LE GRINCH

How the Grinch Stole Christmas – Etats-Unis – 2000
Support : 4K UHD & Bluray
Genre : Comédie, Fantastique
Réalisateur : Ron Howard
Acteurs : Jim Carrey, Taylor Momsen, Jeffrey Tambor, Christine Baranski, Molly Shannon, Anthony Hopkins…
Musique : James Horner
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Atmos et DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, DTS 5.1 Français, Espagnol, Allemand…
Sous-titres : Français, Espagnol, Allemand…
Durée : 104 minutes
Editeur : Universal Pictures Home Entertainment
Date de sortie : 3 décembre 2025
LE PITCH
Mi-homme, mi-animal, le Grinch, vilain monstre au sale caractère, se venge des habitants de Whoville qui l’ont exilé, en gâchant la fête de Noël. Seule une fillette courageuse se laisse émouvoir par sa solitude…
Celui qui a volé Noël
Totalement piraté par les déhanchements cartoons et les grimaces de l’infatigable (à l’époque) Jim Carey, la première adaptation cinéma de Comment le Grinch a volé Noël, s’est étrangement installé dans les esprits comme un nouveau classique des fêtes de fin d’année. Mais n’est certainement pas Tim Burton qui veut…
Il faut reconnaitre que le conte initial du fameux Dr Seuss en 1957, véritable institution aux USA déjà auréolé d’un court-métrage animé signé en 66 par Chuck Jones, a justement largement nourri l’imaginaire de l’auteur de Beetlejuice, Batman Returns et bien entendu L’Étrange Noël de Monsieur Jack. Mais il est tout aussi évident que ce dernier film trotte constamment dans la tête de Ron Howard lorsqu’il est embarqué (à priori de manière très insistante) par son copain producteur Brian Grazer (Splash, Apollo 13, Arrested Development…) dans l’aventure. La naïveté appuyée du village des Who, totalement habité par les sacro-saintes traditions de Noël et leurs clichés les plus stéréotypées, la montagne en forme de vague dans laquelle se cache le Grinch, l’utilisation des couleurs et les quelques échappées chantées, viennent constamment titiller les souvenirs d’un certain film en stop-motion. Mais clairement le talent n’est pas le même tant tout ici parait chaotique, bruyant, d’assez mauvais goût, refusant finalement la poésie simple du conte à l’ancienne pour s’engouffrer dans une modernité énervée et clinquante.
« You’re a mean one, Mr Grinch »
On peine ici clairement à retrouver le savoir-faire du réalisateur de Willow et Cocoon, noyé sous une pluie d’effets, de mouvements incessants et d’effets de montage rappelant même parfois les transitions vidéo de papa au mariage de taty Marguerite. Pourtant les moyens sont présents, particulièrement appréciables dans tout le travail opéré par Rick Baker pour transformer l’acteur star en monstre verts, aigri et salement méchant. Mais Jim Carey ne s’efface jamais vraiment au profit de son personnage, rejouant avec son visage élastique les mêmes poses et blagues que dans Ace Ventura et The Mask, quelques références vaseuses à l’appui. Bien dommage, tant le texte initial avait bien évidemment un potentiel colossal pour donner naissance à un vrai spectacle familial qui n’hésiterait pas entre une noirceur artificiellement appuyée et un glissement moral trop guimauve pour convaincre. Il faut reconnaitre à ce Grinch quelques bons moments cependant, grâce bien souvent au personnage de la charmante petite Cindy Lou (Taylor Momsenn devenue depuis la chanteuse très rock des The Pretty Reckless), que ce soit lorsqu’elle raconte les origines de la méchanceté du pauvre Grinch dans un flashback où dans le regard qu’elle porte tout du long sur ce fameux mondes des Who, version à peine exagérée des middle-class américaines qui se lancent chaque année dans une course absurde à la surconsommation et à la démonstration, forcée, de bonheur.
Le film aurait certainement dû creuser plus loin cette critique du détournement malheureux du fameux esprit de Noël. Un esprit qui semble tristement échapper à cette production perdue dans le déjà-vu.
Image
Deuxième master 4K pour Le Grinch et on y note une réelle amélioration. La précédente proposition, même si appuyant un nettoyage marqué et des efforts importants pour préserver un piqué solide durant les nombreuses scènes à effets spéciaux numériques (en 2K pas plus) et les séquences parfois très sombres, souffrait de passages bien plus faibles, quelque peu plats voir légèrement flous sur les textures. Ce nouveau UHD repose clairement sur la même source et on y retrouve les mêmes segments difficiles, mais effectivement avec à chaque fois une définition légèrement mieux dessinée. Surtout l’apport inédit du Dolby Vision rehausse considérablement les couleurs du tableau (en particulier les rouges et les verts naturellement) et clarifie, sans dénaturer, les zones trop opaques. C’est mieux et bien plus satisfaisant.
Son
Ici aussi la nouvelle édition permet de passer un cap avec l’arrivée inédite d’une piste originale en Dolby Atmos. Et la différence est flagrante avec une énergie diffusée décuplée, une spatialisation plus ample que jamais et un spectacle sonore généreux qui donne par exemple au village des Who une véritable profondeur enveloppante. Le doublage français, forcément privilégié par les enfants, reste coincé avec son DTS 5.1 de l’ère DVD, propre et efficace.
Interactivité
Cette édition anniversaire a la bonne idée de reprendre l’intégralité des bonus déjà disponibles sur les anciens Blurays avec un petit reportage dans les coulisses du tournage, des sujets sur les maquillages, les décors ou la préparation des nombreux figurants Who et une petite série de scènes coupées ajoutant quelques crasses du Grinch dans les rues de la ville. Le commentaire audio de Ron Howard lui reste toujours aussi tristement laconique.
L’éditeur a aussi la bonne idée de rajouter un segment inédit, « 25 ans plus tard » constitué essentiellement autour de nouvelles interviews de Ron Howard et Brian Grazer (producteur), agrémenté de quelques interventions de la jeune actrice Taylor Momsen (qui a bien poussée) et d’image d’archives surtout tournée vers les effets spéciaux de Rick Baker. Un documentaire rétrospectif qui revient sur les difficiles tentatives de convaincre l’épouse du Dr Seuss de donner les droits à ce projet, sur le travail de Jim Carey et en particulier les éprouvantes séances de maquillage qui manquèrent presque de le faire abandonner le tournage en cours de route. Assez complet au final.
Liste des bonus
Commentaire audio du réalisateur, 25 ans plus tard : le Cadeau du Grinch (34’), En direct du tournage (7’), Scènes coupées (9’), Bêtisier (3’), L’école des Who (6’), Conception et réalisation du maquillage (7’), Des décors très “seussiens” (5’), Les Effets spéciaux (11’), Clip (4’), Bande annonce.







