date de sortie : 11 décembre 2025
LE PITCH
One Cut of the Dead :
Une équipe de film tournant un film de « Zombies » est attaquée par de vrais zombies.
When You Wish Upon a Star :
Piégée dans un tourbillon de haine, de drogue et de rage aveugle, Eve, une prostituée, perd le contrôle de sa vie. Un soir, elle rencontre dans un bar la naïve Kimi, tombée dans les griffes d’un groupe de proxénètes sans scrupules. Un enchaînement fatal d’événements s’ensuit…
Le cinéma comme un cri… de zombie !
Spectrum Films poursuit sa collection Cinéma Japonais Indépendant Contemporain avec un quatrième volume réunissant le vrai-faux film de zombie One Cut of The Dead et le trip trash ado When You Wish Upon A Star. Deux films atypiques et qui déjouent chacun à leur manière les lois des genres.
Certainement le plus attendu des deux, car accompagné d’une réputation élogieuse et même d’un authentique (et réussi) remake par notre Michel Hazanavicius national sous le titre Coupez !, One Cut of The Dead marquait pour le jeune réalisateur Shin’ichiro Ueda un premier passage inespéré au long métrage. Un pari risqué puisque doté d’un budget tout riquiqui et d’un tournage express de seulement huit jours ! Le comble c’est que ce dernier doit s’ouvrir sur un long plan séquence de 37 minutes ! Et ça tombe bien car c’est plus ou moins le sujet du film lui-même… Ainsi le métrage s’ouvre sur la fameuse performance, fiction brute, à l’esthétique vidéo et quelque peu nanar autour d’une invasion de morts-vivants durant le tournage d’un film de zombie (c’est ce qu’on appelle de la mise en abyme abyme abyme) où l’actrice principale doit batailler avec des partenaires hystériques et un réalisateur totalement obsédé par la véracité des émotions et l’intensité de ses scènes. Mine de rien le plan séquence, parfois flottant, parfois hésitant, souvent foutraque, est cependant déjà assez impressionnant. Mais son effet est largement démultiplié dans la seconde partie qui là s’intéresse aux coulisses de celle-ci, montrant comme un réalisateur habitué aux projets foireux et sans le sou, accompagné par une équipe de pieds nickelées à la masse mais investie et sympathique, mettent toute leur énergie dans ce pilote pour une nouvelle chaine de télévision. L’intensité du moindre segment du plan séquence est démultiplié par l’accumulation de catastrophes (acteurs qui n’arrivent jamais, collaborateurs alcoolique ou malade des intestins, interprètes de secours qui s’y croient un peu trop…) et les trésors d’inventivité mis en place par tout ce beau monde pour que l’entreprise ne s’effondre pas. Un film qui respire constamment l’amour du cinéma, l’amour du ciné de genre, mais aussi retrouve cette fougue qui peut justement habiter les tournages amateurs ou indépendant, ne reposant finalement que sur l’énergie d’une croyance absolue en l’esprit d’équipe et la beauté du geste… Le dernier plan, léger travelling aérien bien stylé n’est permis uniquement que par l’association de tous faisant émerger une sacrée émotion. C’est excessivement drôle, particulièrement bien vu, et même carrément brillant dans son dispositif.
La Bonne étoile
Plus méconnu, When You Wish Upon A Star est considéré comme l’une des grandes réussites de Katsumi Sasaki, auteur déjà plutôt productif (12 films en 10 ans) et qui s’efforce de conserver envers et contre tout son statut de cinéaste indépendant quitte à se brouiller avec ses anciens producteurs et une partie de l’industrie. Il faut dire que ce dernier ne fait certainement pas dans le classique comme l’affirme le film en présence ici, chronique adolescente d’une (trop) jeune prostituée enfermée dans un cycle destructeur fait de drogues, de violence et de rage. Celle-ci semble d’ailleurs prendre corps à la fois dans la silhouette constamment ressuscitée de sa meilleur amie (qu’elle doit alors re-tuer à chaque fois) et un terrible monstre lycanthrope qui attend son heure dans une remise fermée à double tour quelque-part dans les bois. Le récit oscille alors constamment entre le drame social, s’intéressant en plus du destin de Eve à celui de nombreux autres personnages gravitant autour d’elle, mais passe aussi son temps à bifurquer vers le délire punk urbain musical et brutal, avant de s’engouffrer dans un fantastique onirique et gore. Sorte de conte de fée totalement dévoyé et tragique, When You Wish Upon A Star séduit certainement par l’intensité de l’interprétation de l’actrice principale Ibuki Kaneda, son aspect puzzle et ses collages souvent percutant osés, peut-être un peu moins par ses accents introspectifs un peu redondant et lourdement pathos. Le croisement entre le réalisme sordide et le délire générationnel et trippant n’est pas toujours chose aisée (même Takashi Miike et Sono Sion s’y sont parfois cassé quelques dents) et When You Wish Upon A Star se montre parfois maladroit et d’un sentimentalisme moins maitrisé. Reste cependant la sensation d’avoir assisté à un exutoire sincère, débrouillard, parsemé de visions branque squi font leur petit effet. C’est déjà pas mal du tout.
Image
One Cut of the Dead se dote d’une très belle copie, jouant parfaitement sur l’aspect « amateuriste » de la première partie, sur son grain vidéo et ses faiblesses numériques, avant de délivrer une seconde partie nettement plus pointue et solide. En dehors du dispositif voulu, le master 2K n’affiche aucune faiblesse visible et profite d’une très jolie colorimétrie.
Un peu moins connu, When You Wish Upon A Star a un peu plus de mal à se débarrasser de ses scories numériques avec une définition plus douce et des matières moins creusées. L’ensemble reste cependant parfaitement propre et confortable.
Son
Les deux films sont proposés uniquement dans des pistes DTS HD Master Audio 2.0 rappelant indirectement leurs origines plutôt modestes. Mais dans les deux cas, pas de soucis à se faire, les mixages sont bien équilibrés, clairs voir même plutôt efficaces dans les ambiances (en particulier One Cut…) ou carrément puissant lors des prestations rocks (When You…).
Interactivité
Comme souvent avec Spectrum les deux bluray partagent le même boitier mais avec l’option jaquette réversible. Chacun profite aussi de ses propres suppléments.
Pour One Cut of The Dead on retrouve ainsi une petite présentation public du film au Far East Festival, une interview plutôt courte mais sympa du réalisateur et en gros morceaux un making of assez brut de trois quarts d’heure qui suit toute la préparation du film, puis son tournage, achevant presque de dédoubler l’aspect méta du film lui-même. L’éditeur français a aussi invité l’universitaire Karim Charredib à revenir sur la figure du zombie au Japon et les thèmes et figures particulières qui s’y rattachent dans le cinéma local.
Pour When You Wish Upon A Star c’est le Youtubeur Azz L’épouvantail qui vient présenter en long en large et en travers la filmographie très méconnue chez nous de Katsumi Sasaki tout en analysant les aspects les plus personnels du film en question. Suit comme pour l’autre film un assez long reportage dans les coulisses du film, entre répétitions et mise en place des effets spéciaux, et la version complète du sketch du duo de comiques ratés du film.
Liste des bonus
One Cut of the Dead : Présentation de Karim Charredib (11’), Interview de Shinichiro Ueda (4’), Making of (43’), Le Film au Far East Festival (7’), Bande-annonce.
When You Wish Upon A Star : Présentation d’Azz L’épouvantail (14’), Making of (29’), Sketch complet (4’), Bandes-annonces.








