MARCO

Inde – 2024
Support : Bluray
Genre : Action
Réalisateur : Haneef Adeni
Acteurs : Hunni Mukundan, Siddique, Jagadish, Abhimanyu Shammy Thilakan, Kabir Duhan Singh…
Musique : Ravi Basrur
Durée : 142 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Malayalam DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Éditeur : Spectrum Films
Date de sortie : 23 octobre 2025
LE PITCH
Marco va se venger des personnes qui ont fait du mal à ses proches. Il se lance dans une quête de justice où rien ni personne ne l’arrêtera.
Bye Bye Bollywood
Depuis la sortie du remarqué et remarquable RRR (Rise, Roar, Revolt) de S.S. Rajamouli, le cinéma indien ne cesse de faire parler de lui. Longtemps cantonné dans les cinémas communautaires, il franchit régulièrement les portes des festivals pour débarquer spasmodiquement dans les salles près de chez vous. Mais êtes-vous préparé à ce que vous allez voir ?
En début de millénaire, le cinéma indien faisait une percée inouïe dans nos contrées. Les sorties des Famille Indienne et autres Lagaan ont dépoussiéré ce cinéma. Les cinéphiles citent volontiers les films de Satyajit Ray comme références, mais 50 ans se sont écoulés depuis ces heures de gloire. Depuis, Bollywood est devenu le nom du cinéma Hindi. Cette idée de penser est vraie si l’on se concentre sur cette zone particulière du pays. Lorsque l’on prend en compte cette partie du monde comportant plus d’un milliard d’habitants et sachant que leur loisir principal est le cinéma, se concentrer sur le nord du pays et son industrie cinématographique est réducteur. Entre ses deux extrémités géographiques, les stars et les goûts divergent. Il y a le Tamoul, le Télougou, le Malaga et d’autres encore. Le monde a mis du temps à s’en rendre compte et la variété de cette industrie jaillit en Occident. Marco fait partie de l’émergence de cette région en devenant un digne représentant du cinéma Malayalam.
Le cat’III a sa relève
Regarder Marco, c’est prendre un billet pour un autre monde. Le genre de film qui vous emmène dans des contrées non conventionnelles. Rien ne laisse présager le déferlement de violence à venir. Le film reprend un personnage du long-métrage Michael d’Haneef Adeni. Faux spin-off, il mise tout sur le charisme de sa star Hunni Mukundan. L’acteur y est un homme de valeur, obnubilé à préserver sa famille de cœur de tout danger. Apprenant la mort de son frère, il enfile son costume de brute épaisse pour rendre sa justice. Le scénario à deux balles est un prétexte bateau pour upgrader l’action. Si celle-ci prend son envol dans la deuxième partie, elle reste peu recommandable aux âmes sensibles. Dans sa première heure, le réalisateur s’amuse à jouer avec les focales et la surexposition de l’image pour contraster avec la noirceur de ses personnages. Il veut les magnifier à grand renfort de ralentis (à rendre jaloux Paul W.S. Anderson) ; du cinéma frime par excellence. Et le film bascule. Le héros venge un proche castagné, il trucide un membre du clan adverse. Crescendo, c’est un massacre en règle qui se joue devant nos yeux ébahis avec la majorité du casting qui finit au cimetière. Les méchants sont très méchants et leurs nuances touchent le degré zéro. Ici, pas de folklore, pas de fun, de blague à deux balles, juste de la violence premier degré. Marco, mains liées s’empare d’un couteau et arme à la bouche voltige pour massacrer tout un gang. En mode Old Boy, il part exterminer une trentaine d’hommes dans un couloir dans une violence à la The Raid. Ça fait beaucoup, mais ce n’est que le hors-d’œuvre. Adeni, pousse la provocation à son paroxysme dans le dernier acte avec une violence gratuite pas forcément graphique. Il provoque le dégoût. Hommes, femmes, enfants, chien, tout le monde y succombe dans une douleur incommensurable. Au final, personne ou presque ne s’en sort. Un tel déchaînement met sur le carreau. En fait, si Marco n’était pas intervenu, une grande partie de sa famille serait encore en vie.
Ce cinéma indien remplace le chant par la violence, les chorégraphies par les castagnes. Les images d’Épinal du Bollywood ont trépassé. Souvent éprouvant, les avis ne seront pas mitigés, ça passe ou ça casse. Marco n’est pas visible pour tout le monde. Vous voilà prévenu.
Image
Le film joue allégrement sur les contrastes avec une photo privilégiant la surexposition. Choix justifié pour opposer la noirceur des personnages avec l’environnement. L’image en pâtit par moment dans les contrastes qui ne tranchent pas assez dans les détails parfois trop lisses. Comme pour le son, les séquences de carnage sont plus élaborées dans l’esthétique filmique.
Son
Le film nous fait attendre les scènes d’action avec impatience. Si la première heure est plutôt pépère point de vue ambiance sonore, la seconde se rattrape par un déchaînement de son en tout genre. Coup de poing, os brisés, flinguages, tout y passe. Mais s’arrêter là serait réducteur. Les ambiances sonores ont la part belle tout au long du film avec des bruits de pas sur les enceintes arrières, des pluies enveloppantes passant au-dessus de nos têtes. Immersif à souhait.
Interactivité
En termes de cinéma indien, Logan Boubady s’impose comme le spécialiste. Son intervention permet d’expliquer aux néophytes les différentes influences de ce cinéma que l’on cantonne vite aux seuls Bollywood. Il permet aux plus connaisseurs de s’incruster davantage dans cette culture encore méconnue chez nous. Plus festif Yannick Dahan avec son énergie habituelle s’exprime aussi vite qu’il ne pense sur le film. Sans langue de bois, tout ce qui passe dans sa tête est dit en toute simplicité. Deux points de vue qui savent se faire complémentaires.
Liste des bonus
Présentation du film par Logan Boubady (28’), Entretien avec Yannick Dahan (29’),Teasers (3’).







